On a vu, dans un précédent article, que Nicolas possède quelques biens. Evidemment, ces biens se louent et donnent un rapport.

Le 5 juin 1715 (c'est l'année de la mort de Louis XIV), Nicolas Wimart loue les deux hectares et demi rue de Noeux à son beau-père du second mariage, Jacques Darras, marchand brasseur à Auxi. Ce terrain était préalablement loué au propriétaire de la terre voisine. Il s'agit donc peut-être, de la part de Nicolas, d'un acte montrant ses bonnes dispositions envers la nouvelle famille avec laquelle il est allié depuis 4 ans seulement. A moins que cette terre lui vienne directement ou indirectement (par "réemploi") de son contrat de mariage avec Isabelle Darras. La première hypothèse est sans doute la plus plausible car Isabelle Darras ne participe pas à l'acte de location.

 Le bail est fait, comme d'ordinaire, pour 9 ans consécutifs moyennant la somme de 45 livres par soit 18 livres à l'hectare (soit environ un mois de salaire d'un ouvrier). Darras paiera en deux paiements égaux, le premier à Noël et le second  à la Saint Jean Baptiste, en juin, donc une fois après la moisson et une fois avant.  Les impôts fonciers que l'on appelle, à l'époque, les centièmes, sont avancés par Darras qui s'en fera rembourser la moitié par Nicolas. Selon la formule consacrée, Darras "fumera et amendera ces terres suffisamment à portion du temps et des dépouilles (ce que l'on enlève, la moisson)". Nous n'avons malheureusement pas le bail de location des 1 hectare 60 de pré longeant l'Authie.

 Les deux maisons d'Auxi-Ponthieu situées dans la grande rue et probablement converties en une seule sont louées à un cordonnier, Sébastien Fréville, par bail en 1720, renouvelé en 1726. Le loyer est de 36 livres par an plus une "bonne paire de souliers neufs" à fournir à Jean-François, le fils aîné de Nicolas,quand il le requerra, une fois seulement pendant la durée du bail. Dans une économie de relative pénurie de monnaie, le paiement, même partiel, en nature, est assez courant; il arrange certainement les deux parties. Fréville acquitte les impôts mais n'est pas tenu aux réparations "ni grosses ni menues".

  Trois ans après la mort de Nicolas, alors que la succession n'est pas encore entièrement réglée, une "visite" a lieu dans cette maison suite au procès intenté par Sébastien Fréville à l'ensemble des héritiers. Deux "experts", un charpentier d'Auxi et un charpentier de Buire, dressent la liste des réparations urgentes à effectuer. Ces réparations sont importantes puisque le montant s'élève à 210 livres. Il faut "empêcher que le reste du bâtiment tombe en ruine" et terminer le procès engagé avec le locataire. Nicolas "le jeune" c'est à dire l'aîné des enfants du deuxième lit s'engage à faire les réparations pour 200 livres qui seront prélevées sur l'ensemble de la succession. C'est cette maison qui, échue à Nicolas "le jeune", est louée en 1739 pour un loyer de 33 livres par an.

 Si on suppose que Nicolas continue d'habiter la maison familiale qui lui a été donnée par son contrat de mariage en 1698, c'est probablement l'autre maison de la rue de Wavans, celle acquise en 1711, qu'il loue à une veuve le 20 décembre 1729. Cette maison donne, à l'arrière, sur les maisons des prêtres, sans que l'on sache où celles-ci sont exactement situées. Le bail est de trois, six ou neuf ans avec préavis de trois mois si l'une ou l'autre des parties désire résilier le bail. La locataire paie un loyer de 16 livres (la moitié environ du loyer payé pour la maison d'Auxi-Ponthieu) en deux paiements égaux à mi-septembre et à mi-mars. Elle acquitte en outre les impositions et prend à sa charge les menues réparations.

 On peut supposer que c'est la maison familiale que Nicolas donne à son fils Nicolas l"'aîné", du premier lit, lors de son contrat de mariage avec Marie-Jeanne Toulouze en 1730. Le père garde cependant, selon l'usage habituel, "les usufruits et jouissances". Cependant, le 30 octobre 1733, père et fils passent un accord: le père abandonne ces usufruits et jouissances moyennant une rente annuelle viagère de 30 livres à compter de la mi-mars 1735. Cet accord reste lettre morte puisque Nicolas, le père, meurt le 30 avril 1734.  

 

  •      Régis Renoncourt.
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