De Nicolas Wimart (1676-1734), nous savons plus de choses que sur son père Nicolas et son oncle François. Les registres de catholicité sont mieux tenus et surtout nous disposons aux Archives Départementales du Pas-de-Calais d'une source précieuse: celle des archives des notaires à partir de 1694.

Nicolas Wimart est donc né le 10 mai 1676, au début du règne de Louis XIV, probablement rue de Wavans (actuelle rue du général de Gaulle), à Auxi, de Nicolas Wimart, menuisier-sculpteur, et Catherine Lenglet. Il est menuisier-sculpteur lui aussi. Il est très fréquent, à l'époque, que l'on fasse le même métier que son père, surtout si celui-ci implique un savoir-faire. Comme son père et son oncle, il signe avec assez d'aisance pour que l'on puisse penser qu'il a fait quelques années d'études, probablement à l'école d'Auxi où il dû apprendre à lire, écrire, compter.Orphelin de père et de mère, il se marie, relativement jeune pour l'époque, le 5 novembre 1698, avec Isabeau de Willencourt, fille d'un marchand auxilois. Il a trois enfants survivants. Veuf le 11 novembre 1710 (sa femme est-elle victime du terrible hiver 1710-1711 ou bien meurt-elle des suites de son accouchement?), il se remarie le 26 mars 1711 avec Isabelle Darras, fille d'un marchand cordier auxilois. Il en a 4 enfants survivants. Il est de nouveau veuf, Isabelle Darras décédant le 1er août 1723. Lui-même décède le 30 avril 1734 dans sa 58ème année.

Quand il naît,  la partie "Artois" d'Auxi est française depuis 17 ans (1659), Louis XIV a entamé son règne personnel depuis 15 ans (1661), il a 7 ans quand Colbert meurt, 19 ans quand meurt La Fontaine et 39 ans quand meurt Louis XIV. Sa seconde épouse décède l'année où Louis XV entame son règne personnel (1723).Nicolas Wimart n'est pas un notable local mais il présente deux particularités qui, pour nous, ne sont pas négligeables.

D'abord, sa vie familiale est assez complexe et plutôt conforme, d'ailleurs, aux caractéristiques démographiques de son époque: son père, devenu veuf, s'est remarié et il est le fils du deuxième lit, ce qui implique quelques règlements successoraux; il est lui-même veuf et se remarie, il a aussi des enfants des deux lits: là encore, nous aurons des documents qui jalonnent les diverses situations.

Ensuite, Nicolas Wimart, s'il n'est pas riche, n'est pas pauvre non plus. Il fait ce que l'on fait, à son époque, quand on a un peu d'économies: on les place en achat de terres et /ou de maisons qu'on louera pour se faire un rapport. Cette situation génère, elle aussi, des documents notariés. Il épouse deux filles de marchands que l'on peut supposer comme étant de son milieu.

Dans cette petite biographie, nous trouverons donc des choses très intéressantes sur la vie d'un auxilien "ordinaire" à l'époque de Louis XIV et de Louis XV. Mais le type de documents limitera forcément la nature de notre propos: nous ne savons rien du physique de Nicolas Wimart ni de sa psychologie.

En outre, nous n'avons pu retrouver certains documents dont l'existence passée nous est prouvée par des textes ou par d'autres documents: ainsi, nous ne connaissons pas la teneur de son contrat de mariage avec sa seconde épouse, Isabelle Darras, en 1711. Force nous est de nous accommoder de ces limites   

 

Pour  écrire cet article, nous avons consulté les archives communales d'Auxi et les archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.                                                                                 

 

  •      Régis Renoncourt.
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