Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #l'eclairage public a auxi tag

Adjudication de l'éclairage public du 27 septembre 1825.

13 Juillet 2014 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #l'éclairage public à auxi

 
"Cahier des charges de l'adjudication de l'éclairage et de l'entretien des réverbères de la commune d'Auxi-le-Château pendant un an, rédigé par monsieur le maire dudit Auxi-le-Château pour être soumis à l'approbation de monsieur le Préfet de ce département.
Article 1er : l'adjudication de l'éclairage et de l'entretien des réverbères d'Auxi-le-Château se fera pour une année qui commencera le 1er octobre 1825 et finira le 30 septembre 1826 et aura lieu par devant le maire d'Auxi-le-Château.
Article 2 : les réverbères au nombre de douze et contenant 38 réflecteurs seront remis à l'adjudicataire en bon état ainsi que les accessoires de chaque réverbère comme lampes, pompes, porte-mèches, panier de fer blanc et tous les ustensiles nécessaires au service pareillement les poteaux, potences, les cordes. Enfin, il s'oblige de remplacer ces objets qui se trouveraient usés à l'expiration du présent bail.
Article 3 : l'illumination commencera le 1er octobre et finira le 1er avril; toutes les huiles employées seront épurées et propres à produire un bon éclairage, les huiles seront en quantité suffisante pour éclairer depuis la fin du jour jusqu'à une heure après le lever de la lune et jusqu'à minuit les jours où il n'y aura pas de lune.
Article 4 : immédiatement après l'expiration du bail, l'adjudicataire sera tenu de remettre en bon état d'après visite d'experts, les réverbères, accessoires et généralement tout ce qui sert à l'éclairage conformément à l'inventaire.
Article 5 : les mèches seront fournies par l'adjudicataire et à ses frais ainsi que les cheminées en verre.
Article 6 : l'adjudicataire paiera comptant les droits d'enregistrement, timbre, affiches, publication, criées, ainsi que les expéditions à délivrer.
Article 7 : l'adjudicataire fournira après l'adjudication et à ses frais avant que de commencer le service un tableau d'illumination des jours de l'éclairage en plein, dans le courant du mois, de ceux des gradations calculé d'après les phases de la lune afin que les rues soient toujours éclairées jusqu'à minuit, soit par la lune, soit par les réverbères et soit qu'il fasse clair de lune ou non les réverbères seront tous allumés la nuit veille de Noël jusqu'au jour. Ce tableau sera dressé en double, vérifié par monsieur le maire; un restera entre les mains du maire et l'autre à l'adjudicataire; ce tableau servira de base pour l'éclairage dans le courant des six mois.
Article 8 : le nettoiement des réverbères se fera exactement tous les jours dans la matinée et les jours de marché à la première heure du jour.
Article 9 : si les allumeurs sont troublés, ils en préviendront le maire qui dénoncera les perturbateurs à monsieur le procureur du Roi près le tribunal de Saint-Pol.
Article 10 : les adjudicataires ne pourront prétendre aucune indemnité pour toutes les pertes, dommages que pourraient leur occasionner les malfaisants, les vents, pluies, grêles et autres accidents.
Article 11 : ils seront garants de leurs allumeurs préposés et responsables pour les amendes et peines pécuniaires à raison de l'inexactitude ou infidélité dans leur service.
Article 12 : s'il y avait interruption dans le service, le maire y fera pourvoir aux frais de l'entrepreneur qui sera tenu aux dommages et intérêts.
Article 13 : immédiatement après le 1er avril, l'adjudicataire fera retirer à ses frais tous les réverbères et les fera porter dans le lieu indiqué par le maire; ils seront visités par des experts et s'il résulte de leur situation quelques réparations, elles seront faites par l'adjudicataire ses frais à moins qu'il ne  soit évidemment prouvé que les dites réparations ne proviennent de leur fait ou de leur négligence. 
Article 14 : dans le cas où l'adjudicataire n'exécuterait pas les charges et conditions mentionnés au présent, il lui sera diminué sur le prix de son adjudication une somme équivalente aux dommages et intérêts résultant de son inexécution et de sa négligence dans le service, soit en n'allumant pas exactement les réverbères aux heures prescrites, soit en ne les faisant pas allumer pendant l'époque ou l'espace de temps précédemment fixé.
Article 15 : les adjudicataires s'engagent de fournir un cautionnement en immeuble de la moitié de l'adjudication.
Article 16 : le prix de l'adjudication sera payé par 1/6 sur mandat du maire à la fin de chaque mois d'éclairage et l'adjudicataire ne pourra prétendre à aucune indemnité dans le cas de l'augmentation du prix des huiles.
Article 17 : les allumeurs sont au choix de l'adjudicataire qui ne pourra les prendre qu'après avoir été acceptés par le maire qui pourra les révoquer à volonté.
Article 18 : l'adjudicataire s'engage spécialement de pourvoir à tout ce qui n'aurait pas été prévu par ces présentes en sorte que le maire ne soit tenu à aucun détail, avarie, charge à ce sujet ni fournitures.
Article 19 : l'adjudication ne sera définitive qu'après l'approbation de monsieur le Préfet du Pas-de-Calais.
L'an mil huit cent vingt cinq, le vingt sept septembre, deux heures après-midi en la salle de la mairie, nous Guislain Martial Flécheux, maire de la commune d'Auxi-le-Château, après affiches apposées et publications faites et réitérées aux endroits accoutumés, avons procédé à l'adjudication au rabais et moins disant de l'éclairage et entretien des réverbères de cette commune, dont il vient d'être fait lecture à l'assemblée du cahier des charges ci-dessus et y avons procédé ainsi qu'il suit:
Mis à prix à six cent francs par le sieur Delannoy Louis Joseph demeurant à Auxi-le-Château, à cinq cent francs par le sieur Voisin César; à quatre cent quatre vingt dix francs par Joseph Poiré et à quatre cent soixante quinze francs par le sieur Delannoy manellier au dit Auxi-le-Château.
Et ne s'étant présenté aucune autre personne pour mésenchérir ladite adjudication  a été définitivement adjugée audit sieur Delannoy moyennant la dite somme de 475 francs.
Lequel a affecté et hypothéqué sa maison sise audit Auxi-le-Château rue d'Abbeville tenant d'une liste à monsieur Déplanques aubergiste, d'autre liste à Leurin, d'un bout au dit sieur Déplanques et d'autre bout à la rue d'Abbeville (il s'agit sans doute d'une maison voisine de l'actuelle "mouaison Hulot") et a le dit Delannoy déclaré ne savoir écrire ni signer de ce interpellé suivant la loi.
Ainsi fait et adjugé publiquement les dits jour, mois et an que dessus.
Signé Flécheux
Vu et approuvé par nous, Préfet du Pas-de-Calais
Le 1er octobre 1825."   
 
Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives communales d'Auxi. Je remercie celles et ceux qui ont permis et facilité l'accès à ces archives.                 
 
  •      Régis Renoncourt .
Lire la suite

De l'éclairage public à l'huile à l'éclairage au gaz, 1871.

25 Mars 2013 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #l'éclairage public à auxi

linkDans sa séance du 24 juillet 1871, le conseil municipal d'Auxi ayant jugé indispensable le remplacement des réverbères qui, par vétusté (la plupart ont près de 50 ans puisqu'ils datent de l'installation de l'éclairage public à Auxi en 1825) ne fournissent qu'un éclairage des plus mauvais, le maire lui demande quelle somme il compte affecter à cette amélioration.

Mais le chiffre de cette dépense ne pouvant être au juste déterminé puisqu'il dépend du choix à faire dans les différents systèmes d'éclairage qui lui sont présentés, le conseil municipal vote une somme maximum de 3 000 francs.

D'autre part, la personne chargée de l'éclairage public demande un supplément à la somme qui lui est allouée se fondant sur ce que, en raison des circonstances, elle a été obligée d'éclairer plus longtemps.

L'éclaireur est invité à présenter la facture de la présente année ou de l'année précédente afin que le conseil municipal se prononce sur sa demande.

Pour écrire cet article, nous avons consulté les archives communales d'Auxi; nous remercions celles et ceux qui ont permis et facilité l'accès à ces archives.

  • Régis Renoncourt.
Lire la suite

L'éclairage public à Auxi: la lettre de Bordier à Flécheux du 22 janvier 1825.

24 Mars 2012 , Rédigé par Cercle Historique d'Auxi le château Publié dans #l'éclairage public à auxi

"Monsieur le Maire,

Dès la réception de votre honorée lettre du 8, je me suis occupé de votre commande, bien empressé de voir au plus tôt ma lumière mise sur un bon pied en Picardie: j'ai bientôt reconnu que si votre commune était très avantageusement percée pour l'éclairage, par ses directions et distances, elle ne l'était pas autant pour l'assemblage des réflecteurs, tous différents, assez compliqués dans leurs irrégularités; il faut y être profondément versé pour atteindre et surpasser même votre attente, ce à quoi j'espère être parvenu quand même.

La commande approchait de sa fin; j'écrivis le 15 à Monsieur Lottin de m'indiquer la meilleure voie; il m'a répondu qu'on pouvait charger le mardi chez Bourget mais n'ayant reçu la lettre que le mercredi j'ai cherché plus prompte occasion pour la caisse F n° 558 et 360 de trois pieds carrés sur 2 1/4 de haut qui était prête le jeudi soir 20 et fut remise hier matin au sieur Toulouse faubourg Saint-Denis 71, chez qui viennent les voituriers d'Abbeville et environs et qui a une voiture partant tous les deux jours, en 20 heures; pour la dite caisse être expédiée à Monsier Lottin par les rouliers en 4 jours à trois francs le % ou par sa diligence d'hier ou de demain à cinq francs le %; j'ai pensé que vous ne regretteriez pas de payer quelque chose de plus pour l'avoir plus tôt afin de pouvoir terminer l'installation et commencer l'illumination aussitôt après la pleine lune ou pour le dimanche 6 février qui sera pour l'endroit une petite fête dont les résultats satisfaisants feront conserver longtemps le souvenir; vos concitoyens et vous-même, Monsieur le Maire, vous en rappelleront toujours avec plaisir. Je viens de recevoir réponse de deux maires dont j'ai éclairé les villes; celui de Reval prétend que la sienne avec 24 de mes lanternes est presque la mieux éclairée de France et celui de Bavay, au nord, à qui le 30 juillet j'en ai expédié 11 pour 1 452 francs qui, par divers retards, n'ont pu être mis en activité qu'en novembre, vient enfin de me témoigner sa vive satisfaction de ma fourniture; les étrangers, dit-il, viennent admirer notre éclairage et affirment tous qu'ils n'ont rien vu de pareil.

Vous êtes un peu loin de la frontière pour avoir des admirateurs érangers mais les Français se lasseront peut-être de dédaigner ce qu'on leur offre depuis vingt ans, et qui est aussi bien sans pareil pour eux que pour aucune autre nation.

C'est sur les Picards que je compte pour rendre hommage à vos lumières et vous féliciter, Monsieur le Maire, d'avoir donné l'exemple à la Picardie et placé votre commune au premier rang pour l'éclairage à 25 lieues à la ronde; puisque à cette distance, il n' y a que Chauny et Bavay qui soient aussi entièrement éclairés de la même manière.

Voici, Monsieur le maire, la facture de cet envoi, montant à 1 222 francs. Je n'ai ajouté aux appareils que l'indispensable et je regrette presque le vitrage que partout l'on préfère. Recommandez à votre vitrier qu'il mette le plus beau en face des réflecteurs, qu'il ne bouche pas les petits trous du cadre en faïence par où entre l'air et qu'il ne laisse pas d'épaisseur de mastic le long des montants et du dit cadre. Vous trouverez deux pièces nouvelles et bien essentielles au service: c'est la lucarne d'allumeur et le panier. La première pourra remplacer les rats de cave en cire qui font détestable dans mon système; on ne peut presque pas s'empêcher, en allumant avec eux, de ternir la cheminée; or ce qui est terne, il faut le nettoyer et moins l'on a besoin de nettoyer mieux c'est.

J'espère que vous admirerez la combinaison du panier qui m'a donné bien du travail; c'était jadis la grandeur d'un panier pour 12 appareils parce que les pompes contenaient 14 onces d'huile. A présent, elles n'en contiennent que 8 et le panier sert pour 20 et même 22 à 24; aussi lui ai-je donné double boîte à 12 porte-pompes. Cette boîte est précieuse pour le service et la conservation des mèches; l'allumeur, dès son retour, du matin, doit moucher, nettoyer et poser ses mèches et les placer dans cette boîte dans laquelle il verse l'huile de 2 ou 3 ou 4 de ses pompes pour entourer et préserver les mèches; ensuite il couvre la boîte et le lendemain il remet l'huile dans les pompes, égoutte bien la boîte et arrive aux lanternes avec ses mèches dans le meilleur état, pouvant faire le meilleur service. Si vous trouvez un brave allumeur, intelligent, leste et susceptible d'amour-propre, traitez-le bien et il vous servira de même, grâce à ces facilités et au plaisir qu'il éprouvera lui-même à entendre louer son élairage.

Vous m'annoncez des remises, elles seront les bienvenues; je pourrai tout aussi bien si cela vous arrange vous faire traite payable à Abbeville chez messieurs Lottin et fils à la date qu'ils m'indiqueraient.

C'est ce qu'il s'offre à vous dire et dans l'attente de votre prompt avis de réception ensuite satisfaction, j'ai l'honneur...

P.S.: je n'ose pas retourner chez monsieur Maignan que je ne sois assuré d'être de sa part sans réponse.                   

 

Cet article a été écrit par Régis Renoncourt      fête des mères 2011 11 pour le Cercle historique d'Auxi.

Lire la suite

L'éclairage public à Auxi: la lettre de Bordier à Flécheux du 5 janvier 1825.

18 Mars 2012 , Rédigé par Cercle Historique d'Auxi le château Publié dans #l'éclairage public à auxi

"Monsieur le Maire,

J'ai reçu l'honneur de votre lettre du 29 décembre pour mes étrennes et cette considération n'a pas été sans influence pour la proposition que vous me faites; vous voulez que j'en donne à votre hospice qui n'a pas les moyens d'acquérir ma lampe sidérale et pour qu'elle en ait un bon emploi qu'autant que vous ou moi la lui donnerons.

Vous voudriez que ce fût moi et moi que ce fût vous et bien partageons ce différend ou plutôt la bonne action et nous conserverons tous deux avec plaisir ce souvenir! J'en ai déjà usé de même avec le maire de Reval qui non content de faire jouir sa ville de ma lumière la fait prévaloir à Condom et me fait partout où il peut des (sans doute un mot synonyme de "publicité"). Vous allez faire de même car cela devient épidémique et fallût-il pour les mêmes fins multiplier la petite (mot incompréhensible) en aussi bonne compagnie, ce ne serait pas bien de s'y refuser. Inscrivez-vous donc Monsieur le maire parmi les bienfaiteurs de l'hospice et l'on dira des heureux donateurs "leur lumière luit devant les hommes".

En recevant votre plan, j'ai vu avec plaisir que votre ville était l'une des plus favorables à l'effet comme à l'économie de mon éclairage par la régularité des rues et la bonne proportion des distances. J'ai voulu voir quelles seraient les parties éclairées en longueur par mes douze appareils et j'ai trouvé la proportion plus avantageuse qu'à aucune autre jusqu'alors.

Réflecteur

3 A éclaire 230 m

4 B claire 190 m

3 C éclaire 275 m

4 D éclaire 255 m

4 E éclaire 300 m

3 F éclaire 200 m

2 G éclaire 155 m

3 H éclaire 220 m

4 I éclaire 280 m

4 J éclaire 260 m

3 K éclaire 210 m

3 L éclaire 245 m

Ils ont l'un portant l'autre 3 1/2 réflecteurs et la longueur éclairée est de 2 820 m soit environ 1 440 toises ou 120 toises par appareil en comptant les plus longues distances pour cent mètres soit comme dessus à l'angle du bâtiment pour aller au pont.

Observez, s'il vous plaît, que dans l'intérieur de Paris les lanternes sont placées à 25 toises l'une de l'autre soit 12 toises et demi par chaque mèche et loin d'être trop bien éclairé, on se plaint au contraire de la faiblesse de l'éclairage.

Ainsi, pour n'être pas mieux éclairé qu'à Paris, il vous faudrait à 12 toises 1/2 pour chaque réverbère, 114 mèches plates avec leurs plaques de réverbère ce qui, à trois plaques par lanterne, vous ferait 38 réverbères au lieu de 12 appareils de ma façon.

Voyez s'il n'y a pas de l'ingratitude à disputer le mince bénéfice que je ne puis faire qu'une fois sur la fourniture lorsqu'il en résultera un si considérable en huile et en lumière et qui ne se renouvelle chaque année, chaque jour, chaque instant pour ainsi dire de la durée de l'éclairage.

Mais vous êtes maintenant dans la bonne voie et de mon côté, content de participer à une bonne oeuvre avec vous, Monsieur le Maire, je vais m'occuper de vous rendre aussi satisfait de moi et de mes oeuvres que l'ont été jusqu'ici vos honorables confrères. J'ai parfaitement fait notre plan qui est dressé et expliqué avec une sagacité sans égale et d'où va résulter que Auxi-le-Château va être bientôt la commune la plus éclairée du département et de plusieurs à la ronde. J'observe cependant que l'éclairage est encore incomplet mais Paris ne fut pas bâti en un jour.

Quoique Passy et la ville de Foix vous aient précédé dans leur demande; j'espère vous faire l'envoi sous quinzaine et c'est pour vous en prévenir que je vous ai écrit la présente. Vous souhaitant d'agréables civilités de celui qui a l'honneur d'être Votre très humble Serviteur.                                            

Lire la suite

L'éclairage public à Auxi: la lettre de Bordier à Flécheux le 25 décembre 1824.

17 Mars 2012 , Rédigé par Cercle Historique d'Auxi le château Publié dans #l'éclairage public à auxi

Nous continuons à publier la correspondance qui aboutira à l'installation de l'éclairage à Auxi. Le lampiste parisien Bordier envoie le 25 décembre 1824 une lettre de "relance" au maire d'Auxi Martial Flécheux. Attention, le style est plutôt ampoulé, ce n'est pas toujours facile à comprendre; c'est sans doute le style d'un "commercial" de l'époque!

"Monsieur le Maire,

Je m'étais flatté que votre réponse m'apporterait quelque satisfaction, que vous me sauriez gré de mon empressement à vous servir, un peu dérangé, il est vrai par la lenteur du routage et qu'à ma manière loyale et confiante de traiter cette affaire, vous envoyant ce que j'ai eu de plus remarquable et considérant votre commune comme si elle était de nature à me fournir un travail de quelque importance, le tout dans l'espoir de mériter à la personne intermédiaire et à moi-même remerciements. Au lieu de cela j'apprends par votre lettre du 23 qu'il n'est pas même certain qu'on soit généralement satisfait et qu'on se récrie contre l'exagération des prix en sorte que messieurs les membres du conseil municipal ne sont disposés à traiter avec moi pour 12 appareils qu'avec une réduction notable.  

J'ai bien eu plusieurs fois des observations équivalentes des maires à qui je communiquais le tarif de mes prix et surtout quand mes appareils coûtaient 40 et 50 francs de plus qu'à présent. Mais quand ils avaient l'objet sous les yeux et qu'au lieu de ces lanternes que fait l'ouvrier du coin, ils voyaient un appareil de précision, exécuté avec la perfection qu'exige le cas et produisant ces effets dont ils se lassent point de m'exprimer franchement leur satisfaction, ils ne les trouvaient plus cher et me rendaient le paiement d'autant plus doux par la manière dont ils l'accompagnaient. Sous ce rapport, je l'avoue, ils m'ont souvent traité en enfant gâté et m'ont souvent consolé, si l'on peut l'être, d'avoir employé une belle fortune, aussi mal qu'à vouloir éclairer ses contemporains, des gens qui répugnent à l'être!

Si vous trouvez des personnes qui puissent vous éclairer mieux ou aussi bien, ou seulement aussi bien, avec des diminutions notables, il vous conviendra sans doute de leur donner la main mais je vous préviens que vous aurez compté sans (mot incompréhensible) car D je le défie de vous fournir des ouvrages équivalents; ainsi, vous aurez à plus bas prix des ouvrages défectueux mais c'est le moindre mal, (mot incompréhensible) en éclairage c'est que par la perfection de l'appareil toute l'huile consommée le soit avec (mot incompréhensible) pour l'éclairage et c'est le cas des miennes parce que celui qui les fait a la parfaite connaissance du but et l'intelligence des moyens; en attendant que vous ayez trouvé ailleurs ces qualités résignez-vous à n'obtenir qu'un faible et vicieux éclairage au lieu du bon que je puis vous donner.

Voilà Monsieur ce que vous pouvez à l'égard de ces messieurs du Conseil, comme le maire de Belleville (jusqu'en 1860, le quartier aujourd'hui parisien de Belleville est une commune du canton de Pantin) disait aux siens: nous pouvons avoir des réverbères de Paris à meilleur marché que ceux de monsieur Bordier mais comme il en faudrait le double pour éclairer aussi bien et qu'en fin de compte c'est de la lumière qu'il s'agit et non des lanternes, son avis l'emporta et tous en sont bien contents comme vous le serez, Monsieur le Maire, si vous en usez de même et comme le sont tous ceux que j'ai eu l'avantage de servir.

Ma facture vous a fait connaître ce que j'espérais vous servir et à quel prix. Vous même  ne demanderez que ce qui vous conviendra mais je ne puis faire aucune diminution.

Si mon envoi ne peut vous servir, veuillez, MOnsoieur le Maire, en faire soigner l'emballage.

Dans l'attente de votre réponse, j'ai l'honneur d'être Votre Serviteur.

Il ajoute en post scriptum:

La commune de Passy va suivre l'esemple de Belleville et de Vaugirard dès le mois prochain, elle continuera la ceinture ou circonvallation de lumière que j'ai commencée autour de Paris. Neuilly serait déjà à éclairer si l'accessoire ne devenait le principal, le double poteau de 36 pieds qu'exige chaque réverbère coûte deux fois autant, avec boîte et cordage, que le réverbère lui-même; ainsi apprécie-t-on l'avantage de pouvoir diminuer de moitié le nombre des appareils.

Si vous lisez le Moniteur, vous pourrez voir sur celui du 16 novembre que j'ai éclairé le nouvel hôtel des finances avec un succès qui se soutient et augmente journellement.

Relevez enfin s'il vous plaît ces innombrables lettres de ceux de vos estimables confrères que j'ai eu l'honneur de servir et qui se sont servis de leurs yeux pour voir, différents en cela de tant d'autres, vous verrez à leurs expressions de satisfaction, je ne veux pas dire plus, qu'ils ont jugé mon système plus justement qu'il ne l'a été à Auxi-le-Château, sentant bien qu'un ouvrage qui a coûté tant de travaux et de sacrifices à son auteur, ce qui est de nature à procurer à ceux qui l'emploient cent fois plus de bénéfice qu'à lui-même, ne peut s'estimer à tant la feuille ou la livre; 2 000 commissions comme la vôtre seraient à peine suffisantes à mes prix actuels pour me faire récupérer ce que j'ai dépensé à ce sujet ou les pertes et dépens que j'ai dû supporter pour l'éclairage depuis 20 ans que je les présente à la France, chacune desquelles devient une nouvelle ruine parce que je parle à des sourds ou à des villes dénuées de moyens.     

Lire la suite

Eclairage public à Auxi: lettre de Bordier du 25 octobre 1824.

28 Janvier 2012 , Rédigé par Cercle Historique d'Auxi le château Publié dans #l'éclairage public à auxi

Nous avons, dans un précédent article, publié la lettre du 6 octobre 1824 de Bordier, lampiste à Paris à Flécheux, maire d'Auxi.

Le 25 octobre 1824, Bordier envoie une nouvelle lettre à Flécheux.

"Monsieur le Maire,

J'ai l'honneur de vous confirmer ma lettre du 17 passé répondant en tout point à la vôtre sans date reçue le 8 par madame Maignan et vous envoyant à l'essai pour vous les faire en montre trois de mes appareils au lieu d'un que vous me demandiez. J'ose espérer que vous avez été satisfait de mon empressement à vous servir et que la confiance dont je vous donnais une marque si évidente en la bonté de mes moyens aura été justifiée par leur plein succès qui n'a pu manquer si le service a été conformément à l'instruction et avec le zèle de l'intelligence que peut y apporter une personne qui veut se faire honorer en cet état.

Je languis néanmoins d'apprendre les résultats: les premiers pas sont toujours un peu difficile et si les premières opérations n'avaient pas obtenu l'admiration, nous y arriverons plus tard; dites moi seulement en quoi la chose a bronché et je vous dirai à mon tour comment y remédier; propreté des verres et belle flamme sans fumée, c'est là le palladium de cet éclairage et l'on parvient aisément à le fixer. En ce cas, vous serez satisfait, madame Maignon de même, ed anch'io comme dit l'Italien. Je me propose de passer chez elle aujourd'hui pour m'informer et de lui remettre ma lettre; bien charmé si en réponse vous m'annoncez que vous ne voulez pas vous séparer de ma lumière et qu'il faut vous en fournir en abondance.

Dans cette attente, j'ai l'honneur d'être, Monsieur le Maire, votre très humble et très obéissant serviteur."                                                                                                

 

Cet article a été écrit par Régis Renoncourt fête des mères 2011 11   pour le Cercle historique d'Auxi.

Lire la suite

A l'origine de l'éclairage public à Auxi: la lettre de Bordier à Flécheux en 1824.

23 Janvier 2012 , Rédigé par Cercle Historique d'Auxi le château Publié dans #l'éclairage public à auxi

Suite à la démission de Michel Delienne, Martial Flécheux devient maire d'Auxi en août 1824. Il le sera un peu plus de trois ans jusqu'à son décès le 13 novembre 1827

Né à Auxi en 1755, de parents commerçants, Guislain Martial Flécheux a donc presque 69 ans quand il accède à cette fonction, c'est-à-dire qu'il est un vieillard, selon les critères de l'époque mais on ne connaît rien de son état de santé. Disons simplement qu'il a déjà une longue carrière derrière lui: receveur du marquis de Montmort, seigneur d'Auxi Picardie, avant la Révolution, il adhère à celle-ci et intègre le premier conseil municipal. Il est inquiété et même incarcéré en l'an II. Devenu marchand d'eau-de-vie, il devient adjoint de Sulpice Duboille sous le Premier Empire puis  de Michel Delienne sous la Restauration.

C'est durant son court mandat que l'éclairage public est installé à Auxi.

Déjà la question avait été soulevée  en 1810 mais sans suite apparente, comme le relate un article déjà publié.

En octobre 1824, Flécheux entre en rapport épistolaire avec Bordier, maître lampiste à Paris, par l'intermédiaire d'une connaissance commune, une certaine madame Maignon.

Le 2 octobre, Flécheux confie à celle-ci une lettre pour Bordier et la réponse de celui-ci ne se fait pas attendre. Dès le 6 octobre, celui-ci écrit une longue lettre, d'ailleurs aujourd'hui en très mauvais état et dont certains passages demandent une interprétation.

Après avoir énuméré les villes où il est déjà intervenu, il met l'accent sur la supériorité de son système où l'on emploie des réflecteurs : "chaque lanterne est éclairée par une seule mèche ou flamme, la plus belle de toutes, celle à courant d'air et la plus économique relativement à l'effet qu'elle produit".

"Mais, ajoute-t-il, si belle qu'elle soit, la lumière s'affaiblit bien vite par la distance, c'est pourquoi on emploie les réflecteurs et les miens ont l'avantage de pouvoir se disposer autour de la mèche de manière à éclairer fortement sur autant de points qu'il y a de rues partant de ce carrefour. D'où il résulte que quoique le prix de l'appareil augmente de 15 francs pour chaque réflecteur cuivre plaqué d'argent, il y a un avantage réel pour une ville où il y a beaucoup de carrefours à 4 ou à 3 rues parce que la lumière se répand presque aussi belle sur 4 ou sur 3 que sur 2 sans qu'il en coûte un atome d'huile de plus. Quoiqu'il n'y ait qu'une seule mèche dans chaque lanterne, la lumière qui en émane est si forte ardée des réflecteurs que l'on peut les placer à des distances beaucoup plus grandes". 

La suite du document est abîmée mais on peut comprendre que ses 10 réverbères donnent autant de lumière que 14 ou 15 réverbères "classiques". "Une ville qui opterait pour la solution la moins onéreuse aurait bien des réverbères et un éclairage mais mesquin et insuffisant" argumente-t-il.

Il annonce ensuite ses prix:

  • lanterne à deux réflecteurs sans le verre 110 francs
  • lanterne à 3 réflecteurs pour carrefour 130 francs
  • lanternes à 4 réflecteurs pour carrefour 150 francs,

chaque réflecteur augmentant le prix de 20 francs.

Puis, en bon "commercial", il consent un rabais:

de 110 francs à 90 francs; de 130 francs à 105 francs; de 150 francs à 120 francs.

 Le passage suivant étant très abîmé, on ne connaît pas le prix du vitrage en verre blanc.Par contre, Bordier énumère les prix des autres accessoires:

  • le mécanisme pour préserver la lampe en cas de congélation de l'huile dans la pompe coûte 3 francs par appareil
  • les outils pour le service des mèches coûtent 3 francs
  • les mèches coûtent 0,75 francs le mètre
  • les cheminées de verre coûtent 0,20 francs la pièce
  • les boîtes à mur coûtent 12,50 francs, celles à potence 21 francs, les cordages coûtent 90 francs le cent.

Ces prix, pour être intelligibles, demandent, bien entendu, à être comparés. Le curé reçoit 200 francs par an d'indemnité de logement, le fonctionnement du corps de garde de la mairie coûte 100 francs par an, un crédit de 150 francs par an est alloué pour les fêtes publiques, le tombereau de sable pour le pavage des rues coûte 1,50 francs; la mairie n'étant pas assez grande, la location d'une pièce à l'hospice voisin coûte 60 francs par an; les frais de visite des fours et cheminées (afin de prévenir les incendies) coûtent 36 francs par an; le pain, nourriture de base chez les pauvres, coûte de 20 à 40 centimes la livre selon la saison et la conjoncture économique; le bois de 15 à 25 centimes le stère selon la saison et l'état des routes et chemins; l'ouvrier non qualifié reçoit un franc par jour.  

 Bordier pécise encore:

"Ce qu'il est essentiel d'observer est de diriger le réflecteur bien parallèlement aux rues, c'est de là que dépend le bel effet de cet éclairage; pour cela, il faut avoir un plan exact des  ?  et des pentes de toutes les rues à éclairer".

Il propose: "Si vous avez un plan de votre ville sur lequel vous puissiez compter, veuillez me l'envoyer et sur l'inspection de ce plan, je pourrai, en réponse, vous donner le devis exact de votre éclairage, espèce, dépense d'achat et d'entretien".  

Les esprits curieux ne manqueront pas d'aller sur Internet pour y puiser des renseignements plus précis avec, le cas échéant, des illustrations.

Mais qui sera chargé de faire fonctionner cet éclairage? C'est le point que Bordier aborde ensuite: "Mais quel que soit le système que vous adopterez, l'ancien ou le mien, il ne suffit pas d'avoir acquis le mobilier, les mèches et l'huile, il faut un homme doué de quelque intelligence et même d'amour-propre ou vous n'aurez qu'un service désagréable. Il serait bien de le mettre à l'étude quelques jours à Saint Omer. Rien n'est facile comme mon service et les éloges que l'allumeur n'a cessé d'entendre quand le service est bien fait l'excitera fortement à le bien faire; c'est pourquoi il est bon qu'il soit suscité.

Si vous rencontrez un bon sujet, vous vous féliciterez d'avoir été l'intermédiaire de l'introduction de mes lumières dans Auxi-le-Château qui sera bientôt le lieu le plus éclairé de tout le département et dans ceux qui l'entourent sauf Chauny et Bavay et par ses lumières aussi célèbre que Arras par sa ?

L'offensive publicitaire, pour autant, n'est pas terminée: "Je pourrais vous fournir le petit lustre pour la salle de la mairie idem pour votre église, ce qu'il y a de plus parfait. Si elle n'est pas grande et ronde ou à peu près sans colonnes, une seule lampe à un seul bec avec argenture donnera une forme gracieuse, un effet charmant et qui ne coûte que 60 francs fera le charme et la sûreté des fidèles. Si l'église est grande, longue, il en faudra deux.

En voilà assez, je l'espère pour une fois; en attente de vos ordres, avec plans de ville et église, je vous envoie pour vous distraire le programme des expériences que je fais à  ?  dans l'espoir de surmonter l'injustice et pour l'amusement du bon peuple (à presque 200 ans d'intervalle, il est difficile de comprendre cette phrase; il faudrait connaître le contexte et l'actualité du moment).

J'ai l'honneur......"                                                                          

 

Cet article a été écrit par Régis Renoncourt     fête des mères 2011 11 pour le Cercle historique d'Auxi.

Lire la suite