Les infirmes sont relativement nombreux. Ainsi, Gennes-Ivergny, en 1851, sur 402 habitants, compte deux aveugles, un borgne, un sourd-muet, deux aliénés à domicile, un manchot, huit infirmes divers. Haravesnes (169 habitants) compte trois boiteux, un paralytique, un aveugle, deux borgnes, un infirme "divers" et deux enfants trouvés qui sont assimilés aux infirmes. Le Ponchel (435 habitants) compte un borgne, un goîtreux, deux bossus.

 A Rougefay (252 habitants) seulement un sourd-muet et un bossu. Villers l'Hôpital qui a 611 habitants compte un aveugle, sept borgnes, trois boîteux, un idiot, trois bossus, deux enfants trouvés et possède la particularité d'abriter un Israëlite parmi les trois enfant en nourrice.

On pourrait aussi parler d'infirmité sociale. Comme le précisent en "observations" les organisateurs du recensement de 1851: "Il est des professions dont l'existence même est un délit. Il sera nécessaire cependant de les indiquer, si elles sont exercées notoirement. Ainsi les mendiants, les vagabonds devront être inscrits comme tels dans la colonne des professions". La mendicité est souvent le lot des femmes veuves ou de ceux que la maladie atteint alors que leur existence était déjà précaire. A Vaulx, en 1820, on trouve, parmi les mendiants, un veuf de 67 ans, une veuve de 50 ans et son fils de 20 ans, un couple de 59 ans et 60 ans et leurs deux filles de 14 et 20 ans, une veuve de 74 ans qui vit avec ses trois enfants dont l'aînée qui a 34 ans est elle-même déjà veuve, un couple de 43 ans et 48 ans qui a trois enfants de 5 à 11 ans. En 1851, à Vaulx, on signale un mendiant mais neuf personnes "sans moyens d'existence connus", à Willencourt trois mendiants, cinq à Villers l'Hôpital, vingt quatre à Noeux, seize à Gennes-Ivergny, deux à Boffles, onze à Buire. La disparité des chiffres vient sans doute de la plus ou moins stricte application, par les autorités locales, des consignes que l'on a rappelées ci-dessus. Par exemple, au Ponchel, sur 435 habitants, on ne signale pas moins de 37 indigents et 26 personnes "sans moyens d'existence connus"!

Partout, au cours du XIXème siècle, on s'efforcera d'éradiquer le fléau de la mendicité et, à défaut de pouvoir supprimer la pauvreté ou même la misère, on mettra en place un système d'aide sociale qui ne fera que prendre de l'ampleur au cours du XXème siècle.

 Pour écrire cet article, nous avons consulté divers articles des archives départementales du Pas-de-Calais

  •  Régis Renoncourt .
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