Le nombre de vaches et de bêtes à cornes est relativement bas si on le compare à la situation actuelle. La plus grosse ferme de Haut-Mainil a 20 vaches, celle du Hermel à Fillièvres a 20 vaches également. La ferme Wallart à La Neuville compte 10 bêtes à cornes, celle de Thérouanne à Lannoy 10 bêtes à cornes, celle du Planty 12 bêtes à cornes. A Boffles, le nombre de bêtes à cornes ne dépasse pas 6, à Buire-au-Bois le maximum se situe à 12.
Par contre, les grosses fermes se livrent à l'élevage du mouton: la ferme Wallart compte 105 bêtes à laine, la ferme Thérouanne 125. Les 4 plus grosses fermes de Buire-au-Bois élèvent de 100 à 150 bêtes à laine. La ferme Dupuich à Haut-Mainil élève 200 bêtes à laine. La ferme du Hermel à Fillièvres élève également 200 moutons.
Les grands fermiers sont naturellement bien placés pour l'exercice des fonctions publiques locales et l'on a pu parfois parler de "fermocratie": Pierre Wallart à La Neuville est officier municipal et administrateur du district de Montreuil pendant la Révolution. Le fermier du Hermel qui n'est autre que le fils de l'ancien fermier du château d'Auxi (la famille Trogneux qui ensuite possédera le château de Maizicourt) est maire de Fillièvres. Alexandre Dupuich est maire à Haut-Mainil en 1810, Démarest est maire à Vaulx en 1810.
S'il ne dépendent pas des autres, fermiers et "laboureurs" placent souvent sous leur coupe les autres ruraux. Les inventaires après décès font souvent apparaître, soit en dettes actives, soit en dettes passives, les arrérages dûs pour labours. Ainsi , un laboureur de Mézerolles qui possède une jument, une pouliche, une vieille jument "hors d'âge", un poulain et une bourrique a des dettes actives provenant de labours sur trois ménages du même village qui ont fait appel à ses services. Parfois, comme le font apparaître d'autres documents, le ménager s'engage à payer en travaux le labour de son lopin de terre.  
L'étude des baux nous livrerait d'autres renseignements intéressants concernant les pratiques rurales. Celle des inventaires après décès entrouvrirait pour nous la porte sur la vie quotidienne de nos ancêtres.
Cette petite série d'articles sur nos villages au XIXème siècle ne prétend nullement à l'exhaustivité mais pourrait, en toute modestie, servir d'introduction à de plus amples développements.                                                                                                        
 Pour écrire cet article, nous avons consulté les archives communales d'Auxi et les archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.
  •      Régis Renoncourt  
 
 
 
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