Le 9 thermidor an II (27 juilet 1794), c'est l'élimination et la mort des chefs de la Montagne parmi lesquels l'Arrageois Maximilien Robespierre et le Fréventin Philippe Lebas.

A Auxi-la-Réunion (nom que porte notre commune depuis le début de 1793 suite à la fin de l'épisode de la séparation en deux municipalités qui a duré d'octobre 1791 à février 1793), cet événement ne suscite apparemment pas de mouvement particulier. On s'occupe beaucoup, en cette période, du recensement des chevaux et de l'alimentation de la salpétrière en bois car la guerre continue de faire rage sur la frontière nord quoique la victoire de Fleurus, en Belgique, le 8 messidor an II (26 juin 1794) ait contribué à détendre la situation. Probablement s'affaire-t-on aussi à la moisson car il faut approvisionner le front et les civils et l'agriculture manque de bras, beaucoup de jeunes étant à l'armée : le 22 thermidor an II ( 9 août 1794), des citoyens cultivateurs se plaignent du manque de main-d'oeuvre.

Ceux qui ont contribué à la chute de Robespierre et que l'on appelle les Thermidoriens se montrent "libéraux" tant en politique qu'en économie. A Auxi, les détenus arrêtés en l'an II sont libérés de l'été 1794 à l'hiver 1794-1795. Parallèlement, les membres du Comité de Surveillance sont pris à partie tant par la municipalité que par la Société Populaire. Le Comité est dissout en fructidor an II (début septembre 1794).

Mais l'attaque en règle contre "les anciens terroristes, amis de Joseph Lebon" a lieu au cours de la séance du Conseil Général (conseil municipal) du 25 floréal an III (14 mai 1795). On sait qu'à Paris, le 12 germinal an II (1er avril 1795), les sans-culottes (révolutionnaires radicaux) ont envahi la Convention en réclamant du pain et la démocratie c'est-à-dire  la Constitution montagnarde de l'an I. Ces événements où la Convention a finalement le dessus peuvent expliquer l'offensive locale contre ceux qui, en l'an II, se sont compromis avec les robespierristes.

Le 23 germinal an III (12 avril 1795), la municipalité est réorganisée par le représentant (député) en mission Florent-Guyot: Léon Boistel redevient maire.

Sur-le-champ, Jean Treuet, commandant de la garde nationale, accusé d'avoir éprouvé un "plaisir secret" en opérant les arrestations de l'an II, est désarmé.

Le 7 prairial an III (26 mai 1795), les derniers "terroristes" que Florent-Guyot avait gardés dans la municipalité (par exemple Ferdinand Quillet) sont désarmés et remplacés par un "revenant", Sulpice Duboille, un inconnu, Bocquillon, un jeune qui occupera diverses fonctions par la suite, Baillencourt dit Courcol.

Il n'y a aucune épuration brutale, cependant, et aucun des éliminés du printemps 1795 n'est définitivement mis hors du jeu politique.      

 

 Régis Renoncourt                                       

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