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Articles avec #willencourt tag

Un brevet d'apprentissage à Willencourt en 1700.

18 Décembre 2016 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #Willencourt

A cette époque, on fait souvent le même métier de père en fils. Les études que l'on appellerait aujourd'hui secondaires restent le lot d'une infime minorité. L'apprentissage est le moyen le plus courant d'accéder à un métier manuel.

Le 19 mai 1700, Pierre Daussy, papetier à Willencourt, engage Jacques Riquart, jeune homme à marier, comme apprenti.

Daussy s'engage à apprendre Riquart "à faire papier gris et botteleux sans en rien cacher et comme un maître doit faire à son apprenti", le nourrir à sa table, le loger pendant deux ans continuels et consécutifs, à commencer au 1er juin.

Riquart promet d'obéir bien et "dûment", de "travailler le mieux qu'il lui sera possible" au profit de son maître. A la fin des deux ans, Daussy donnera à Riquart 60 livres. Si Riquart quitte Daussy avant la fin des deux ans, sans son consentement, Daussy pourra prendre un autre ouvrier à sa place et à "ses dépens" c'est-à-dire que Riquart devra indemniser Daussy à proportion du temps qu'il aurait dû rester à son service. 

 

  • Régis Renoncourt.
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Le bail de la ferme de l'abbaye de Willencourt en 1716 (2).

5 Avril 2013 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #Willencourt

Les preneurs fourniront annuellement:

  • 500 livres en argent en deux paiements égaux à la Saint-André (fin novembre) et à la Saint-Jean-Baptiste (fin juin).
  • 70 setiers (mesure de capacité qui varie selon les endroits) de blé froment pur, sain et net, mesure d'Abbeville, livrés dans les greniers de la dame Abbesse à la Saint-André.
  • 7 setiers d'orge mesure d'Abbeville, à la Saint-André.
  • Une génisse ou un bouvard (jeune boeuf) gras et un porc gras ou 18 livres pour chacun.
  • 4 boisseaux (autre mesure de capacité) de pois blancs.
  • 110 livres de beurre salé en bonne saison.
  • 6 bottes de lin.

Ils paieront en outre:

  • Les censives (impôts) sur les immeubles dont ils fourniront les quittances à l'Abbesse.
  • 5 livres par an au curé d'Auxi pour la distribution des sacrements à Willencourt et au Planty (le fermier du Planty paie lui aussi 5 livres).

"A leurs causes et dépens", ils fourniront aussi chaque année deux voitures, une de Saint-Acheul à Abbeville, l'autre de Abbeville à Willencourt, voitures qu'ils mettront à la dsiposition de la Dame Abbesse.

Ils fumeront et amenderont les terres labourables "bien et dûment", les conduiront par leurs solles et compostures sans les pouvoir dessoler ni décomposter (à l'époque, les terres sont généralement divisées en trois solles: une en blé, une en "mars", orge ou avoine, une en jachères, terre on cultivée).

Ils ne pourront quitter ni sous-bailler sans le consentement de l'Abbesse.

Ils "bailleront" ( donneront) à l'Abbesse "bonne et solide caution bourgeoise" avec une grosse (copie) du bail à leurs dépens quand ils en seront requis.

Ils entretiendront les bâtiments des menues réparations locatives "comme de paille, verges, couvertures et solivements" pour rendre le tout en bon état à la fin du bail.

Ils paieront chaque année les centièmes ordinaires et extraordinaires (impôts royaux).

Ils "consommeront toutes les pailles provenant des dépouilles (moissons) en fumier pour servir d'amendement qui seront mis sur les dits immeubles sans pouvoir les divertir ailleurs".

Ils planteront pendant le cours du bail 6 jeunes pommiers, 6 ormes et 30 jeunes pousses "bonnes et valables" aux endroits nécessaires. Ils auront par contre la pousse des arbres, saules et "hayures", sans pouvoir toutefois toucher aux grosses branches. Les preneurs pourront abattre deux frênes par an pour servir aux harnachures.

La dame Abbesse aura la grande chambre nouvellement construite pour elle ou son représentant.

Tout différend est passible de sentences des Conseils d'Artois, Sénéchaussée d'Abbeville, bailliage d'Amiens, prévôté royale de Saint-Riquier (bel exemple de la complexité administrative de l'Ancien Régime, la Révolution apportant une uniformisation, en particulier par la création des départements).

Les preneurs ont payé pour le "vin" (dessous de table) du bail 700 livres à la dame Abbesse ainsi qu'une pièce de vin de France.

Un bail très contraignant mais qui devait néanmoins laisser aux fermiers un bénéfice substantiel.

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Pour écrire cet article, nous avons consulté la série 4E des archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.

  • Régis Renoncourt.
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Le bail de la ferme de l'abbaye de Willencourt en 1716 (1).

2 Avril 2013 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #Willencourt

En 1716, les dames abbesse et religieuses de l'abbaye de Willencourt tiennent "clôture" en la ville d'Abbeville mais elles continuent de posséder des biens dans ce qui est à l'époque un hameau de Vitz-sur-Authie comme le montre un document du 17 décembre 1716 qui est un bail passé par leur fondé de pouvoir, devant notaires, avec François Dumont, laboureur, et Marie Marguerite Thélu, sa femme, "de lui suffisamment et agréablement autorisée à l'effet des présentes" (la femme est à l'époque, et cela durera encore longtemps, considérée comme mineure sauf si elle est veuve non remariée ou célibataire majeure, "fille ancienne").

 

Les biens loués consistent en :

  • la maison abbatiale et la ferme du dit Willencourt où les preneurs résident (il s'agit donc d'un renouvellement de bail) avec les bâtiments qui en dépendent.
  • les enclos, pés à faire foin, les aulnois, consistant en 26 journaux (11 ha 15 a), y compris les prés nommés les prés du Planty dont le fermier du Planty jouit en partie.
  • 50 journaux (21 ha 45 a) de terres à labour et de terres en friche qui servent de pâturages aux "bestiaux" du fermier.
  • la maison située au devant de l'abbaye " laquelle servait de fournil et à présent de brasserie".
  • le bois à couper chaque année sur un demi journal (2 145 m²) à prendre sur les bois de l'abbaye, "ni bons, ni mauvais".

L'annonce des biens à louer a été faite "par affiches et publications" au principal portail de l'église d'Auxi par "trois jours de dimanche et fetes consécutifs".

Dumont et sa femme "qui se tiennent contents" des biens ainsi décrits pour en avoir "parfaite connaissance et en avoir joui" depuis 9 ans sont les "plus offrants et derniers enchérisseurs" (on sait par d'autres études qui ont été faites que les fermiers en place disposaient de moyens de pression pour le renouvellement des baux). Le bail est en fait renouvenable à mi-mars 1717 et les dames abbesses sont dispensées du métrage et de "rien fournir par cordes et mesures".

 

Pour écrire cet article, nous avons consulté la série 4E des archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.

  • Régis Renoncourt.

 

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Délibération des habitants de Willencourt en 1761.

3 Mars 2013 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #Willencourt

Sous l'Ancien Régime, il n'y a pas de communes au sens actuel du terme mais des communautés d'habitants qui peuvent se réunir et délibérer pour affaire les concernant.

Willencourt, alors hameau de Vitz-s-sur-Authie, se compose de deux communautés d'habitants, Willencourt-Artois sur la rive droite de l'Authie et Willencourt-Picardie sur la rive gauche de l'Authie. La Neuville, hameau d'Auxi constitue également une communauté d'habitants.

En ce 22 novembre 1761, ces communautés sont appelées à se réunir pour délibérer sur le renouvellement du bail de 9 mesures de marais (environ 4 ha) pour créer des ressources afin de payer un prêtre qui, les dimanches et fêtes, célébrera la messe dans la chapelle de Willencourt et aussi pourvoir aux dépenses de "linges, ornements, livres, cires et vins".

La requête a été présentée par monsieur Caumartin, Intendant de Flandre et d'Artois par madame Feydeau, abbesse de Willencourt et Abbeville et Dame de La Neuville. Cette requête, devenue Ordonance le 29 octobre 1761, obtient réponse des communautés le 24 octobre (y aurait-il erreur de dates?) par le truchement de Jean Leconte, syndic de La Neuville.

"Avis et annonce de la réunion" ont été faits par le Révérend Père Jean-Baptiste Prieur du couvent des Brigittins d'Auxi au cours de la célébration de la Sainte-Messe du dimanche 15 novembre et répétés le jour même 22 novembre par le Père Marie-Joseph lui aussi religieux Brigittin.

C'est donc à 9 heures du matin à l'issue de la messe que"les gens de loy, principaux habitants et manants" des hameaux de Willencourt et La Neuville se réunissent en forme de communauté devant la porte de la chapelle de la ferme de Willencourt.

Ils entendent la lecture faite par le notaire à "haute et intelligible voix" de la requête et Ordonnance de l'Intendant, de la réponse de Leconte et prennent la résolution de renouveler le bail. Aux objets précédemment cités, ils ajoutent la fourniture d'une petite cloche qu'on établira sur un "campenard" (clocher) pour avertir les habitants d'aller à la messe.

Pour écrire cet article, nous avons consulté la série 4E des archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.

  • Régis Renoncourt.
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Un accord entre deux employés du poste de garde de Willencourt en 1714.

17 Novembre 2012 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #Willencourt

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Philippe Tempez et Lecointe sont tous deux employés dans les fermes du roy au poste de garde de Willencourt.

Philippe Tempez a blessé Lecointe sans que l'on sache si cette blessure a été faite volontairement ou involontairement.

Le 21 novembre 1714, Tempez qui a payé à la femme de son collègue 300 livres pour les aliments, douleurs, journées et intérêts civils, s'engage en outre à payer, si son collègue n'est pas guéri dans les trois semaines, encore 30 sols par jour jusqu'à entière et parfaite guérison.

En plus, il devra payer les pansements et médicaments au chirurgien. Sinon, Lecointe utilisera "les voies de droit".

Pour écrire cet article, nous avons consulté la série 4E des archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.

  • Régis Renoncourt.
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Un contrat de mariage à Willencourt et au Ponchel en 1696.

19 Août 2012 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #Willencourt

Le 7 juillet 1696, est signé le contrat de mariage entre Jean Teneux, tisserand à Willencourt, fils à marier de défunt Charles Teneux et Charlotte Riquier, accompagné de Jean Jauron, beau-frère (mari de Antoinette Teneux), papetier à Willencourt

 

Et Madeleine Dubromel représentée par ses parents Jacques Dubromel, ménager au Ponchel et Françoise Soudain, accompagnés de Pierre Delahaye, cousin germain maternel, cabaretier au Ponchel et Adrien Cosette, laboureur au Ponchel, ami.

 

Le marié apporte:

  • 8 bêtes à laine qui sont parmi celles de Guillaume tripier à Willencourt
  • un métier et des ustensiles à usage de tisserand
  • 36 livres
  • il aura avec ses frères et soeurs la succession de sa mère.

 

La mariée apporte de ses parents:

  • le quart d'une demi mesure (une demi mesure = un peu plus de 2 000 m2) de manoir non amasé au Ponchel acquis par les donateurs qu'elle recevra au jour du mariage (ils ne pourront aliéner ou vendre sans le consentement des donateurs)
  • l'avestie de chanvre croissant en vert sur ce terrain avec dépouille en août
  • deux génisses de 2 ans et un an
  • une crémaillère, un pot à feu, un chaudron d'airain, une maie, une cuvette, un tamis, un sac à munée (farine), deux chaises, une paillasse, un traversin de toile, trois paires de draps de lit de toile de chanvre, un loudier, le tout à recevoir le jour du mariage.
  • Elle aura une jupe bleue pour le jour de ses noces. 

 

Régis Renoncourt. 

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La "fortune" d'une veuve de Willencourt au milieu du XVIIIème siècle.

11 Décembre 2011 , Rédigé par Cercle Historique d'Auxi le château Publié dans #Willencourt

Anne Ricouart est décédée le 10 janvier 1763 à Willencourt, alors hameau de Vitz-sur-Authie. Elle était veuve de Jean-François Legrand. Ses enfants, héritiers demandent un inventaire qui est fait devant notaire, neuf jours plus tard, par un tonnelier de Willencourt et un blanchisseur de La Neuville, hameau d'Auxi.

Le mobilier est des plus modestes et constitue sans doute un "minimum vital" en cette période de relatif progrès.

Pour l'éclairage, un crachet et une bouteille à l'huile.

Le mobilier consiste en six "mauvaises" chaises foncées de paille, deux vieilles tables, un banc séage, une garde-robe en bois blanc, fermant à clef, un vieux coffre en bois blanc.

Pour le coucher, un bois de lit, une paillasse, un traversin, un vieux loudier (courtepointe), un "mauvais" rideau, deux paires de draps dont une d'étoupe.

Pour faire le pain, une maie ou "mouez", un van, un tamis, un sac à "munée" (farine) et des balances.

Pour le ménage, un petit seau ou "seillon" cerclé de fer, deux vieux baquets.

La vaisselle est en terre (trois cruches, trois bouteilles, une gamelle, deux pots), en étain (quatre cuillers, quatre "mauvaises" assiettes), en fer (sept fourchettes, deux pots à feu, une marmite), en bois (huit cuillers), en verre (un verre, petite bouteille), en airain (chaudron), en faïence (huit plats).

La veuve disposait également de deux poêles à frire et d'un "mauvais" garde-manger en bois blanc, de deux cuvelettes.

Elle avait aussi quelques outils (une cognée, une serpe, un coin de fer, un louchet, un "mauvais" rouet, une "mauvaise" échelle, un balai).

Les habits qu'elle "délaisse" montrent une réelle pauvreté: un "mauvais" corps, une paire de manches, un "mauvais" cotron, six coiffes, six bonnets.

Son cheptel se limite à une vache, onze poules et un coq.

Dans son grenier, elle a 16 bottes de feucelle (fougère) et 20 bottes de lin.

Le fumier de la cour est estimé à 3 livres et la cendre de tourbe à 2 livres.

 

L'ensemble de l'inventaire se monte à 121 livres soit le prix d'un bon cheval.

Elle n'a évidemment aucune dette active car elle ne pouvait offrir de services ou vendre de prodits. Par contre, ses dettes passives se montent à 172 livres et correspondent à des livraisons de tourbe, de bois, de draperies, à des loyers de terre, à des labours, aux frais funéraires de la défunte. 

Les héritiers auront donc un passif auquel s'ajouteront, évidemment, les frais de notaire pour le présent acte.                                                                                                                 

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