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Articles avec #hors territoire tag

Les monuments historiques du Doulennais et du Bernavillois en 1998.

31 Août 2013 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #hors territoire

abeille

 

"L'Abeille du Val d'Authie" du 9 octobre 1998, sous le titre "Les monuments historiques du Doulennais et du Bernavillois" nous fait le point sur le sujet :

"A Doullens, la salle du Commandement Unique de l'hôtel de ville est classée depuis mars 1998 .

Il y a bien entendu l'ensemble des fortifications de l'ancienne citadelle, la porte royale avec les vestiges du pont dormant qui sont inscrits à l'inventaire depuis 1978, tous comme les façades et toitures  de l'ancien hospice "Hôtel Dieu" depuis 1986 et les vestiges de l'ancienne église Saint-Pierre, la nef avec ses bas-côtés et l'amorce de l'abside à l'est qui sont classés depuis 1924.

L'ancienne maison communale est aussi inscrite depuis 1966, façade et couverture sur rue, tout comme la tour et le beffroi en charpente.

Dans le Doullennais, les passionnés d'Histoire savent que le beffroi de Lucheux est classé depuis 1986, que la totalité des vestiges du château, l'enceinte et l'ensemble des bâtiments situés à l'intérieur, sont classés depuis 1965 et que la très belle église est aussi classée depuis 1913.

A Beauquesne, c'est le clocher de l'église qui est inscrit à l'inventaire supplémentaire depuis 1926.

Dans le Bernavillois, la chapelle de la Vierge ou encore église de l'assomption de Mons Bélacourt est inscrie depuis 1926.

A Frohen-le-Grand, c'est le choeur de l'église qui est inscrit depuis 1926. 

Bien entendu, le château de Remaisnil est aussi inscrit mais depuis seulement 1986 et pas en totalité. Sont seulement concernés les façades et toitures du château, du pavillon d'entrée, des communs et des pigeonniers. Certaines pièces avec leur décor sont aussi inscrites comme le petit et grand salon Louis XVI, le grand salon et la salle à manger Louis XV, la grille de clôture avec ses piliers, l'allée bordée d'arbres faisant face au château.

 

Pour écrire cet article, nous avons consulté les archives du Cercle Historique.

Régis Renoncourt.

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Les conseillers généraux du Pas-de-Calais et l'automobile..en 1900.

22 Juin 2013 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #hors territoire

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Les problèmes posés à nos élus par la circulation automobile, s'ils atteignent aujourd'hui un grand dégré d'acuité, datent cependant du début du siècle dernier. Témoin ce voeu déposé au Conseil Général du Pas-de-Clais par Paul Dussaussoy, élu du canton de Marquise, le 23 avil 1900 et contresigné, chose très rare, par l'ensemble des 34 conseillers généraux présents ce jour-là:

"Les conseillers généraux soussignés émettent le voeu que les administrations compétentes établissent une réglementation rigoureuse du parcours et de la vitesse des voitures automobiles sur les routes nationales, départementales et communales".

Le voeu, après renvoi pour discussion auprès du 4ème Bureau, est adopté en demandant que l'Administration, c'est-à-dire le Préfet y apporte son plus énergique appui, selon les règles de fonctionnement du Conseil Général à cette époque.

Selon le rapporteur, il ne s'agit pas de faire obstacle à la libre circulation des automobiles mais de se faire l'écho des inquiétudes et des troubles que leurs mouvements trop rapides ont semé un peu partout.

La vitesse, voilà le grand souci des honorables élus. Une lettre-circulaire adressée à l'Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées en vue du recensement de la circulation en 1903, nous apprend que si les voitures non immatriculées ne peuvent atteindre la vitesse de 30 km/h, les voitures immatriculées peuvent la dépasser. Or, de septembre 1901 à la fin de 1904, le service des Mines du Pas-de-Calais a enregistré seulement 145 véhicules non immatriculés dont 128 voitures contre 623 véhicules immatriculés dont 498 voitures; les gens (très aisés car il faut l'être à l'époque pour posséder une voiture!) du Pas-de-Calais comme tous les Français d'ailleurs aiment visiblement se laisser griser par la vitesse!

Le débat resurgit devant l'Assemblée Départementale le 18 août 1903: il ne s'agit pas, certes, "d'entraver par des mesures vexatoires une industrie qui, en raison de son énorme développement, fait vivre aujourd'hui un nombre considérable de Français" (l'industrie automobile française est alors la première du monde par le nombre d'unités réalisées annuellement et elle n'est dépassée par les Etats-Unis qu'en 1906) mais "d'imposer aux chauffeurs ("c'est ainsi, ajoute Georges Adam, élu du canton de Saint-Omer, qu'on les désigne") une allure qui est celle d'un âne au trot, le cheval pouvant marcher sur le train de 20 à 30 km à l'heure, tout au moins à la traversée des lieux habités car il est ridicule de vouloir que les automobiles marchent à la vitesse d'un homme au pas sur des routes désertes" précise le conseiller général de Campagne-les-Hesdin.

Si le conseiller général de Montreuil avance le chiffre maximum de 15 km/h pour la traversée des agglomérations, plusieurs membres disent que "c'est beaucoup trop" et on s'en remet finalement à la sagesse de l'administration.

Il est très probable que les hommes politiques du moment n'utilisent pas ce mode de locomotion nouveau et lui préfèrent le chemin de fer où les horaires sont assurés. Victor Morel, candidat républicain aux élections législatives dans la circonscription de Montreuil en 1903 a cru bon, pour imiter son rival réactionnaire élu l'année précédent et invalidé, de louer deux voitures automobiles pour sa campagne électorale; mais celles-ci sont peu fiables et à Hesdin il arrive avec plus d'une heure de retard à la réunion prévue!

Malgré l'adage "gouverner c'est prévoir" ces élus du début du XXème siècle sont probablement loin de se douter que l'automobile a un bel avenir!

 

Pour écrire cet article, nous avons consulté diverses séries des archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville dont la série N.

Régis Renoncourt.

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Les élections cantonales d'octobre 1871 dans 5 cantons du Haut-Pays : le canton d'Heuchin.

9 Juin 2013 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #hors territoire

abeille

 

Dans le canton d'Heuchin, le marquis de Partz, légitimiste, conseiller général du canton depuis 1867, se présente à visage découvert. Le châtelain d'Equirre, seul candidat, s'est d'ailleurs présenté sans succès aux élections législatives de 1869 contre le candidat bonapartiste officiel. Bien que le sous-préfet de Saint-Pol le considère en 1886 comme "un simple soldat à particule dans son parti", de Partz, député de 1871 à 1881 et de 1885 à 1889, apparaît comme le leader du parti légitimiste dans le département. Soutenu par "le Pas-de-Calais" (c'est le titre du journal) qui, à l'occasion du décès de sa mère, en 1872, à l'âge de 93 ans, dit que "pour comprendre toute l'étendue de cette perte, il faudrait se faire une idée de l'abondance de ses aumônes", le très catholique marquis est évidemment un des champions du soutien inconditionnel à l'établissement congréganiste de Dohem.

Le 22 août 1876, c'est lui qui dépose une proposition, appuyée par quinze autres conseillers généraux de droite, demandant que le Conseil soit saisi de la proposition de renouvellement du traité de 1872. Au cours de la discussion, il pose nettement la question : "Veut-on renouveler le traité avec un établissement congréganiste ou bien créer une école normale laïque? " Et il ajoute : "Si l'on veut attaquer le principe des écoles congréganistes, qu'on le dise". A l'issue du scrutin confirmant le renouvellement du traité, il s'oppose à l'amendement du conseiller républicain Duhamel qui propose une clause de résiliation en cas d'adoption d'une loi rendant obligatoire, par les départements, la création d'écoles normales. Il reste persuadé que, dans ce cas, le Gouvernement ne pourrait rien contre une décision du Conseil général et intervient plusieurs fois en ce sens, ce qui ne l'empêche pas, une fois la loi adoptée et le Conseil général obligé de l'appliquer, de participer à la "course au clocher" pour l'implantation des dites écoles normales, et l'on assiste, à cette occasion, à un rapprochement inattendu: le marquis, député de la circonscription, peu enclin à la sympathie pour les écoles laïques en général, est le premier à souligner les offres faites par la ville de Saint-Pol et il est fermement appuyé par Georges Graux, son adversaire républicain aux élections législatives de 1877 et 1881 et conseiller général du canton de Saint-Pol depuis 1875. C'est que, force étant en définitive à la loi, l'implantation d'une école normale devient une question de prestige; elle peurt aussi avoir des retombées économiques et culturelles.

Battu aux élections cantonales de 1889 par le docteur Delepouve, républicain, maire d'Heuchin, de Partz meurt en 1910, à l'âge de 91 ans.

  • Régis Renoncourt.

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Les élections cantonales d'octobre 1871 dans 5 cantons du Haut-Pays: le canton de Fruges.

9 Juin 2013 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #hors territoire

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Dans le canton de Fruges, où n'existe, à l'époque, aucune possibilité de candidature républicaine, la lutte se circonscrit entre deux conservateurs de tendances différentes. Le baron de Contes, ancien député, conseiller général du canton depuis 1856, que l'on peut qualifier de bonapartiste autoritaire affronte, pour la 3ème fois en quatre ans, Bertulphe Gosselin, banquier boulonnais, réputé bonapartiste libéral. La profession de foi de de Contes s'inscrit bien dans l'incertitude des temps concernant la forme du régime à définir et le soutien à apporter à Thiers. Ecoutons-le:

"Tout candidat doit, dans les circonstances actuelles, rendre compte de ses opinions aux électeurs. Voici les miennes: je ne vous dirai pas que je suis un homme d'ordre; ce mot ne peut plus avoir la signification d'autrefois, on peut être un homme d'ordre dans tous les gouvernements, aussi bien en République qu'en Monarchie. Je me rallie donc complètement aux idées de M. Thiers; je veux l'ordre avec la liberté, le respect à la famille, à la propriété, à la religion. Je renie de toutes mes forces les saturnales de 93 et les horreurs de la Commune mais ces jours-là, ce n'était pas la République, c'était l'anarchie la plus hideuse. Je veux l'union et la fusion de tous les partis ou tout au moins la concorde entre eux, pour tâcher de relever la France de la chute sanglante et absurde du dernier régime. Je veux la République et je soutiendrai les principes du grand homme auquel sont confiées les destinées de la France (il s'agit de Thiers).

Au lendemain du premier tour, au moment des inévitables analyses et querelles d'interprétation, le journal républicain "l'Ordre", sans le placer en tête de la nuance républicaine modérée, cite de Contes comme ayant "adhéré à la République dans des termes précis".

Ce "républicain" qui démissionne assez rapidement, en avril 1873, rejoint cependant très vite le bercail monarchiste et ne se manifeste pas dans les débats qui peuvent être considérés comme faisant le partage entre droite et gauche. Il ne vote pas non plus avec les républicains "avancés" lors des scrutins publics. Ainsi, à l'issue de la session d'août-septembre 1872, la minorité républicaine, qui exprime la reconnaissance des intéressés "pour la politique habile et loyale qui, après des revers et des catastrophes inouïs, nous a promptement relevés dans l'estime du monde" et conclut ainsi: "Vous pouvez donc, Monsieur le Président de la République, compter sur notre concours dévoué pour l'achèvement de l'oeuvre que vous avez si résolument entreprise." de Contes n'est pas parmi les signataires de cette adresse. L'activité de de Contes apparaît d'ailleurs très modeste, à la lecture des procès-verbaux de délibérations de Conseil général du Pas-de-Calais.

 

  • Régis Renoncourt.

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Les élections cantonales d'octobre 1871 dans cinq cantons du Haut-Pays: le canton de Fauquembergues (2).

8 Juin 2013 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #hors territoire

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De Monnecove l'emporte avec 54,4% des suffrages exprimés. Longtemps plus tard, en 1892, Mahieu se présentera et sera élu dans le canton de Béthune.

De Monnecove, seul en lice, se présente en 1874 comme un candidat de "l'Appel au Peuple" c'est-à-dire nettement comme bonapartiste. En 9 ans de mandat, il ne semble pas, à la lecture des compte-rendus des délibérations, avoir déployé une activité intense au sein de l'Assemblée départementale. Membre du 1er Bureau, il est chargé, par exemple, des rapports concernant le renouvellement des opérations cadastrales. En 1871, il souligne l'importance de la dépense, deux millions et demi soit un siècle à raison de 25 000 fr par an! Il souhaite que la législation soit modifée de façon que le Conseil général puisse voter des centimes spéciaux comme pour la vicinalité et pour l'Instruction Publique. Il reprend ce voeu en avril 1876, en analysant le projet gouvernemental qui propose de décentraliser l'initiative et les dépenses au niveau départemental. Après ajournement et consulation des conseils d'arrondissements, son rapport d'août 1876 se monte favorable au renouvellement complet du cadastre en France, à l'exécution des travaux par cantons plutôt que par communes, au bornage obligatoire de toutes les propriétés, et, chose nouvelle, par rapport aux conclusions deu rapport d'avril 1876, à la répartition de la dépense entre l'Etat, le département et les communes.

Cependant, la longue intervention du conseiller général de Carvin, Louis de Clercq, favorable à la réfection du cadastre, donne des arguments en faveur de la prise en charge par l'Etat seul puisque celui-ci profitea de l'opération. C'est finalement l'amendement de Clercq qui est adopté par le Conseil Général. De Monnecove fait quand même remarquer qu'il ne devrait pas y "avoir de corrélation entre ces deux idées: le revendication de l'initiative par le Conseil Général et l'abandon de la dépense à l'Etat". Mais on a vu, à propos de l'argumentation de Jourdain dans la question des prisons et la question vicinale, combien était forte la résistance de l'assemblée départementale aux transferts de charges venant de l'Etat même s'ils se paraient, comme dans le cas présent, des couleurs de la décentralisation.

 

  • Régis Renoncourt.

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Les élections cantonales d'octobre 1871 dans cinq cantons du Haut-Pays : le canton de Fauquembergues.

8 Juin 2013 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #hors territoire

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Dans le canton de Fauquembergues, le candidat monarchiste, De Monnecove, âgé de 44 ans, se présente pour la première fois dans ce canton bien qu'il ait déjà exercé d'autres mandats: il a été maire de Saint-Omer et député officiel de 1860 à 1863, date à laquelle il a été battu par Louis Martel.

D'autre part, son adversaire réublicain, Aristide Mahieu-Sauvage, fait une campagne active. Dans sa profession de foi, il se présente comme un élément du courant démocratique et libéral, qui, dit-il, doit être fortement représenté au Conseil Général. Comme il habite en dehors du canton puisqu'il est négociant à Béthune, il rapelle qu'il et fils de cultivateurs et que son père a joué un rôle important au Conseil d'Arrondissement et au Conseil Général. S'il a lui-même renoncé à sa carrière d'ingénieur pour entrer dans la vie commerciale, le fruit de ses études, précise-t-il, ne sera pas perdu pour la défense des intérêts industriels. Comme tous les candidats républicains, il insiste sur le rôle de l'éducation. Il égratigne au passage son adversaire à à propos de sa gestion municipale à Saint-Omer.

De son côté, de Monnecove, qui, rappelle malicieusement "Le Courrier du Pas-de-Calais", avait, dans les derniers temps de l'Empire trouvé les suffrages des journaux de l'opposition, promet, dans sa circulaire, de toujours chercher à seconder les efforts de messieurs les maires et les conseillers municipaux en faveur des églises, des écoles et des chemins de nos campagnes, ce qui constitue un programme "classique" de conseiller général avant la loi de décentralisation et, référence à la Commune de Paris oblige, de "s'opposer énergiquement aux expériences que l'irréligion et l'anarchie voudraient tenter sur notre cher pays", assimilant abusivement, pour des raisons électorales, républicain et communard.

 

  • Régis Renoncourt.

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Les élections cantonales d'octobre 1871 dans cinq cantons du Haut-Pays : le canton de Lumbres (2).

4 Juin 2013 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #hors territoire

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Il est fort surprenant d'entendre Quenson de la Hennerie dire que "personne ne sait ce qui se passe à Dohem parce que l'établissement n'est jamais inspecté". Le conseiller général du canton de Lumbres est le doyen de l'assemblée départementale. "Il n'est pas une affaire intéressant le département, dit-il avec un légitime orgueil, que je n'aie vu naître, grandir et prospérer". Il a été plusieurs fois rapporteur de la commission de l'Instruction Publique devant ses collègues du Conseil Général, en particulier en 1851, à la session où l'assemblée départementale opte pour Dohem. Quenson qui a, certes, 77 ans mais qui se présentera encore cinq ans plus tard comme candidat aux élections sénatoriales, devrait pourtant bien se rappeler qu'il a porté l'alliance du département et de l'établissement de l'abbé Panet sur les fonts baptismaux. Il n'est d'ailleurs pas à une contradiction près puisqu'il dit, au cours de la même session, avoir accompagné monsieur le Recteur dans une inspection qui a été faite jadis à Dohem et avoir vu de quelle manière bizarre on interrogeait les élèves.

Inconditionnel de l'établissement congréganiste, Quenson de la Hennerie est tout-à-fait prédisposé à devenir le président de la commission de surveillance mise en place en avril 1872; celle-ci, inspirée de celle qui fonctionne près des écoles normales st cependant différente, tant par sa composition que par ses attributions. Comme l'avaient prévu les élus républicains, elle se réunit rarement au complet. Ce titre de président honoraire de la commission de surveillance des cours normaux de Dohem figure dans la nécrologie déjà citée, avant celui d'Officier de la Légion d'Honneur.

François Louis Joseph Quenson de la Hennerie s'éteint le 26 octobre 1879 à Nielles-les-Bléquin. "Il a constamment, dit sa notice nécrologique, par ses lumières, sa haute compétence et sa parole aussi facile que sensée, figuré parmi les membres les plus autorisés de l'Assemblée départementale. Comme homme privé, M. Quenson était généreux, dévoué, toujours disposé à rendre visite, d'une politesse exquise, d'une aménité parfaite, en un mot un modèle d'urbanité, de bienveillance et de générosité."

Un homme pétri de qualités, donc. Il est vrai qu'une nécrologie "à chaud" n'est jamais négative; elle est toujours dénuée d'esprit critique.

 

  • Régis Renoncourt. 
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Régis Renoncourt.

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Les élections cantonales d'octobre 1871 dans 5 cantons du Haut-Pays: le canton de Lumbres.

4 Juin 2013 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #hors territoire

abeille

 

A Lumbres, Quenson de la Hennerie, légitimiste, élu depuis 1834, a un adversaire républicain.

 

Agé de 77 ans, François-Louis-Joseph Quenson de la Hennerie est "l'une des individualités les plus marquantes de l'arrondissement de Saint-Omer et de tout le département" selon sa nécrologie publiée à sa mort en 1880.

Après des études au collège de Saint-Omer, à l'école de droit de Bruxelles et à l'école de droit de Paris, il est reçu à l'agrégation de droit. A 31 ans, il est conseiller à la Cour d'Appel de Douai et à 47 ans, en 1841, Président du tribunal Civil de Saint-Omer.

Paralllèlement à sa carrière de magistrat, Quenson de la Hennerie sollicite les suffrages des électeurs censitaires: il est ainsi conseiller général des cantons de Lumbres et Fauquembergues de 1834 à 1848, puis du canton de Lumbres depuis 1848. Battu à la députation en 1842, il est élu en 1846 comme député ministériel jusqu'en 1848. Il est ausi maire de sa commune de Nielles-les-Bléquin depuis 1865.

Notable traditionnel, Quenson de la Hennerie l'emporte nettement aux cantonales de 1871 sur son adversaire républicain.

Sollicité pour assurer la présidence du Conseil général, il se récuse en invoquant son grand âge et un début de surdité mais il se récuse également pour la présidence de la commission de permanence (commission départementale) et cette fois il donne une explication moins "diplomatique" et sans doute plus conforme à la vérité des dissensions au sein de la majorité; il déclare se retirer de la lutte devant les concurrences, survenues depuis peu, qui viennent jeter la division dans les votes. Effectivement, l'élection de la commission départementale exige trois tours de scrutin alors qu'en principe la majorité  conservatrice est massive, 36 ou 37 conseillers généraux sur 44!

François Louis Joseph Quenson de la Hennerie qui se retire en 1877 en appelant à voter pour son neveu Cyril Quenson, intervient surtout dans la discussion au sujet du renouvellement du traité passé par le département avec l'établissement congréganiste de Dohem où le Conseil général entretient des bourses d'élèves-maîtres. Les débats, suscités par la minorité républicaine, sont longs et passionnés, d'abord en 1872 puis en 1876 et 1877. Pour des raisons de principe (la défense de la religion et de la "morale") et pour des raisons électorales ( ils sollicitent l'appui du Clergé lors des élections), les conservateurs de toutes tendances se montrent favorables à l'établissement congréganiste et ne s'inclinent, en 1879, que devant la loi Paul Bert qui rend obligatoires les écoles normales. Particulièrement attaché aux valeurs chrétiennes, Quenson, lors de la nomination de la commission chargée de comparer l'école normale de Douai et les cours normaux de Dohem, en novembre 1871, regrette qu'elle soit uniquement composée de conseillers généraux et qu'on ne leur ait pas adjoint d'ecclésiastiques!

 

Régis Renoncourt.

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Les élections cantonales d'octobre 1871 dans cinq cantons du Haut-Pays : canton de Hucqueliers (2).

31 Mai 2013 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #hors territoire

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Conséquent avec lui-même, Jourdain défend d'ailleurs l'autonomie  communale contre des empiètements possibles du département, tuteur des communes. Il estime que l'assistance doit rester municipale. C'est là, ajoute-t-il, sa vraie limite, sa garantie d'efficacité et de moralité. En ce qui concerne la vicinalité, "il faut, sans doute, dit-il, faire en sorte d'obtenir le concours des communes, mais de là à violer leur autonomie il y a un abîme".

En avril 1874, à l'occasion de la discussion du projet de déclassement des routes départementales, l'avis défavorable donné par le Conseil général du Nod soulève une bouffée d'indignation de "patriotisme" départemental  de la part de Jourdain. "Je ne m'arrête pas, messieurs, dit-il aux objections tirées de nos rapports avec les départements voisins. Le droit de déclassement que nous a conféré la loi du 10 août 1871 ne saurait être contesté. Nous avons notre autonomie complète sur notre territoire, sauf à respecter les conventions inter-départementales qui pourraient exister...Quant aux objections que le Nord a formulées  dans une récente délibération, elles sont plus théoriques que fondées en administration. On y déclare s'y opposer au déclassement de nos routes, même celles des arrondissements de Saint-Pol et de Montreuil...Nous ne pouvons nous arrêter à de telles ingérences".

 Rapporteur de la commission des chemins de fer, Jourdain constate simplement que "les questions qui se rattachent soit à la création soit à l'exploitation des chemins de fer ont une importance sur laquelle il serait superflu d'insister. Partout avidement réclamées par les populations, partour accueillies comme un bienfait, les voies ferrées sont de nos jours l'instrument le plus puissant du développement et d'expansion pour tous les intérêts" (cela est dit il y a 150 ans, ne le perdons pas de vue).

Cependant, il rappelle qu'il ne faut jamais perdre de vue dans la discussion, "que le Conseil général n'a d'action directe et d'attribution effective que pour les chemins de fer d'intérêt local. En dehors de cette catégorie de chemins, ajoute-t-il, l'Etat dispose d'une manière absolue. La décision lui appartient et les appréciations que nous pouvons nous permettre n'ont et ne peuvent avoir d'autre portée que celle d'un voeu".

Comme la plupart des conseillers généraux et comme les préfets qui se succèdent, en ces années 1870, il préfère que le Conseil général accorde aux concessionnaires une subvention en capital et estime que "la garantie d'intérêt est pleine d'aléas redoutables et qu'elle peut devenir un lourd fardeau pour le département. Au milieu des années 1880, Boudenoot aura beaucoup de mal à faire admettre à ses collègues les avantages que peut présenter la garantie d'intérêts.

En résumé, Jourdain déploie une activité relativement importante au sein de l'Assemblée départementale où il possède une expérience déjà longue. Celle-ci s'exerce surtout dans le domaine des voies de communication. Au plan des principes, il se fait surtout remarquer par son opposition aux empiètements de l'Etat et son attachement aux autonomies locales.

 

  • Régis Renoncourt. 
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Les élections cantonales d'octobre 1871 dans cinq cantons du Haut-Pays: canton d'Hucqueliers.

31 Mai 2013 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #hors territoire

Dans le canton d' Hucqueliers, un bonapartiste élu depuis 1849 est candidat unique.

Jacques Jourdain a 54 ans en 1871. Avocat de formation, il a été député officiel de 1864 à 1870. Il est vice-président de la Société d'Agriculture de Montreuil.

Dans sa profession de foi, il estime avoir servi "avec loyauté et désintéressement" un gouvernement dont la chute n'a point ébranlé les sympathies méritées et la popularité qu'il s'y est acquise (il s'agit évidemment du Second Empire renversé en septembre 1870). Il s'affirme ainsi nettement bonapartiste et se présente d'ailleurs contre Victor Hamille, autre bonapartiste plus discret cependant, lors de l'élection du président du Conseil Général, le mardi 24 octobre 1871.

En 1877, Jourdain, toujours candidat unique, est facilement réélu dans le canton d'Hucqueliers mais, cette fois, les abstentions augmentent sensiblement, 27,% contre 21,1% en 1871. En 1883, il se retire de la compétition après avoir "intronisé" son successeur, le notaire Moitier.

Très vite, Jourdain se pose en farouche partisan de la décentralisation. En août 1872, à l'occasion de la discussion sur la fusion du service vicinal avec celui des Ponts et Chaussées qui dépend de l'Etat, Jourdain, après avoir signalé la contradiction entre la loi de décentralisation et le projet de fusion, à un an d'intervalle, s'inquiète des "Ministères qui changent" mais plus encore " des changements plus radicaux que nos nombreuses révolutions autorisent à prévoir" (en fait, il n'y aura plus de révolutions après 1871). Il se souvient de ses débuts au barreau et trouve des accents dramatiques pour sa péroraison : "Avez-vous pensé à ce que pourrait être dans de certaines circonstances et dans de certaines mains, ce service si puissamment organisé, concentrant toutes les forces vives d'un grand département comme le nôtre, enlaçant les 900 communes qui le composent et tenant le pays par le menu des intérêts comme par les intérêts généraux? Y avez-vous songé???".

Cependant, conscient de ce que sa charge peut avoir d'excessif, il tient à dédouaner le préfet. Celui-ci, qui dirige les agents-voyers du service vicinal, "vit de notre vie, il est identifié au département, il n'est pas un corps constitué".

Dans la discussion sur les prisons dont l'état laisse fort à désirer et réclame une prompte solution, Jourdain dénonce "le partage si fécond en tiraillements entre le département qui possède l'immeuble et l'Etat qui administre la prison et règle le service.". Il ajoute qu'à force de multiplier les catégories, d'entasser exigence sur exigence, on en est venu "à placer les départements dans cette alternative ou de blesser les droits de l'humanité en maintenant les prisons défectueuses et insalubres ou de se grever de dépenses hors de proportion avec le but à atteindre et le besoin à satisfaire" et l'on touche du doigt, souligne Jourdain, dans cette question "l'un des abus les plus criants de la centralisation administrative. Jourdain prédit que la réforme pénitentiaire consécutive à la loi du 5 juin 1875 sera "plus platonique que réelle" et il invite tout simplement l'Etat à reprendre la propriété des prisons!

 

  • Régis Renoncourt.
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