Nous continuons aujourd'hui notre série d'articles sur les villages des environs d'Auxi au XIXème siècle avec un morceau de choix: les activités agricoles.

Les villageois les plus nombreux sont évidemment les agriculteurs. Comme le rappelle la présentation du recensement de 1851, on reconnaît en général cinq classes de cultivateurs: les propriétaires-cultivateurs, les fermiers, les métayers ou colons, les journaliers, les domestiques attachés à l'exploitation.Dans nos régions, cependant, on ne trouve guère la 3ème catégorie. Par contre, le ménager qui travaille sa terre une partie de son temps et loue sa force de travail le reste du temps peut être considéré comme un intermédiaire entre le fermier et le journalier qui, lui, sans être attaché à l'exploitation, est un ouvrier agricole.

 

La barrière entre une catégorie et une autre n'est pas toujours bien nette. Le laboureur est celui qui possède au moins un train de charrue, c'est-à-dire une charrue et plusieurs chevaux. En 1810, il y a onze fermes recensées comme telles à Auxi. Leur superficie varie de 21 ha à 73 ha. On commettrait cependant une lourde erreur si on comparait ces superficies à celles exploitées actuellement. "Le seuil d'indépendance", si on en croit diverses recherches effectuées sur le sujet, se situe, en effet, autour de 5 à 10 ha, dans nos régions. Sur les onze fermiers, 9 sont propriétaires de leurs fermes et entrent donc dans la 1ère catégorie. Par contre, à Gennes-Ivergny, les 4 fermes appartiennent à des propriétaires qui résident en dehors du village. A Bonnières, qui compte 16 fermes, la plus grande a une superficie de 175 ha. A Buire-au-Bois, la superficie cultivée va de 12 à 120 ha. A Haravesnes, la plus grosse ferme qui exploite 100 ha, appartient à des bourgeois auxilois, les Voisin. A Rougefay, qui compte 7 fermes, la plus grosse exploite 140 ha. A Vaulx, les 5 fermiers sont propriétaires de leur ferme et les superficies cultivées vont de 18 à 78 ha. A Quoeux où les occupeurs ne sont pas les propriétaires, l'écart est plus resserré, de 42 à 53 ha. A Noeux, qui compte 7 fermes, la superficie exploitée varie de 24 à 45 ha.  A Tollent, qui compte aussi 7 fermes, la superficie varie de 6 à 23 ha. Elle varie de 8 à 38 ha à Villers l'Hôpital (17 fermes), de 11 à 48 ha à Wavans (8 fermes), de 4 à 21 ha à Willencourt (12 fermes). D'après les autorités municipales, Le Ponchel compte quelques "propriétaires-cultivateurs" mais pas de fermes. Pas de fermes déclarées non plus à Fontaine-l'Etalon.

 

La valeur locative des fermes varie, elle aussi, dans les mêmes proportions que la superficie mais elle n'est pas toujours exactement foncion de celle-ci. Ainsi, à Buire-au-Bois, une ferme de 62 ha a une valeur locative de 950 francs alors qu'une autre de 64 ha a une valeur locative de 1 300 francs.

On a vu que le cheval et la charrue distinguent, en fait, le fermier dans le monde rural. Leur nombre traduit l'importance de la ferme. A Auxi, la ferme Wallart, de La Neuville, compte 2 charrues et 9 chevaux. La ferme Thérouanne, à Lannoy, compte aussi 2 charrues et 9 chevaux alors que celle du Planty compte 2 charrues et 7 chevaux. Ce sont les trois plus grosses fermes auxiloises en valeur locative (1 600 francs à 2 380 francs). A Wavans, la plus grosse ferme a 2 charrues et 8 chevaux bien qu'elle n'exploite "que" 48 ha. A Willencourt, où les fermes sont plus modestes, toutes possèdent une charrue et le nombre de chevaux varie de 2 à 4. A Buire-au-Bois, la plus grosse ferme compte 10 chevaux. A Bonnières, la plus grosse ferme compte 14 chevaux et 3 charrues. A Fillièvres, la ferme du Hermel, qui est, de loin, la plus importante, exploite 182 ha, a une valeur locative de 4 000 francs et compte 18 chevaux.

Pour écrire cet article, nous avons consulté divers documents des archives communales d'Auxi et des archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.

 

  •      Régis Renoncourt .
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