En plein milieu du règne de Louis XIV, le "Roi Soleil", deux "étés pourris" entraînent une grave crise "frumentaire" (c'est-à-dire d'approvisionnement, en particulier en blé donc en pain, nourriture de base surtout chez les pauvres) qui se traduit dans les registres de catholicité par une crise démographique. 

On recense 338 décès en deux ans pour une population qui probablement ne dépasse guère 2 000 habitants. Encore s'agit-il sans doute d'un minimum car une double page blanche non barrée ni collée à la précédente, entre le 7 mai et le 19 mai 1693, peut laisser supposer que le prêtre (c'est lui qui tient les registres de catholicité jusqu'à la Révolution de 1789), débordé ou malade, n'a pas enregistré tous les actes: il n'y a, officiellement, que 6 décès en mai alors qu'il y en a 17 en février, 20 en mai, 9 en avril, 11 en juin et 14 en juillet. 

Les deux frères Wimart, François et Nicolas (ceux qui probablement ont fabriqué la chaire et les confessionnaux de l'église, voir article précédent) paient un lourd tribut à cette crise démographique. Isabelle Leucque, femme de François, meurt le 7 mai 1693. Nicolas Wimart décède le 31 août 1694, quatre jours après son épouse en secondes noces, Catherine Lenglet. François perd son fils Nicolas âgé de 12 ans le 11 février 1695 et son fils François âgé de 17 ans le 20 août 1695. Ce dernier est enterré dans le cimetière d'Auxi "en présence de son père et autres parents" note le curé.

Il reste à François son fils cadet, Adrien, qui est l'ancêtre des Auxilois actuels qui portent le nom de Wimart et aussi de beaucoup d'autres qui ne portent pas le nom de Wimart.

François assiste au mariage de sa nièce Antoinette, fille d'un premier mariage de son frère Nicolas, avec Jean Grienche, boucher auxilois, deux fois veuf, le 11 avril 1695. Françoise, soeur d'Antoinette, s'est mariée le 15 février 1695. La vie reprend son cours. Des enfants naîtront très probablement de ces unions ou, comme on dit à l'époque, de ces "conjonctions".                                                                                                     

 

  • Régis Renoncourt.
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