Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #autour de l'authie tag

1841 : il y a 170 ans, le canal de dérivation de l'Authie et la création d'une "île"

18 Août 2016 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #autour de l'authie

Nous avons publié cet article le 9 juin 2011 au tout début de notre blog; nous pensons qu'il est intéressant de revenir sur la création de cette "île", certes peu visible sur le terrain mais beaucoup plus quand on observe un plan d'Auxi.
    AUXI-EN-1810-ET-DEBUT-AUBECQ-016.JPG
 Le plan d'Auxi vers 1810. C'est un extrait du cadastre dit "napoléonien". Le canal de dérivation n'existe pas encore non plus que "l'île". Le cours de l'Authie est sinueux et propice aux débordements et aux crues d'hiver et de printemps au moment de la fonte des neiges   
 
 
Quand on regarde un plan d'Auxi, la présence d'une "île" sur l'Authie nous est familière.
Photo001
 Pourtant, cette "île" n'est pas naturelle et date de 1841, année où les frères Lefrançois ont obtenu l'autorisation par Ordonnance royale, émanant de Louis-Philippe, de créer une dérivation de l'Authie et sur celle- ci d'établir une filature mue par la force hydraulique.
 
Le Comité des travaux publics, de l'agriculture et du commerce du Conseil d'Etat entendu, le roi autorise donc cette dérivation à certaines conditions : le canal de dérivation ne pourra avoir plus de 6 mètres de largeur... ses rives ne pourront être surmontées d'aucune digue susceptible de former barrage et d'arrêter le cours des inondations.
 
Dans toute la partie de la rivière (l'Authie est en réalité un fleuve qui se jette dans la Manche, mais elle est le plus souvent appelée "rivière") comprise entre l'entrée du canal de dérivation jusqu'à son embouchure, le lit ne pourra pas avoir moins de 8 mètres de largeur au niveau des basses eaux...
 
Le fossé des armures, qui sert de décharge aux crues de l'Authie et de canal de ceinture à la ville d'Auxi-le-Château, ne pourra être détourné de manière à ce que son embouchure soit dans le nouveau canal en amont de l'usine. La dite embouchure devra toujours se trouver à l'aval de l'usine (l'amont est du côté de la source, l'aval est du côté de la mer ; par rapport à Auxi, Beauvoir- Wavans est en amont, Willencourt et Le Ponchel sont en aval).
 
Les travaux devront être terminés dans le délai d'un an, et seront exécutés sous la surveillance de l'ingénieur de l'arrondissement (de 1790 à 1926, Saint- Pol-sur-Ternoise est le chef- lieu d'un arrondissement qui comprend 6 cantons, dont celui d'Auxi).
 
Le Ministre secrétaire d'Etat au département des Travaux Publics est chargé de l'exécution de la présente Ordonnance.
 
Pour écrire cet article, j'ai consulté la série 4E des archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.
 
  •      Régis Renoncourt  .  
Lire la suite

Fossé des armures, 1833. Auteur : Régis Renoncourt.

10 Décembre 2015 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #autour de l'authie

J'ai choisi ce document car il parle d'un problème qui traverse toutes les époques de l'Histoire: comment conciler l'intérêt général et l'intérêt particulier.

Le fossé des armures est ainsi dénommé parce qu'on y faisait des toiles ou "armures" ce qui veut dire qu'il était le lieu d'une intense activité artisanale.

Plus tard, il continue d''être une utile dérivation pour réguler les eaux de l'Authie.

Cependant, comme toujours, l'intérêt des particliers se heurte souvent à l'intérêt général.

Au cours de la séance du conseil municipal d'Auxi du 22 février 1833, le maire, Wallart, fait état d'une "pétition" des "bordiers" du fossé des armures demandant que "les plantations soient respectées" et d'une résistance de leur part. Pour justifier l'action du conseil municipal qui consiste à assurer le bon écoulement des eaux, le maire se réfère à ce qui a été fait en 1819, année du précédent curage.

Dans cette Société encore largement rurale, on est en effet plus sensible  qu'aujourd'hui aux traditions et aux précédents.

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives communales d'Auxi; je remercie celles et ceux qui ont permis et facilité l'accès à ces archives.

Régis Renoncourt

 

Lire la suite

Les inondations à Auxi en 1891.

28 Août 2015 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #autour de l'authie

Les inondations à Auxi, en 1841, furent catastrophiques. Celles survenues 50 ans plus tard ne le furent pas moins.

"L'Abeille de la Ternoise" du 16 mars 1947 fait une rétrospective sur ces dernières:

"A Auxi, près de la gare, un pont sur la ligne de Saint-Pol à Abbeville s'écroula et la circulation des trains fut interrompue. On dut organiser un transbordement des voyageurs dans chaque sens. Il en résulta des retards importants. L'eau envahit la ville deux jours durant. Grâce au sang-froid et au dévouement du capitaine des pompiers, monsieur Vandôme, du lieutenant, monsieur Ragneau et du sous-lieutenant, monsieur Delamarre, deux familles composées de 15 personnes parmi lesquelles une aveugle, mère de 5 enfants, furent sauvées.

Pendant un jour et une nuit, les pompiers, sous la conduite de leurs officiers, assistés de monsieur Bassaget, adjoint, ont parcouru les rues, ayant de l'eau jusqu'à la ceinture, pour porter des vivres aux habitants bloqués et réfugiés dans leurs greniers. Plusieurs familles furent transportées dans des voitures hors de leurs maisons; les bestiaux durent être évacués.

Le sieur Oscar Paris, âgé de 23 ans, au péril de sa vie, retira des flots une femme de 60 ans, avec l'aide du sieur Tellier-Robart, venu à son secours avec une voiture.

Plusieurs granges s'écroulèrent dans le fossé des Armures. Le lin et le chanvre entraînés dans ce fossé furent enlevés et les eaux reprirent leur cours.

Pour écrire cet article, j'ai consulté la série g des archives départementales du Pas-de-Calais à Arras.

  • Régis Renoncourt.
Lire la suite

La dépaissance des troupeaux et les "tricheurs" en 1851.

10 Juillet 2015 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #autour de l'authie

 

Traditionnellement, la majeure partie du marais communal d'Auxi sert à la dépaissance des troupeaux des particuliers sous la conduite de bergers; ces propriétaires de troupeaux paient une taxe à la commune selon la quantité et la nature de leurs bêtes.

Mais il y a des "tricheurs".

Au cours de la séance du conseil municipal d'Auxi du 20 octobre 1851, on cite les noms suivants:

  • Louis Dépréaux déclare son cheval comme de labour tandis qu'il est poulain et qu'il a fréquenté le marais tous les jours.
  • Alexandre Courtois déclare son cheval de labour et deux poulains tandis que trois poulains sont allés tous les jours au pâturage.
  • Marie Thorillon déclare deux chevaux de selle et trois chevaux de labour alors qu'en réalité elle a deux chevaux de labour et trois chevaux de selle.
  • La veuve Pernes à Lannoy habite en commun avec son fils et ils déclarent ensemble deux bêtes alors qu'elle a une bête et son fils trois.

On ajoute au réglement l'article suivant : "les bestiaux logeant dans les écuries ou étables d'un chef de maison seront toujours considérés lui appartenir pour la taxe quelles que soient les personnes qui demeureront dans la même maison, à moins que les écuries ne soient distinctes et qu'il soit présenté un bail authentique."

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives communales d'Auxi; je remercie celles et ceux qui ont permis et facilité l'accès à ces archives.

Régis Renoncourt.

 

Lire la suite

La restauration de "l'Mouaison Hulot" en janvier 1979.

27 Mai 2015 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #autour de l'authie

Sous le titre "Dans le cadre des activités du CPIE, la restauration de "l'Mouaison Hulot"", "l'Abeille de la Ternoise" du 13 janvier 1979 indique que des travaux ont été entrepris depuis quelques jours à la maison Hulot à l'occasion de la restauration du siège du Centre Permanent à l'initiation et à l'environnement du Val d'Authie. Subventionnée par l'Etat, cette réalisation permettra aux membres du CPIE de poursuire leurs activités sans de meilleures conditions.

C'est l'entreprise auxiloise Duval et François qui a procédé à l'installation du gros oeuvre, la finition étant également prise en charge par des compagnies auxiloises. 

 

Cet article est accompagné d'une photo: on a du mal à imaginer que la pimpante façade du siège actuel du C.P.I.E. était dans cet état en 1979!

mouaison-hulot-abeille-13-janvier-1979-001.jpg

 

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives du cercle historique.

Régis Renoncourt.

 

Lire la suite

L'arrêté du maire d'Auxi sur la police des marais: 1822.

22 Juillet 2014 , Rédigé par Régis Renoncourt Publié dans #autour de l'authie

 Les marais, très importants le long de l'Authie, tiennent traditionnellement une grande place dans la vie des Auxilois ainsi, bien sûr, que dans celle des habitants des villages de la vallée.

Ils fournissent la tourbe, l'exploitation des bois et aussi le pâturage pour les troupeaux.

En ce qui concerne cette dernière ressource, voici l'arrêté pris par Michel Delienne, maire d'Auxi, le 20 avril 1822 (sous la Restauration, à la fin du règne de Louis XVIII):

"Article 1er: il ne sera admis dans le marais, que des bestiaux de l'espèce de ceux qui ont coutume d'y paître, lesquels seront livrés à des gardiens qui en prendront la charge annuellement par adjudication publique au rabais à raison d'une rétribution par tête dont ils feront le recouvrement eux-mêmes sur les propriétaires des bestiaux.

 

Article 2 : l'animal une fois livré au pâturage et qui n'en aura point été retiré par les ordres de l'autorité en vertu des règlements à ce relatifs, devra la rétribution entière, à moins toutefois qu'il ne soit mort ou n'ait été vendu. 

 

Article 3 : les gardiens seront responsables envers les habitants des accidents qui arriveront par leur faute ou négligence aux bestiaux qui leur seront confiés, ils seront aussi garants envers ceux qu'il appartiendra, des dommages causés aux propriétés d'autrui par les mêmes bestiaux pendant le temps qu'ils leur seront confiés.

 

Article 4 : les bestiaux livrés aux gardiens et reconnus dans le cas de blesser ou endommager les autres, tels notamment que les chevaux entiers, seront reconduits chez leur propriétaire par les dits gardiens qui demeureront tenus de nous en faire à l'instant leur rapport.

 

Article 5 : l'ouverture du pâturage sera déterminé par nous, il en sera donné avis de la manière ordinaire. Depuis cette ouverture jusqu'au 1er juin, les gardiens partiront à 8 heures du matin et reviendront à 5 heures du soir. Du 1er juin au 10 septembre, les gardiens partiront à 4 heures et demie du matin et reviendront à 11 heures du matin, ils retourneront à 2 heures de l'après-midi pour revenir à 8 heures et demie du soir. Du 10 septembre au 1er novembre, époque de la fin du pâturage, les gardiens partiront à 8 heures du matin et reviendront à 5 heures du soir.

 

Article 7 : les plantations communales seront soigneusement garanties de l'approche et des dégâts des bestiaux par les gardiens.

 

Article 9 : pour favoriser autant que possible les cultivateurs qui désireront avoir le droit de faire paître dans les marais, les dimanche et fêtes, leurs chevaux servant à la culture, il leur sera libre de le faire moyennant la rétribution de 75 centimes par tête                         

 

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives communales d'Auxi; je remercie celles et ceux qui ont permis et facilité l'accès à ces archives.

 

Régis Renoncourt.

Lire la suite

Le grand pont sur l'Authie et le drame de 1819.

16 Juillet 2014 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #autour de l'authie

Le 20 avril 1819, le grand pont sur l'Authie à Auxi (c'est d'ailleurs le seul puisque le Pont Neuf ne sera construit que dans les années 1860) s'écroule un jour de marché.

Depuis longtemps, il n'était pas en bon état et demandait à être réparé, voire reconstruit. Ainsi, en 1804, le 4 vendémiaire an 12, on demande à deux charpentiers d'évaluer les travaux qui ont été faits récemment sur ce pont.

Dans sa séance du 26 janvier 1810, le conseil municipal se fait plus pressant et plus précis: "le pont actuel menace ruine; il y a tout lieu de craindre qu'après la débâcle de la gelée actuelle, s'il n'est pas emporté par les glaces (celles-ci se forment probablement à partir des retenues d'eau des moulins qui sont à moins de 200 mètres en amont du pont), il soit tellement ébranlé et disjoint qu'il ne soit plus possible d'y passer en voiture". Le conseil municipal propose de le reconstruire en neuf, sans magnificence (ce qui veut probablement dire "en tirant les prix au maximum"), un pont solide et d'une seule arche s'il est possible en maçonnerie.Le maire demande à l'Inspecteur des bâtiments civils de dresser les devis. Il ajoute que, d'après les crues d'eaux qui sont très considérables, les glaces venant heurter le pont avec une plus grande violence, il est nécessaire pour éviter cet inconvénient majeur et pour sa plus grande durée qu'il soit élevé au-dessus des plus forts débordements sans nuire néanmoins à l'accès des maisons qui l'avoisinent.

En juin 1810, les devis sont là: 16 560 francs pour le pont en grés auquel il faudrait ajouter le prix d'un pont provisoire soit 1 500 francs. Mais, note-t-on, il serait plus coûteux encore de passer soit par Wavans soit par Willencourt. La dépense est proposée au budget de 1813 puis au budget de 1815 pour une somme de 18 000 francs. Mais les événements politiques (chute de l'Empire et Restauration de la Royauté) ne sont sans doute pas étrangers au maintien du statu quo.

Ce drame du 20 avril 1819 qui ne fait d'ailleurs pas de victime grave est un bel exemple de pesanteur bureaucratique et de non réactivité aux besoins réels des gens.

Le 31 janvier 1817, le sous préfet de Saint Pol (Saint Pol est sous préfecture de 1790 à 1926) avait sollicité du préfet du Pas-de-Calais l'envoi d'un ingénieur des Ponts et Chaussées à Auxi pour préparer le devis de reconstrution du pont. Presqu'un an plus tard, le 9 décembre 1817, il réitère sa demande.

Dans une lettre du 9 janvier 1818, l'Ingénieur en Chef juge les deux devis fournis fort insuffisants pour une prévision de dépense de 8 000 francs.

Le sous préfet de Saint Pol, le 25 mai 1818, alerte le Préfet sur l'urgence de la situation : "le pont, dit-il, qui est une communication importante du Pas-de-Calais à la Somme, menace ruine. L'Ingénieur en chef, ajoute-t-il, n'ayant pu, vu son changement, s'occuper de ce plan et du devis estimatif, les notes qu'il a dû laisser à son successeur restent enfouies dans les cartons.

Le 15 décembre 1818, il se fait plus pressant. Il note: "le maire d'Auxi-le-Château est harcelé par les habitants parce que l'on craint que le pont, qui menace ruine depuis plusieurs années, venant à s'écrouler, les communications soient interrompues entre les deux parties du bourg et aussi entre la Picardie et l'Artois (à noter que l'on parle encore des anciennes provinces alors que les départements du Pas-de-Calais et de la Somme existent depuis presque 30 ans)...La fonte des neiges pourrait entraîner le pont et il en résulterait vraisemblablement quelque malheur, outre l'inconvénient d'une longue interruption de communication..."

Dans sa séance extraordinaire du 20 avril 1819, le conseil municipal d'Auxi demande un accord extraordinaire du préfet pour pouvoir ouvrir immédiatement un crédit de 300 francs et l'autorisation de faire les réparations urgentes dans les trois jours. Il demande aussi que le préfet donne son autorisation pour l'adjudication de l'ensemble du projet. Le lendemain, le sous préfet de Sint Pol transmet, avec son accord, la demande au préfet du Pas-de-Calais.

Ce même 20 avril 1819, selon le procès-verbal dressé par le juge de paix et le maire, jour de marché donc de grande affluence, le pont s'écroule en grande partie dans l'Authie, huit personnes tombent et sont retirées "sans danger pour leurs jours", deux adolescents étant légèrement blessés.

Dans une lettre très explicite envoyée le 21 avril 1819, au lendemain de la catastrophe, le sous préfet de Saint Pol rappelle au préfet quelles sont les causes du retard apporté à la reconstruction de ce pont, sollicitée depuis tant d'années: les formes exigées pour l'autorisation de faire la dépense; la lenteur de la réponse de l'ingénieur des Ponts et Chaussées de Saint Omer qui a mis 15 mois entre l'acceptation de s'occuper du dossier et la fourniture du devis. Le magistrat de Saint Pol craint que" quelque personne officieuse"( fait-on allusion à d'anciens bonapartistes ou à des "libéraux"?)  saisisse cettte occasion pour attaquer l'administration. Il souhaite que le maire d'Auxi, Michel Delienne,  puisse être autorisé à procéder tout de suite à l'adjudication

En marge de la lettre précédente, le préfet écrit: "le 23 avril (1819) envoyé les plans, devis et détails estimatifs au Ministère. Le même jour (ai) écrit au sous préfet de Saint Pol pour l'en informer et le prévenir que le préfet autorise le maire d'Auxi à dépenser 300 rancs pour rétablir les communications, lesquels seront remboursés par l'adjudicataire des travaux de reconstruction".

Un mois plus tard, le 28 mai 1819, le préfet écrit au ministre de l'Intérieur pour lui dire que le maire d'Auxi l'a alerté sur le fait que les communications sont interrompues pour les voitures entre les deux parties du bourg; il ajoute que si l'autorisation de reconstruction du pont n'arrive pas incessamment, il deviendra impossible d'y travailler cette année (1819) et qu'ainsi pendant l'hiver toutes les communications seront interrompues entre les deux rives. Il joint à sa lettre les pièces relatives à cette affaire (que lui avait fournies le sous préfet de Saint Pol) et demande de statuer le plus tôt possible. Le 27 juillet 1819, le ministère de l'Intérieur autorise l'adjudication. 

L'adjudication a lieu le 23 août 1819. Cependant, l'adjudicataire écrit au préfet le 24 août pour lui signaler une irrégularité. Alerté, le sous préfet de Saint Pol écrit au préfet pour lui signaler qu'à son avis le jugement de cette réclamation n'appartient pas à l'administration. Le 8 septembre 1819, le préfet déclare l'adjudication régulière.

Le 21 mai 1820, le sous préfet de Saint Pol écrit au préfet pour lui annoncer que la commune d'Auxi demande l'autorisation d'intenter un procès à l'adjudicataire qui néglige de terminer les travaux. Le sous préfet allègue le fait que le pont provisoire "menace ruine", que les transports ne peuvent être interrompus pendant la durée des travaux et demande que l'on procède à une nouvelle adjudication. D'autre part, il considère que l'ingénieur des Ponts et Chaussées de Saint Omer n'a rien fait pour accélérer les travaux. Il joint la lettre du dit ingénieur du 2 octobre 1819 et estime que, depuis, la reconstruction du pont est en souffrance.

Le 1er juin 1820, le préfet, dans sa réponse au sous préfet de Saint Pol, estime que la municipalité d'Auxi" aurait dû agir depuis longtemps", qu'elle n'a pas besoin de l'autorisation de l'ingénieur des Ponts et Chaussées, qu'elle peut choisir, pour la surveillance des travaux qui elle désire.

Le 23 mars 1821, on propose une indemnité au sieur Colpart, riverain. Suite aux travaux du pont, dit-on, son mur doit supporter un plus grand volume d'eau.

Les archives ne nous apportent pas davantage de précisions tout au moins dans l'état actuel de nos recherches.  

 

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives communales d'Auxi; je remercie celles et ceux qui ont permis et facilité l'accès à ces archives. J'ai aussi consulté la série M des archives départementales du pas-de-Calais à Dainville.

Régis Renoncourt.

Lire la suite

Un mémoire présenté au CPIE en 1986.

28 Juin 2014 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #autour de l'authie

Le samedi 13 décembre 1986, en la salle des fêtes d'Auxi, deux étudiants de l'Université de Lille III présentent un mémoire qui consiste en un inventaire des connaissances existantes sur la vallée de l'Authie et une étude des potentialités touristiques et des dégradations que subit l'environnement paysager.

Cet exposé n'est toutefois qu'une "répétition générale" devant un parterre d'experts et d'élus locaux avant l'examen effectif à Villeneuve d'Ascq.

Les deux étudiants sont Olivier Deruelle et Odile Houbron représentés sur l'une des photos.

Sur l'une ou l'autre des deux photos figurent Pierre Leroy, Pierre Dufétel, Henri Dejonghe, du CPIE; Roger Pruvost, conseiller général, Jean-Pierre Déalle-Facquez, maire d'Auxi;  Bernard Clair, 2ème adjoint au maire d'Auxi.

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives du cercle historique.

Régis Renoncourt.

Lire la suite

L'Authie comme frontière (2ème suite).

31 Mars 2014 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #autour de l'authie

abeille

 

"Pendant longtemps, il y eut des discussions, des provocations, des querelles, des haines, des voies de fait...

De guerre lasse, et pour obtenir la paix entre ces frères ennemis, un décret de l'Assemblée Nationale du 24 juin 1791 ordonna la séparation des deux quartiers antagonistes. La tranquillité se rétablit pour un temps. Mais les Artésiens eurent le dernier mot. Un décret du 11 janvier 1793 rétablit une seule commune et une seule municipalité. Ce fut une désolation nouvelle pour les Picards de la rive gauche.

Ils adressèrent leurs plaintes aux administrateurs du département, à Amiens, ce qui prouve bien qu'il y eut un Auxi département du Pas-de-Calais et un Auxi département de la Somme (c'est évident et des centaines de documents le montrent). Les dits administrateurs transmirent ces plaintes à la Convention Nationale en les appuyant et demandèrent la réintégratin des plaignants dans le département de la Somme (ici, je crois bien d'ajouter mon hypothèse qui résulte de l'étude détaillée de la période révolutionnaire que nous avons faite au cours de l'année du bicentenaire: d'une part, en 1793, avec les Jacobins au pouvoir, l'heure est à la centralisation; d'autre part, un "sans-culotte" est très actif: il s'agit de Pierre Dyvincourt qui a l'oreille de Lebon donc de Robespierre).

Enfin, le temps se chargea d'apaiser rancunes et colères. Les habitants des deux rives ennemies se réconcilièrent et vécurent en paix (on peut dire qu'au niveau des dirigeants, celui qui joua le rôle principal à la fin de la Révolution et sous l'Empire était Sulpice Duboille, un habitant de la partie picarde, ce qui contribua probablement à apaiser les esprits).

Auxi-le-Château, avec tout son territoire, fut entièrement rattaché comme chef-lieu de canton au département du Pas-de-Calais, entretenant néanmoins avec les villes et villages du département de la Somme les meilleures relations.

 

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives du Cercle historique.

Régis Renoncourt.

abeille

Lire la suite

L'Authie comme frontière (suite).

31 Mars 2014 , Rédigé par régis renoncourt Publié dans #autour de l'authie

abeille

 

"Les habitants du quartier artésien, supérieurs en nombre, furent représentés au sein du Conseil Général (c'est le nom que l'on donnait alors au conseil municipal) dès les premières élections de 1790 (des recherches plus précises qui ont été faites à l'occasion du bicentenaire de la Révolution ont montré qu'il avait dû y avoir des tractations entre les deux parties de la nouvelle commune afin d'obtenir un équilibre dans l'attribution des sièges).

Il s'emparèrent des biens communs de la partie de la ville ci-devant en Picardie (en fait, la plupart des ressources sont du côté Picardie: ce sont les arbres, les pâturages, la tourbe alors que la plus grande partie des besoins est du côté de l'Artois puiqu'il y a plus d'habitants).

Il firent transférer sur les places et placettes de la rive droite les marché qui, de temps immémorial, s'étaient tenus dans le quartier de la rive picarde.

Ces mesures exaspérèrent les Picards d'Auxi qui se soulevèrent; il fallut avoir recours à la force armée pour rétablir l'ordre; il y eut une échauffourée au cours de laquelle un citoyen fut percé d'un coup de baïonnette (le récit détaillé que nous avons retrouvé dans les archives communales a été retranscrit sur ce blog).

A suivre...

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives du Cercle historique.

Régis Renoncourt.

abeille

 

 

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>