Le 19 décembre 1755, à l'âge de 62 ans, décède Françoise Courtois, célibataire, fille d'Antoine Courtois et Anne Petit. Elle était de son vivant chargée du soin des malades et de l'administration intérieure de l'hôpital Saint Nicolas (celui-ci était situé à l'emplacement de l'actuelle salle des fêtes).

Quelques semaines auparavant, le 28 novembre 1755, Françoise Courtois, malade, avait fait son testament dans "la chambre haute de la maison de la veuve Trémolet" où elle vivait.

Comme bonne chétienne, elle recommande son âme à Dieu le père tout puissant, son âme le suppliant de la recevoir au nombre de ses élus sitôt qu'elle sera séparée de son corps.

Elle veut et entend que ce corps soit inhumé dans le cimetière de cette paroisse d'Auxi-le-Château en la sépulture de ses parents et qu'il soit dit, célébré et chanté pour le repos de son âme les messes d'enterrement, services ordinaires et du bout de l'an "comme à son état appartient".

Elle veut et entend aussi qu'il soit dit le plus tôt que faire se pourra après son décès 50 messes basses pour le repos de son âme.

Quant à ses biens temporels qu'il a plu à la Providence Divine de lui prêter en ce monde mortel, elle en a disposé et dispose comme il suit:

  • Son frère Pierre Courtois, époux de Françoise Lucas, employé dans les fermes du roi, à la barrière de ce bourg, lui doit 1 500 livres. Elle entend que cette somme soit partagée en 4 parties égales entre d'une part les trois enfants de sa soeur Marie Jeanne Courtois et de François Baillet, tous deux décédés, d'autre part Françoise Courtois, fille de son frère Charles Courtois.
  • Elle a prêté 100 livres à Geneviève Alexandre, d'Auxi Ponthieu et elle a donc constitué une rente avec intérêts. C'est cette rente, avec les arrérages d'intérêts qu'elle transmet à sa nièce Geneviève Baillet, épouse de Philippe Effroy (celui-ci a été nommé curateur dans un acte de tutelle datant de cette même année 1755).
  • Les deux filles mineures concernées par l'acte de tutelle précédent, fllles de Pierre Vasseur et de la défunte Marie Jeanne Courtois, nièce de la testatrice Françoise Courtois, auront 100 livres à se partager à l'âge de la "puberté". En attendant, cet argent est détenu par l'exécuteur testamentaire.
  • Une autre soeur de la testatrice, Marie Courtois, femme de François Toulouse, de Hiermont, et leur fille Françoise Toulouse, auront 200 livres à se partager, à prélever sur l'argent comptant.
  • Ses deux nièces Geneviève et Françoise Baillet, déjà citées, auront à se partager le reste de l'argent comptant ainsi que ses biens mobiliaires sans en rien excepter: meubles, effets, habits, lit, linges servant à son corps. Elles paieront équitablement dettes, obsèques et funérailles et feront dire à leurs frais les 50 messes basses. Elles auront également à se partager équitablement trois mesures de terres (soit 1ha 25a) qu'elle a acquises à Auxi Artois et La Neuville. Elles paieront en revanche une rente viagère de 20 livres par an à leur soeur Rose Baillet, religieuse à Rue.
Pierre Courtois, frère de la testatrice, aura un manoir amasé (bâti) de maison et grange, rue de Wavans (actuelle rue du général de Gaulle), sans aucune charge de "cateux, bois blancs et maréchaussée" selon la formule consacrée (il s'agit de diverses sortes de taxes de succession).
 
Pour écrire cet article, j'ai consulté la série 4E des archives départementales du Pa-de-Calais à Dainville.
 
Régis Renoncourt.
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