Anonymous - Prise de la Bastille

 

Il est intéressant de voir quel écho ont pu avoir localement les grands événements révolutionnaires mais nous sommes ici étroitement tributaires des sources écrites et d'elles seules.

 

L'abbé Vitasse nous rapporte comment ont été rédigés les Cahiers de Doléances en mars 1789 et comment ils ont été transmis au bailliage d'Hesdin. Dans le cahier de bailliage on retrouve deux "revendications" auxiloises: la demande d'instauration d'un franc-marché et de meilleures routes.

 

Des événements de juillet 1789 (prise de la Bastille) et d'août ("Grande Peur" dans les campagnes), on ne connaît pas l'écho local puisque nos registres de délibération commencent en février 1790.

 

La fuite du roi est connue dès le 22 juin 1791; une garde de huit hommes est établie pour la nuit, quatre pour le jour, les personnes suspectes peuvent être arrêtées.

 

La chute de la royauté le 10 août 1792 n'est pas mentionnée. Il est vrai que la proclamation de la "Patrie en danger" retient toute l'attention et la lecture des lois et arrêtés est faite en place publique. Il ne faut pas perdre de vue également que toute l'année est consacrée aux différents contacts permettant la réunion des deux municipalités séparées depuis octobre 1791.

Silence aussi en janvier 1793 au moment du procès et de la mort de Louis XVI. Il est vrai que là encore un événement local vient occulter tout le reste: la réunion des deux municipalités.

 

Par contre, l'annonce de la déclaration de guerre à l'Autriche et aux Provinces Unies est faite le 19 février 1793: c'est le début de la 1ère coalition, conséquence directe de l'exécution de Louis XVI.

 

La chute de Robespierre (9 thermidor an II: 27 juillet 1794) n'est pas mentionnée. Cela irait dans le sens de ceux qui considèrent la chute de Robespierre et de ses amis comme un simple Coup d'Etat parlementaire semblable à celui qui a éliminé successivement les Girondins au printemps 1793, les Hébertistes et les Dantonistes au printemps 1794.

 

Les événements parisiens du printemps 1795 (germinal et prairial) ne sont pas mentionnés pas plus que la tentative de soulèvement royaliste de l'automne 1795 (vendémiaire an IV) mais on peut les déduire car, au niveau local, cela se traduit par des destitutions puis des réhabilitations.

 

L'installation du Directoire (brumaire an IV, octobre-novembre 1795) a une conséquence importante au niveau local puisque la Constitution de l'an III institue la municipalité de canton dont les registres de délibérations débutent au 18 nivôse an IV (8 janvier 1796).  La municipalité de canton prend fin avec le Coup d'Etat de Napoléon Bonaparte en brumaire an VIII.

 

  •      Régis Renoncourt.
  • L'illustration est de Julien Levêque.
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