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Articles avec #la misere a auxi autrefois tag

Indigents, 1894.

3 Janvier 2017 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #la misère à auxi autrefois

Au cours de la séance du conseil municipal d'Auxi du 5 juin 1894, Froissart, conseiller municipal et cultivateur au hameau de Lannoy, signale le passage très fréquent de voyageurs indigents réclamant souvent un abri pour la nuit, lesquels se dirigent souvent chez lui pour loger.

Il estime que la commune devrait faire quelque chose et établir un asile soit à l'hôtel de ville ou dans les vieux bâtiments de l'hospice pour recevoir des voyageurs (l'hospice a été transféré en 1886 rue de Varennes, actuelle rue Joseph Pierrin; auparavant l'hospice Saint-Nicolas occupait l'emplacement de l'actuelle salle des fêtes) .

Le conseil municipal prend cette demande en considération.

 

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives communales d'Auxi.

Régis Renoncourt

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La misère à Auxi: l'automne 1853.

9 Novembre 2016 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #la misère à auxi autrefois

Pendant quelques années à partir de 1849, ce problème disparaît aussi bien des compte-rendus du conseil municipal que de la correspondance du maire, ce qui ne veut pas dire qu'il est totalement éradiqué dans la réalité.
Léturgez décède en octobre 1853.
Fraîchement nommé, le nouveau maire et conseiller général, Gustave Deslavier, écrit au sous-préfet de Saint-Pol le 3 décembre 1853:
"Les besoins de la classe malheureuse se font pressants, il y a urgence de porter immédiatement remède et la commune ne peut le faire qu'avec les sommes provenant d'un emprunt. Il faudra ensuite déterminer les conditions en ce qui concerne les travaux à exécuter et les secours à donner aux ouvriers nécessiteux soit en farine soit en livraison de blé à prix réduit.
Quelques jours plus tard, le 29 novembre 1853, le conseil municipal, en présence des plus hauts cotisés (imposés) entend le rapport de la commission relative aux secours aux indigents.
Il y a à Auxi 168 ménages, soit 669 individus qui méritent le plus vif intérêt puisqu'ils ne gagnent ensemble que 145,60 francs soit 21 centimes 3/4 chacun (c'est à peu près le prix d'un kg de pain bis d'après des recherches effectuées sur des factures de l'époque).
 Il est incontestable qu'avec d'aussi faibles ressources, ces malheureux ne peuvent, vu la cherté du blé, se procurer le pain nécessaire à leur subsistance."
Pour aider ces infortunés "à vivre sinon entièrement, du moins en partie" (on notera l'expression), la commission propose: 
  • une fois par semaine, une distribution de farine afin que chacun puisse faire un kg de pain.
  • donner aux ouvriers les travaux d'entretien et de réparation à faire aux chemins ou dans les marais afin qu'ils puissent gagner le surplus de leur nourriture.
Cela coûtera 12 525 francs. Comme on n'a pas d'argent, on propose un emprunt de 12 000 francs au Crédit Foncier mais on n'envisage pas les moyens de le rembourser. Pour les 525 francs qui restent, on fait appel aux "âmes bienfaisantes".
On espère que le gouvernement applaudira aux mesures prises et que les pauvres seront reconnaissants de la sollicitude du conseil municipal. En effet, celui-ci adopte les propositions de la commission.
Le maire, Deslavier, propose de rembourser l'emprunt:
  • par une imposition supplémentaire pendant 6 ans, ce qui est adopté par 14 voix contre 11.
  • par la location d'un peu plus de 10 ha de terrains communaux qui jusqu'alors "ne rapportaient pas grand chose".
D'autre part, le duc de Luynes, sollicité comme à l'accoutumé, apporte son obole soit 500 francs.
La commission des subsistances fournira du blé à ceux qui cuisent eux-mêmes leur pain et du pain à ceux qui se fournissent chez les boulangers. Chaque jour, une distribution de soupes aura lieu à raison d'un demi-litre par personne pour les plus de 10 ans et d'un quart de litre par personne pour les moins de 10 ans.   
 
  • Régis Renoncourt.
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La misère à Auxi autrefois : le budget de l'emprunt de 1854.

30 Juillet 2014 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #la misère à auxi autrefois

Le 27 juillet 1854, les membres du conseil municipal entendent la lecture du budget de l'emprunt:

En recettes:

  • l'emprunt consenti par la caisse des dépôts et consignations : 8 772 francs
  • allocation à titre de secours du gouvernement pour être employée en travaux communaux : 2 500 francs
  • total : 11 272 francs.

En dépenses:

Secours en nature aux indigents:

  • a Duboille, fourniture de blé : 3 058,20
  • a Defrance, boulanger, pain : 1 418,30
  • a Delgove Joseph, boulanger, pain : 1 850,03
  • a Deplanques, boulanger, pain : 5,55
  • a Duboille fils, beurre, riz, haricots: 332,45
  • a Duboille père, carottes, légumes divers: 46,00
  • a Deslavier: 170,25
  • a Dufossé, veuve, sel, poivre: 39,10
  • a Dufossé Louise, beurre : 17,00
  • a Honoré Leroy, légumes divers : 10,00
  • a Calmont, carottes : 5,00
  • a Amand Courtois, carottes : 8,25
  • a Victor Wimart, oignons : 4,00
  • a Pierre Wimart, haricots : 3,50
  • a veuve Fardel, beurre : 15,30
  • a Legrand-Delgove, légumes divers : 13,00
  • a Joseph Dubos, légumes divers : 13,00
  • a veuve Tahon, au compte de Deslavier
  • a Joseph Bouvet, haricots: 3,00

(ces dernières fournitures ont été employées en délivrance de soupes aux indigents).

En dépenses en travaux communaux:

  • Deslavier, avances aux ouvriers : 3 742
  • Beaussart, avances aux ouvriers: 200
  • Vandôme, travaux et fourniture de barrière: 29
  • Duboille, avances aux ouvriers: 448
  • Déplanques, conducteur des travaux communaux: 100.

A l'occasion du 15 août 1854, jour de la fête de l'Empereur Napoléon III, des secours sont accordés aux indigents, comme d'habitude mais compte-tenu des efforts "énormes" déjà faits par la commune, ils sont restreints à une distribution de pain.

 

Notons en passant, pour nous situer chronologiquement, que 1854 c'est l'année de la mort de Louis Nicolas Guislain Wallart et de Louis Joseph Déplanques, père du futur général.  

 

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives communales d'Auxi; je remercie celles et ceux qui ont permis et facilité l'accès à ces archives.

Régis Renoncourt.

 

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La misère autrefois à Auxi: l'hiver 1870-1871.

2 Septembre 2012 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #la misère à auxi autrefois


Au cours de la séance du 22 septembre 1870, alors que la guerre est déclarée depuis le mois précédent et que Napoléon III vient d'être renversé, le Maire, après avoir proposé de "donner une entière adhésion au gouvernement de  la République nouvellement proclamée" évoque l'avis de plusieurs membres du Conseil sur la nécessité de pourvoir aux besoins de la classe ouvrière, besoins qui augmentent de jour en jour, par la pénurie du travail; il propose au Conseil de prendre les mesures nécessaires pour fournir à la classe indigente les moyens de vivre par le travail au lieu de lui donner une aumône humiliante. Il fait remarquer au Conseil que les ressources budgétaires ne permettront pas une affectation spéciale à ces travaux. Il propose ensuite divers travaux à effectuer, en particulier dans les marais.
Le 30 septembre 1870, le Maire propose, vu la gravité des circonstances, de rechercher les moyens de pourvoir à la subsistance des ouvriers sans ressources en leur procurant du travail. Un membre du conseil municipal donne communication d'une lettre de l'Intendant militaire d'Amiens offrant de faire confectionner pour l'armée des souliers et des bottes (on peut donc penser que la réputation d'Auxi est déjà faite en matière de cordonnerie).
Une commission de quatre membres est créée chargée d'examiner la proposition, d'étudier de près la situation des ouvriers cordonniers et de  rechercher toutes les mesures propres à soulager leurs besoins.
On projette en outre de faire un emprunt de 20 000 francs pour le soulagement "d'autres classes qui souffrent".
Le salaire des ouvriers employés aux ateliers de charité restant fixé à un franc par jour, une commission essaiera d'obtenir des boulangers et des bouchers, si faire se peut, une baisse du prix du pain et de la viande.
Le 4 octobre 1870, alors que Jérôme Beaussart, médecin, est maire provisoire, on demande que l'emprunt  de 20 000 francs soit réalisé par voie de souscription.
Le 31 octobre 1870, on vote 900 francs pour le premiers besoins afin de donner du travail aux ouvriers "dont un assez grand nombre est venu se plaindre". On priera les boulangers d'accepter les bons qui seront accordés aux pauvres. 
La commission dresse un état complet des travaux qui permettraient "d'occuper les ouvriers".
Le 19 janvier 1871, la situation est toujours aussi difficile:
"Le conseil municipal s'est imposé le soin de pourvoir à l'occupation des ouvriers nécessiteux. Il a l'alimentation d'une population considérable privée en ce moment de tout travail.
La commission chargée par le conseil municipal de procéder au paiement de ces ouvriers éprouve quelques difficultés qui sont même assez importantes pour que je vienne vous en informer et vous demander un avis, l'échange des billets de banque étant difficile quand cela est possible" indique le premier magistrat de la commune."
 
C'est notre dernier article sur ce sujet. Après la guerre 1870-1871, nous n'avons plus trouvé la correspondance dans les archives et nous espérons que cette lacune n'est que provisoire.
On peut néanmoins supposer que le développement de l'artisanat de la chaussure a rendu les gens pauvres moins tributaires des travaux des champs et des caprices de la météo.
Mais la grande pauvreté n'a toutefois pas disparu malgré la mise en place de lois sociales à la fin du XIXème siècle et malgré leur multiplication au cours du XXème siècle. On sait que les Bureaux d'Aide Sociale, devenus CCAS, existent toujours.
Pour écrire cet article, nous avons consulté les archives communales d'Auxi; nous remercions celles et ceux qui nous ont permis et facilité l'accès à ces archives.
  • Régis Renoncourt. 
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La misère à Auxi autrefois: les premiers résultats de la Caisse d'assistance.

21 Août 2012 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #la misère à auxi autrefois


Au cours de la séance du 6 février 1862, la Société de bienfaisance fait état de la souscription faite pour donner du pain aux pauvres et pour arriver, autant que possible, à l'extinction de la mendicité:
Recettes:
  • livrets déposés à la Caisse d'Epargne .........2 132 francs
  • autres recettes.................................................  22 francs
  • reste à recouvrer.............................................   36 francs
  • intérêts.............................................................. 31,18 francs
  • Soit un total de 2 211,18 francs.
Dépenses :
Il a été distribué 5 962,8 kg de pain soit une dépense de 2 072,43 francs.
Reste disponible: 138,75 francs.
 
Les nouvelles souscriptions en cours donneront à peu près les mêmes résultats.
Et de conclure ainsi:
"Tels sont les sacrifices que s'est imposée une Société bienfaisante qui vient ainsi généreusement au secours des indigents de la localité et a atteint, en partie, la lèpre de la mendicité. Elle a du moins cessé de se faire en grand, ainsi que cela se pratiquait avant cette mesure si honorable pour les principaux habitants de la ville qui en ont pris l'initiative."
 
  • Régis Renoncourt.
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La misère à Auxi autrefois: l'arrêté du maire de 1860 sur la mendicité.

18 Août 2012 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #la misère à auxi autrefois


Le 29 décembre 1860, le maire d'Auxi, Gustave Deslavier, prend l'arrêté suivant:
"Vu la liste de souscription où d'honorables habitants de la ville se sont cotisés dans le but d'interdire la mendicité pour une somme dépassant 2 000 francs annuellement,
Vu le travail, dressé par la Commission désignée à cet effet, pour la répartition des secours et la quantité assignée à chacune des personnes dans le besoin et appels à y concourir,
Considérant que l'administration doit mettre au nombre de ses principaux devoirs celui d'asseoir sur les bases de la justice et de la morale une nouvelle organisation de secours publics,
Considérant qu'il importe que leur répartition se fasse dans une proportion exacte et suivant les règles de l'équité la plus parfaite.
Arrêtons:
Article 1er : il sera formé une caisse d'assistance destinée à venir en aide et à subvenir aux besoins des pauvres les plus nécessiteux de la ville par suite de leur âge, de maladies ou d'infirmités ou victimes de malheurs. Cette caisse sera alimentée par souscription volontaire.
article 2 : une Commission spéciale sera chargée, sous la surveillance de l'administration, de la distribution des secours à tous les indigents domiciliés sur le territoire de la commune. Un membre de la Commission sera spécialement chargé de recevoir les souscriptions à son domicile, tous les jours de l'année.
Article 3 : les comptes de son administration livrés à la publicité seront soumis à l'approbation du conseil municipal.
Article 4 : la mendicité est interdite sur tout le territoire de la ville d'Auxi-le-Château à dater du 1er janvier 1861. En conséquence, les distributions de pain et d'argent aux portes des maisons ou dans les rues devront cesser à dater de ce jour.
Article 5 : toute personne qui, après le 1er janvier 1861 et la publication du présent arrêt sera convaincue d'avoir demandé de l'argent ou du pain dans les rues ou voies publiques sera réputée mendiante, arrêtée par les garde-champêtres ou sergent de ville et conduite devant le commissaire de police qui constatera le délit et adressera son procès-verbal à qui de droit.
Article 6 : dans ce but d'opposer une digue au vagabondage, la loi constitue un domicile de secours où l'homme nécessiteux a droit à l'assistance; pour acquérir ce droit de domicile à Auxi-le-Château, il faudra au moins un an de séjour non interrompu.
Article 7 : toute personne participant aux secours de la commune et qui serait rencontrée dans un état d'ivresse ou se livrant à des actes répréhensibles dans les rues ou sur la voie publique sera immédiatement privée de secours pendant un temps qui sera déterminé. 
Signé Deslavier. 
 
  • Régis Renoncourt.
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La misère autrefois à Auxi: en 1860, on aborde la question de l'extinction de la mendicité.

17 Août 2012 , Rédigé par Cercle Historique d'Auxi le château Publié dans #la misère à auxi autrefois

Au cours de sa réunion du 11 mai 1860, le conseil municipal d'Auxi aborde la question de l'extinction de la mendicité: "Sur la proposition d'un membre, le Conseil s'occupe de l'extinction de la mendicité dans l'intérieur de la ville, mesure dont la nécessité est réclamée depuis longtemps et qui doit faire disparaître une plaie sociale honteuse et dégradante pour l'humanité".

Après discussion, le Conseil reconnaît que le meilleur moyen d'arriver à un résultat convenable serait de recueillir les cotisations individuelles des personnes qui ont l'habitude de faire des annonces à leur porte ou autrement, d'en former annuellement une masse qui serait destinée à distribuer des secours et annonces aux individus qui seront reconnus véritablement pauvres et nécessiteux.

On nomme donc une Commission qui sera chargée de connaître le montant des cotisations individuelles et aussi de visiter les pauvres afin d'en dresser la liste et reconnaître ceux d'entre eux qui auront droit à recevoir des secours provenant de la souscription.

Enfin, prévoyant le cas où le montant des cotisations ne suffirait pas pour atteindre le but que l'on se propose ou pour tout autre motif, on décide que les mendiants de la localité qui voudront continuer à se livrer à la mendicité seront tenus de se munir d'une plaque ou autre signe distinctif destiné à les faire reconnaître et à les désigner de manière sûre à la charité publique.

On annonce que le rapport de la Commission sera fait en juin. En réalité, c'est le 5 novembre 1860 que le colonel Varlet, fraîchement élu et futur maire, fait son rapport avec son lyrisme habituel:

"On a dit que grâce au développement croissant de l'industrie dans le canton et notamment à Frévent, le travail ne manque pas à l'ouvrier courageux; le bureau de bienfaisance, a-t-on ajouté, fonctionne également; l'organisation de la médecine gratuite vient aussi améliorer la position des indigents des communes rurales, dont les pauvres viennent pourtant augmenter le mal, qui se fait déjà si vivement sentir en ville.

Sans doute, la mendicité n'est pas de ces plaies qu'il est possible de guérir tout d'un coup; il s'écoulera encore bien du temps avant que la question de l'extinction soit complètement résolue, mais le conseil municipal est convaincu que quelques exemples de rigueur, renouvelés de temps en temps, et les occasions n'en manqueront pas, produiraient les meilleurs résultats: s'ils ne faisaient pas disparaître entièrement les mendiants, ils en diminueraient au moins considérablement le nombre.

En conséquence, monsieur le Maire sera instamment prié de vouloir bien appeler sur cet objet toute l'attention de la police locale ( à l'époque, on l'a vu, il y a, à Auxi, un commissaire de police depuis une vingtaine d'années).

Qu'arriverait-il si le frein religieux et le prestige de nos moeurs n'arrêtaient pas ces tribus parasites et vagabondes qui, aujourd'hui même, sont souvent menaçantes et jettent l'effroi au sein des fermes isolées, qu'elles mettent à contribution?

On ne saurait donc souffrir plus longtemps un état de choses semblable: la mendicité n'a point sa place dans le système actuel; mais si la société, constituée comme elle l'était autrefois, devait une rente aux oisifs et aux mendiants qu'elle avait faits, si l'aumône et l'hôpital étaient l'indispensable corollaire d'un tel ordre de choses, c'est par d'autres matériaux que se consolidera l'édifice social actuel.

Chacun y ayant, avec la liberté du travail, la pleine jouissance de ce que son travail peut produire, n'a plus le droit de demander à être nourri et hébergé aux frais de qui que ce soit. De là le bienfait de ces institutions qui, depuis le berceau jusqu'à la tombe, entourent de soins les plus intelligents l'enfant, l'homme, le vieillard, autrefois condamnés au besoin et à l'abrutissement.

De là ces salles d'asile (écoles maternelles) où commencent à se former de jeunes coeurs ouverts à toutes les impressions, et qui, faute de guides, se gangrenaient jadis au souffle des mauvaises passions qu'engendrent l'oisiveté et la misère. De là ces écoles gratuites d'enseignement où se puisent les connaissances indispensables aux plus humbles professions et d'où leurs natures exceptionnelles lorsqu'elles s'y manifestent peuvent prendre l'essor pour s'emparer du rang qui leur appartient dans l'aristocratie nouvelle, celle qui est marquée du sceau de Dieu même: celle du mérite. De là enfin ces ateliers de travail, ces lazarets contre la paresse, et tout près ces Caisses d'Epargne qui ne laissent plus de prétextes à l'imprévoyance et à la dissipation et dont l'aspect  seul jette dans l'âme non l'inquiétude fébrile du besoin, mais ces salutaires préoccupations de l'homme qui songe à son avenir et à celui des siens.

C'est désormais avec ces éléments déjà éprouvés et ceux qu'étudie encore une société qui se régénérera qu'il faut combattre ce protée aux mille faces, cette mendicité si profondément entrée dans les moeurs du pays".

Après cet exposé édifiant et probablement, aussi, soporifique, une commission est formée composée de: Gustave Deslavier, président; Varlet, vice-président; Beaussart, notaire, trésorier.

Une commission d'examen est formée de Voisin, juge de paix; Barbier Théophile; Lefebvre, adjoint au maire; Gambier, notaire.

Une sous-commission est formée de : Coin Aimé, vicaire; Bourgeois, Carpentier, Cantrel, le Correur, Carette, adjoint au maire.  

 Pour écrire cet article, nous avons consulté les archives communales d'Auxi. Nous remercions celles et ceux qui nous ont permis et facilité l'accès à ces archives.

  • Régis Renoncourt.  
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La misère à Auxi autrefois: 1855.

14 Août 2012 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #la misère à auxi autrefois

Le 19 novembre 1855, une nouvelle réunion du conseil municipal d'Auxi se tient en présence des plus imposés. Il faut de nouveau faire un emprunt pour aider les indigents.

On décide de faire un emprunt de 6 000 francs remboursable en 4 ans. On louera un peu plus de 12 ha de marais communaux à prendre dans le grand marais, le marais de Lannoy, le marais de La Neuville. Cet emprunt est adopté par 14 voix contre 8 (notons que seuls les conseillers municipaux votent; les plus imposés sont là à titre seulement consultatif).

On demande au Préfet d'obtenir une partie du secours de 10 millions accordé par le gouvernement en considération du grand nombre de malheureux et d'ouvriers sans travail par suite de la cessation des travaux des champs; le nombre de ces ouvriers est important à Auxi, la culture du lin et du chanvre auxquelles se livre une partie de la population faisant défaut en ce moment. Au cours de l' hiver 1853-54, on a délivré des secours à plus de 800 individus dans le besoin. "Le nombre n'en sera pas moins grand cette année" annonce le maire, Gustave Deslavier, dans son rapport.

On énumère ensuite les ressources qui seront affectées à cet objet:

1) Fonds libres provenant de crédits non employés des budgets primitif et supplémentaire de 1855: 3 228 francs de l'emprunt voté en 1853 restant à contracter;  650 francs provenant d'une vente de tourbes.

2) Imposition ou emprunt qui pourront être votés en vue d'obtenir une subvention :      6 000 francs. 

3) Souscription des particuliers aisés ouverte par les soins des Dames patronesses de la salle d'asile (école maternelle): cette souscription a servi à habiller les enfants pauvres fréquentant les écoles communales.

4) Travaux communaux en cours d'exécution ou en projet: diverses rues et chemins de la ville.

5) Ressources que les classes ouvrières pourront trouver dans les travaux entrepris par les particuliers tels que bois à défricher.

6) Mesures de charité adoptées ou projetées telles que souscriptions en nature, quêtes à domicile, préparation de soupes économiques, distribution de cartes de pain à prix réduit, associations de charité.

On le voit, rien de très original par rapport à ce qui se faisait jusqu'alors. Mais la seule vraie originalité ne résiderait-elle pas dans l'éradication définitive du problème? On semble en être loin.

En écho à cette réunion, Deslavier écrit le 1er décembre 1856 au sous-préfet:

"La mauvaise saison arrive et le travail va manquer aux ouvriers, c'est donc le moment d'employer les ressources communales et aussi les fonds provenant des secours du gouvernement". 

 

Régis Renoncourt.

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La misère à Auxi en 1849, au temps de "l'Ordre Moral".

28 Juillet 2012 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #la misère à auxi autrefois

En mars et avril 1849 a lieu le procès des chefs de l'émeute de juin 1848. En mai 1849, ont lieu les élections qui donnent à l'Assemblée Nationale Législative une majorité conservatrice "d'Ordre Moral".
Cette évolution se ressent-elle au niveau local? Il semble que oui.
Le 11 mars 1849, Léturgez demande au sous-préfet de Saint-Pol l'autorisation de pouvoir convoquer le conseil municipal en session extraordinaire (dans le cadre d'une centralisation beaucoup plus importante qu'aujourd'hui cette autorisation est nécessaire). A l'ordre du jour, ce qui concerne les ateliers de charité et la nécessité de les dissoudre par impuissance de la commune à faire face plus longtemps à la dépense qu'ils occasionnent. En effet, on apprend au cours de la séance que le préfet n'a pas donné son accord pour la réalisation des recettes nouvelles permettant de faire face au paiement des travaux des ateliers de charité.
Le 18 mars 1849, Léturgez, dans sa lettre au sous-préfet de Saint-Pol, souligne pourtant l'indispensable nécessité d'occuper les ouvriers qui n'hésitent pas à frapper à toute heure de la journée à la porte du maire pour avoir du travail et par suite de quoi vivre". Et il ajoute :" leur exigence oblige souvent à l'inobservation des mesures plus loyales".
Le 1er avril il écrit: " par nécessité d'accomplir l'acte de bienfaisance autant que par nécessité pour l'ordre public, j'ai fait travailler et payé la dépense au moyens d'emprunts amiables ou officieux et il me tarde, aussi bien qu'à ceux qui ont fait les avances, de régulariser la situation; c'est pourquoi, j'ai l'honneur de vous prier de rappeler itérativement à Monsieur le Ministre le besoin pour moi de recevoir l'autorisation demandée (celle de faire un emprunt de 3 000 francs) depuis près de 3 mois. Un plus long retard serait dans le cas de me mettre en prévention de négligence, même d'incurie dans l'esprit des personnes bienveillantes qui me sont venues en aide dans l'espèce, d'autant plus que nous touchons au jour de l'épuisement des ressources et que rien n'est fait jusqu'ici dans les écritures de la mairie qui tende de donner un titre légal avec intérêt à 5% à ceux qui prêtent ou à remettre aux autres leurs avances.
Dans 3 jours, les ateliers de charité, composés encore de 30 à 35 pères de familles ou soutiens de famille seront dissous. Ces ouvriers sentent que tant l'administration supérieure que locale ne peut faire plus pour eux. Plus de 20 continueront de manquer de travail; l'industrie autre que celle agricole est nulle chez nous et par surcroît le prix des lins et des chanvres teillés restent à un chiffre qui fait constamment essuyer des pertes, les personnes qui détiennent ces matières ne s'empressent pas de les faire travailler".
Si les ateliers de charité ferment, le problème de la pauvreté et du manque de travail restent comme l'atteste cette lettre de Léturgez au sous-préfet de Saint-Pol le 3 novembre 1849:
"Depuis 4 mois, le Bureau de Bienfaisance n'a plus secouru que 62 ménages soit 80 indigents tant vieillards, infirmes, malades ou orphelins de père et de mère. Le nombre sera plus que doublé l'hiver tant par l'épuisement des matières nutritives et principalement des légumes que par le manque de travail aux champs pour les femmes ; le nombre des indigents s'accroîtra d'ailleurs de 20 ménages soit 80 personnes tant hommes que femmes et enfants par l'absence de ressources dans la caisse municipale pour faire travailler comme les années précédentes les ouvriers de charité qui toujours dans cette commune manquent de travail, surtout l'hiver.
Cependant, le 23 mai 1849, Léturgez écrit au sous-préfet de Saint-Pol que 51 personnes ont été employées temporairement en 1849 à l'extraction dans la tourbière communale et 46 autres dans les eux tourbières particulières. 
 
  • Régis Renoncourt.
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La misère à Auxi: la situation à l'automne 1848.

23 Juillet 2012 , Rédigé par Cercle Historique d'Auxi le château Publié dans #la misère à auxi autrefois

Le 6 octobre 1848, malgré l'embellie de l'été, il y a toujours des ouvriers sans travail:

  • 30 sont occupés sur le chemin n° 60: ce travail va se terminer.
  • 10 vieillards ou demi-infirmes travaillent sur les chemins de la commune.
  • 15 ouvriers valides terminent un marnage de 45 hectares de défriches de bois (ces bois fraîchement défrichés se situent probablement entre la route de Lannoy et la route de Crécy. Sur la carte au 1/25 000, un lieu-dit s'appelle "les défrichés").

Le 24 novembre 1848, 58 ouvriers sont occupés au chemin de Quoeux sous la direction de l'agent-voyer cantonal et au ramassage de cailloux en différents points de la commune.

On craint que ce nombre n'augmente avec la mauvaise saison. On décide que les jeunes gens de moins de 17 ans ne pourront être admis dans les ateliers. Ceux de 17 à 20 ans ne toucheront que 60 centimes par jour.

Les ouvriers seront classés d'après leurs capacités et leur salaire sera échelonné: 60 centimes par jour; 70 centimes par jour; 80 centimes par jour.

Quand on le pourra, on devra leur donner du travail à la tâche, de façon à pouvoir leur en donner plus longtemps.La liste des ouvriers sera affichée à la mairie de façon que chacun pourra en prendre connaissance.

Le 28 décembre 1848, le conseil municipal se réunit en présence des plus imposés. On décide, en effet, de créer de nouvelles ressources c'est-à-dire un emprunt de 3 000 francs, remboursable fin 1849 en créant des centimes additionnels et en vendant des arbres.Le montant de cet emprunt servira à payer les ouvriers des ateliers de charité: ceux-ci sont au nombre de 88 et ils coûtent 250 francs par semaine.

Le maire résume ainsi la situation: "il y a urgence à soulager la misère, l'ordre public s'y trouve intéressé.

Pour une mise en perspective, rappelons que Louis Napoléon Bonaparte vient d'être élu Président de la République le 10 décembre 1848. Une nouvelle Constitution vient d'être promulguée le 12 novembre 1848.

 

  • Régis Renoncourt.
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