Cet inventaire après décès a lieu le 26 mai 1734 comme il a été dit lors d'un précédent article. Il offre quelques renseignements intéressants. Rappelons d'abord que Nicolas Wimart et son petit-fils Pierre sont morts à 9 jours d'intervalle, peut-être habitaient-ils ensemble puisqu'il n'est jamais question du père lui aussi prénommé Pierre.

Les renseignements concernent d'abord les frais funéraires. Lejeune, curé d'Auxi, demande 14 livres pour l'enterrement, le service, les obsèques et funérailles du grand-père et du petit-fils. Darsin, vicaire, demande 6 livres pour l'enterrement et les services du grand-père et du petit-fils. Soudain, autre vicaire, demande 3 livres 10 sols pour l'enterrement du grand-père et du petit-fils. Il demande aussi 2 livres 10 sols pour un second service pour le grand-père. Le valet d'église demande 6 livres 10 sols et le clocheteur 15 sols (rappelons qu'une livre vaut 20 sols). Cela fait un total de 33 livres 5 sols. 

Les renseignements concernent ensuite les frais de vente des meubles. Les hommes de fief (nommés par le seigneur pour assurer la bonne marche de la seigneurie d'Auxi Artois) demandent 14 livres 10 sols pour l'apposition et le lever des scellés. Le sergent exploiteur demande 6 livres pour les deux jours de criage c'est à dire d'annonce de la vente (cela fait 3 livres par jour ce qui est sensiblement plus élevé que la journée d'un ouvrier que nous avons évaluée à une demi-livre mais le sergent exploiteur a dû acheter son office, c'est à dire le droit d'exercer sa profession). Le marchand des luminaires utilisés au cours de la vente et peut-être aussi des obsèques demande 5 livres. Cela fait donc encore 15 livres 10 sols, soit un total pour les deux rubriques de 48 livres 15 sols soit près du quart du produit de la vente.

On sait aussi que le maître d'école demande 40 livres 9 sols 6 deniers pour avoir instruit le fils cadet du défunt, celui que nous appelons "faiseur de cherens", du 25 janvier à la fin mai 1734, soit 4 mois d'écolage. Celui-ci se monte donc à environ 10 livres par mois ce qui correspond à 20 jours de travail d'un ouvrier et empêche donc, en principe, les plus pauvres de suivre un enseignement élémentaire. Mais il existe aussi un système d'aide qui permet, par exemple, à la communauté d'habitants d'aider les plus pauvres. Ce jeune Nicolas qui ne signe pas a probablement peu profité de l'enseignement élémentaire qui lui a été prodigué. Cinq ans plus tard, en 1739, il est probablement apprenti à Comines, en Flandres,  puisqu'il envoie procuration à son oncle Louis Darras pour une transaction passée avec ses frères et soeurs. Il reviendra ensuite à Auxi où il se mariera en 1750. Sans doute que les cherens ou cheraignes (les barattes à main qui apparaissent dans presque tous les inventaires après décès) se vendent bien puisque le jeune Nicolas s'en fait une spécialité

Au cours de la transaction du 17 novembre 1739 qui met un point final aux problèmes de succession, on apprend que "la plus fine partie" du prix de la vente a été employée à acquitter les dettes et funérailles. Au cours de cette transaction, on décide que Nicolas Wimart "l'aîné", fils du premier lit et Nicolas Wimart "le jeune", fils du second lit, ne paieront pas les objets achetés au cours de la vente, le montant de ces achats étant soustrait de la part qui leur revient.

En ce qui concerne les immeubles, les prés, soit 1ha 60, situés près de l'Authie, sont partagés. Nicolas "l'aîné" obtient la maison familiale rue de Wavans (rue du général de Gaulle), Marie Marguerite reçoit l'autre maison de la rue de Wavans, Nicolas "le jeune" reçoit la maison près du marché à Auxi Ponthieu.

Cependant, de 1734 à 1739, les affaires sont encore en suspens, comme on le verra au cours de prochains articles.   

 

  •      Régis Renoncourt.
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