J'ai déjà publié les rapports concernant les écoles de Fontaine l'Etalon, Tollent et Vaulx dont la visite est confiée au même délégué.

C'est un autre délégué qui est chargé de visiter les écoles d'Auxi et de Wavans. Voici ce qu'il dit:

"Le dernier compte-rendu présenté à la délégation cantonale sur les écoles qui me sont spécialement attribuées constatait la bonne tenue de ces écoles; l'exactitude, le savoir-faire des maîtres; des progrès réels mais trop peu accentués de la part des élèves à cause surtout de leur peu d'assiduité dans les classes. Cet état de choses est resté le même. Les maîtres sont, comme par le passé, capables, dévoués, pleinement à la hauteur de leur délicate mission. Ils sont respectueux, convenables envers les autorités locales, envers les parents de leurs élèves; ils jouissent de l'estime, de la considération publiques.

Dans les élèves plus jeunes, qui fréquentent assidûment l'école, nous avons constaté de sensibles progrès. Ainsi, nous avons rencontré des enfants de cinq, six et sept ans sachant bien lire, écrire, connaissant les éléments de calcul, les premières notions de la grammaire, bien avancés sur l'instruction religieuse. Le malheur, c'est que cette exactitude n'est que momentanée; l'enfant, dès l'âge de dix ans, est réservé pour la garde du bétail, pour la garde des jeunes enfants, souvent même pour des motifs tout à fait futiles. Il en résulte que, dans les années les plus favorables à son instruction, l'enfant est soustrait à l'école et qu'il oublie même les notions qui lui étaient devenues familières dans un âge moins avancé. Partout les maîtres se plaignent de ces absences répétées, nullement nécessaires; il y aurait là de quoi les décourager s'ils n'étaient bien convaincus de l'importance de leur mission.

Nous avons constaté dans chaque classe une première division relativement faible. Quel moyen de faire des élèves capables avec des enfants forcés d'employer un mois et même deux sur 4 ou 5 pour réapprendre ce qu'ils ont oublié pendant une absence prolongée sans raison.

Nous nous bornons à ces indications générales. A l'époque de notre visite dans les écoles, fin novembre, les classes étaient au complet. Les plus grands élèves, à peine rentrés, travaillaient à se remettre au courant des matières déjà apprises. Nos questions sur la grammaire, sur l'arithmétique, sur la géographie, bien que fort simples, les mettaient dans l'embarras; ils avaient besoin de revoir ces matières oubliées pendant leurs longues vacances.

Nous avons déjà dit que, dans les divisons inférieures, les jeunes élèves nous avaient pleimement satisfaits. Nous ne donnerons aucun détail, l'enseignement étant nécessairement peu varié dans ces divisions élémentaires.

En terminant, nous émettons le voeu que les parents, mieux pénétrés de leurs devoirs, fassent preuve de sacrifices afin de ménager à leurs enfants les moyens de fréquenter assidûment l'école et de leur procurer par là une instruction solide et une bonne éducation.

Nous avons constaté avec plaisir qu'à l'école des filles d'Auxi-le-Château, le mobilier scolaire s'est enrichi de six cartes murales pour l'enseignement de la géographie et du système métrique. Nous en reportons l'honneur et le mérite  sur l'administration municipale qui a fort à coeur l'instruction populaire; puisse-t-elle, par ses efforts et ses démarches, hâter la reconstruction de l'école des garçons dont l'urgence est admise de tous et compléter ainsi heureusement la série de nos établissements scolaires. 

Nous sommes quelques années seulement avant l'instauration de l'école obligatoire par Jules Ferry. On comprendra peut-être mieux, à la lecture de ce rapport, l'importance des grandes lois sur l'instrution des années 1880.     

 

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives communales d'Auxi.

Régis Renoncourt                                               

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