Cet article a déjà été publié le 25 juin 2011 au cours du premier mois de notre blog; il concerne une vieille famille auxiloise, celle des Bordeux, et aborde un sujet important à une époque où il est fréquent de mourir jeune avec des enfants en bas âge.

 

Louis Bordeux meurt le 19 septembre 1814 (article déjà publié). Le 21 septembre a lieu un "tribunal" (conseil) de famille devant le juge de paix (la justice de paix a existé de 1790 à 1958 : c'est le tribunal local qui siège au chef-lieu de canton) pour donner un tuteur au jeune Jean-Baptiste Bordeux alors âgé de 17 ans.

Sont donc présents le juge de paix et son greffier.

Comparaissent également:

  • André Bailly marchand à Saint-Pol-sur-Ternoise, beau-frère de Jean-Baptiste Bordeux, époux de Clotilde Bordeux.
  • Nicolas Lecul marchand de tourbe à Flixecourt, bel-oncle, époux de Marie-Françoise Bordeux.
  • Charles Bordeux marchand épicier à Flixecourt, oncle de Jean-Baptiste Bordeux.

(Flixecourt et la commune d'origine de Louis Bordeux, voir un des précédents articles).

Tous trois appartiennent à la famille paternelle de Jean-Baptiste Bordeux.

 

Sont là également:

  • Antoine Petit propriétaire à Auxi-le-Château, petit cousin de Jean-Baptiste Bordeux, époux de Marie-Anne Margry (la grand-mère maternelle de Jean-Baptiste Bordeux s'appelle Isabelle Margry).
  • Nicolas Pernes cultivateur à Auxi-le-château (Lannoy)
  • Adrien Philippe Wimart huissier royal à Auxi-le-Château.
  • Ces deux derniers sont des "voisins et amis" pris à défaut de parents du côté maternel.

Tous sont majeurs et "usant de leurs droits". Ils sont là pour nommer un tuteur qui gérera et administrera les biens de Jean-Baptiste Bordeux "en toutes circonstances généralement quelconques"   et aussi un subrogé tuteur pour défendre ses intérêts toutes les fois qu'ils pourront se trouver en opposition avec ceux de son tuteur.

Ils prêtent serment de "bien et fidèlement procéder à ces deux élections".

Après avoir "mûrement délibéré", ils nomment "unanimement" le frère aîné de Jean-Baptiste Bordeux, Louis Bordeux, marchand à Auxi-le-Château, comme tuteur et Jean-Baptiste Becquet marchand épicier à Auxi-le-Château comme subrogé tuteur (il est cousin maternel de Jean-Baptiste Bordeux au 5ème degré).

Louis Bordeux et Jean-Baptiste Becquet déclarent alors avoir "pour agréable le choix fait de leurs personnes" et acceptent la tutelle à eux déférée par les délibérants. Ils prêtent le serment de "bien et fidèlement remplir les devoirs attachés" à ces fonctions à la charge de faire faire un inventaire fidèle et exact des biens composant la succession mobiliaire du défunt Louis Bordeux, en un mot de se conformer à tout ce que prescrivent les lois en pareil cas (en septembre 1814, nous sommes à quelques mois du retour des Rois Bourbons sur le trône, ce qu'on appelle la Première Restauration et l'un des acquis de la Révolution c'est que l'on parle désormais de "loi" et non plus de "coutume" comme sous l'Ancien Régime). Ils s'engagent aussi à "rendre un compte sincère et fidèle de leur gestion et administration à l'expiration de leurs fonctions".

Le tout fait dans la maison mortuaire de Louis Bordeux sur la place du marché.

Un semblable "conseil de famille" est très courant à une époque où on meurt encore relativement jeune avec des enfants mineurs.

 

Pour écrire cet article, j'ai consulté la série 4E des archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.                                                                             

 

  •      Régis Renoncourt. 
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