Sous l'Ancien Régime, on le sait, la levée des impôts ne se fait pas, comme aujourd'hui, par l'intermédiaire de fonctionnaires mais selon le système de la "ferme"; l'adjudicataire donne une certaine somme à l'Etat et se charge ensuite de lever les impôts. Droits seigneuriaux et droits ecclésiastiques se perçoivent eux aussi, le plus souvent, selon le même principe.
Ainsi, le 4 juillet 1696, "vénérable et discrète personne", maître Jean Roussel, prêtre curé de Wavans, renouvelle à Antoine Quesnoît, laboureur à Wavans et à Jeanne Garest, son épouse,  les droits de dîmes dans les terres et les champs sur le territoire de la cure, côté d'Artois seulement.
Le bail est de trois, six ou neuf ans, au gré des parties avec préavis de six mois s'il y a résiliation au bout de trois ou six ans.
La première "récolte" (perception) sera faite en août.
Les preneurs paieront 186 livres par an en trois termes égaux de 62 livres chacun payables à Noël, à la Chandeleur et à Pâques. Les preneurs acquitteront les impôts sans diminution de "rendage" (redevance) sauf 33 sols 6 deniers (une livre=20 sols; un sol=12 deniers) pour chaque centième (unité d'imposition) de la maison presbytérale qui resteront à la charge du bailleur.
En outre, à la Saint-Rémy, les preneurs livreront un setier de pamelle (orge de printemps à deux rangs de grains) mesure d'Auxi soit 211 litres d'après l'abbé Vitasse (un pot d'Auxi=2,674 litres; un setier=79 pots) et un setier d'avoine, même mesure.
Si la grêle vient à endommager les "dépouilles" (récoltes) sujettes à la dîme, les preneurs seront tenus de dresser un procès-verbal à leurs dépens et de visiter les grains en présence du bailleur pour ensuite être réglés conformément à l'Ordonnance (des autorités supérieures) qui pourrait intervenir. Un procès-verbal pourra aussi être dressé si les preneurs quittent le "bénéfice" par "accident de mort" de l'un d'eux ou "par autre manière". 
Pendant le bail, les preneurs auront l'usage d'une grange, à Wavans, près du presbytère, en face de l'église (pour y mettre les récoltes, la dîme étant payée en nature).
Ils promettent de ne rien "innover" ni entreprendre sans en avertir le bailleur.
Le même jour, maître Jean Roussel baille à Michel Garest, laboureur à Wavans et à son épouse, Nicole Doublet, les droits de dîmes novales qui se perçoivent dans tous les enclos de la paroisse côté d'Artois ainsi que les dîmes de laine qui se perçoivent sur l'étendue de la paroisse côté Artois.
Le bailleur se réserve les dîmes de foin sur les prés du Seigneur de Monchaux, ainsi que les dîmes de poulets, cochons et autres volailles.
La "récolte" de ces dîmes pourra se faire tout de suite pour les dîmes de laine et en août pour les dîmes novales (après la moisson).
Les preneurs paieront 82 livres par an en deux termes égaux à Noël et à Pâques.
Les autres clauses sont les mêmes que celles du bail précédent.                                    
 
  •      Régis Renoncourt .
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