En l'absence de crédit organisé, la forme la plus courante, tout au moins dans les campagnes, est la rente: ainsi les parents de Jeanne Thérouanne ont reçu, le 18 mars 1700, de Lefebvre, tailleur d'habits à Bachimont, une somme de 100 livres. Ils lui ont donc constitué une rente au capital de 100 livres. Le paiement des intérêts ne diminue pas le montant de la rente à rembourser.

A la mort de ses parents, Jeanne Thérouanne et son frère cadet "héritent" de la rente et, en outre, d'un arrérage d'intérêts de 6 livres 5 sols. Pour se libérer de cet arrérage, Jeanne Thérouanne va donner à son créancier la jouissance; pour un an, de trois quartiers de terre, soit un peu plus de 3 000 m2. Cette terre est en mars (avoine ou seigle) et en jachères, alors que la terre voisine, qui reste à Jeanne Thérouanne, est avestie (semée) en blé. Nous avons ici, en résumé, le système de l'assolement triennal.

Si les bailleurs veulent vendre à Lefebvre la parcelle pour racheter la rente, ils pourront le faire mais ils devront rembourser à celui-ci "les amendements, améliorations et autres mises s'il s'en trouve".

 

Pour écrire cet article, j'ai consulté la série 4E des archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.

Régis Renoncourt.

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