En 1715 ou 1716, l'une des deux maisons que Nicolas Wimart possède rue de Wavans (rue du général de Gaulle) brûle. La présence du bois et du chaume dans la maison, des moyens d'éclairage rudimentaires et des moyens de lutte contre l'incendie plus rudimentaires encore, rendent les incendies fréquents et dévastateurs.

Il réédifie cette maison, probablement sans tarder. L'incendie n'a pas atteint que la maison de Nicolas Wimart puisque le 13 juin 1716, il passe un accord avec son voisin, le cordonnier Louis Poussart. Nicolas Wimart reconstruira la maison et le "ravalet" (sans doute une sorte de dépendance) de Poussart sur le modèle des siens. Il s'agit d'une maison "basse" avec rez-de-chaussée seulement mais avec grenier. Couverture de paille, maçonnerie, plaquages, ferrures et serrures sont à la charge de Poussart. Il s'agit donc d'une maison en torchis (on parle de "terres") avec armature de bois et toit de chaume. Nicolas Wimart fournira le bois et la main-d'oeuvre et fera le travail le mois suivant. Il a le choix, pour les soliveaux entre le bois blanc et l'orme. Le montant des travaux qui sont de la compétence de Nicolas Wimart s'élève à 105 livres que Poussart paiera en trois fois: 740 livres au commencement des travaux, 32 livres 10 sols un an après l'achèvement des travaux, 32 livres 10 sols un an plus tard encore. On ne sait si cet échelonnement constitue une facilité de paiement ou une "garantie" contre les malfaçons. Le 8 août 1716, Nicolas Wimart reconnaît avoir reçu les deux autres paiements. Ceux-ci ont donc été faits dans les délais convenus.

Le 14 février 1728, Nicolas Wimart passe un accord avec Pierre Benoît, marchand chaudronnier à Auxi, pour la construction d'une maison  rue d'Hesdin (rue Roger Salengro). Il s'agit ici d'un véritable devis descriptif avec qualité (chêne) et dimensions des bois employés et non plus d'une simple évaluation comme en 1716. La maison comporte une "boutique" et au moins une "chambre". Comme en 1716, la prestation de Nicolas Wimart ne comprend pas la maçonnerie, les plaquages, les ferrures, les serrures. On sait qu'il y a des portes, des fenêtres, des escaliers. Le délai est plus long et les travaux devront être achevés pour le 15 avril. Benoît paiera 200 livres dont 50 ont déjà été donnés sans doute pour les premiers achats de matériaux. Les trois autres paiements de 50 livres chacun auront lieu au 1er octobre 1728, au 1er octobre 1729, au 1er octobre 1730. Il est aussi stipulé que Nicolas Wimart pourra récupérer à son profit les vieux matériaux (il y a donc un bâtiment existant) sauf les briques. Des annotations en marge montrent que les paiements ont bien été effectués dans les délais indiqués.

Au moment de la vente des meubles de Nicolas Wimart, le 26 mai 1734, les outils de menuiserie dont trois valets, deux coignettes, un marteau, une tarelle, une scie à refendre, une petite scie sont évalués à 12 livres. La plupart sont rachetés par l'un ou l'autre de ses fils prénommés Nicolas qui exercent eux aussi le métier de menuisier.             

 

  •     Régis Renoncourt.
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