La plupart des gens n'ont pas fait de "grandes choses" qui les aient signalées particulièrement à leurs contemporains, moins encore à leurs descendants. Beaucoup ont vécu, tout simplement, laissant très peu de traces qu'il faut rechercher patiemment avec sympathie et modestie. Ainsi étaient les gens de nos villages autrefois.
Les chiffres le montrent à l'évidence: si l'on excepte le bourg d'Auxi dont la population a augmenté depuis 200 ans, passant de 2 200 habitants en 1790 à 3 050 en 1990, tous les villages environnants étaient beaucoup plus peuplés autrefois qu'aujourd'hui (si l'on tient compte, bien entendu, que les communes de Beauvoir-Rivière et Wavans d'une part, de Quoeux et de Haut-Maisnil d'autre part ont fusionné). Ainsi la population de Buire-au-Bois passe de 686 habitants en l'an II (1793-1794) à 847 habitants en 1820, 546 habitants en 1901 et 225 habitants en 1990. Celle de Rougefay passe de 188 habitants en l'an II à 250 habitants en 1820, 212 habitants en 1901 et 130 habitants en 1990. Celle de Villers- l'Hôpital passe de 754 habitants en l'an II à 767 habitants en 1820, 416 habitants en 1901 et 242 habitants en 1990. Celle d'Haravesnes passe de 165 habitants en l'an II à 176 habitants en 1820, 139 habitants en 1901 et 45 habitants en 1990.
On pourrait multiplier les exemples. Il n'est guère que Willencourt qui, pour des raisons qu'il serait intéressant d'analyser, conserve une population à peu près stable: il passe de 120 habitants en l'an II à 191 habitants en 1820, 154 habitants en 1901 et 14 habitants en 1990.
De 1853 à 1863, alors que dans nos villages le déclin démographique est commencé depuis une trentaine d'années en moyenne (Noeux atteint son maximum de population en 1826, Gennes-Ivergny en 1831, Le Ponchel en 1820 et 1840, Vaulx en 1851, Villers l'Hôpital en 1809, Willencourt en 1831, Wavans en 1841, Haravesnes en 1846, Boffles en 1820, Tollent en 1836, Rougefay en 1831, Buire en 1820), le solde naturel (différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès) reste excédentaire à Wavans (+14), à Fontaine l'Etalon (+10), au Ponchel (+5), à Vaulx (+2), il est déjà déficitaire à Rougefay (-1), à Gennes-Ivergny (-13), à Noeux (-22), à Quoeux (-28). Déjà certains villages commencent à connaître des années sans mariage (1854 et 1855 à Gennes-Ivergny, avec, il est vrai, un "rattrapage" en 1856: 10 mariages).
Pour écrire cet article, j'ai consulté des documents de diverses séries des archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.
   Régis Renoncourt   .
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