Le 26 mai 1734 a lieu l'inventaire après décès de Nicolas Wimart et la vente de ses meubles.

Pour l'inventaire, seuls les enfants du second lit sont concernés. Il s'agit, en effet, de la communauté de biens entre Nicolas Wimart et sa seconde épouse Isabelle Darras. La liquidation de la première communauté de biens avec Isabeau de Willencourt a probablement été faite avec les enfants du premier lit.

Ceux-ci contribuent cependant, avec les deux aînés du second lit, au rachat par des membres de la famille de la plus grande partie du mobilier de leur père. Alors que le total de l'estimation se monte à 204 livres 10 sols, les deux enfants du premier lit, Jean François et Nicolas "l'aîné", ont acheté respectivement pour 54 livres 10 sols 6 deniers (une livre=20 sols; un sol=12 deniers) et 12 livres 12 sols 9 deniers, alors que les deux aînés du second lit, Marie Marguerite et Nicolas "le jeune" ont acheté respectivement pour 2 livres 9 sols et 45 livres 2 sols 9 deniers soit un total de 114 livres 16 sols soit plus de la moitié de la vente.

Nicolas "le jeune", fils du second lit, qui a 21 ans et qui épousera sa cousine Dorothée Degrez moins de trois mois plus tard, le 30 août 1734, est le plus gros acheteur. Il doit monter son ménage: il achète donc les objets du feu comme la crémaillère, quelques ustensiles comme les chaudrons, de la vaisselle. Jeune menuisier, il rachète la plupart des outils de son père et des lots de bois. Il achète aussi le bois de lit, le coffre, les armoires.

Son frère consanguin, Nicolas "l'aîné", fils du premier lit, marié depuis 4 ans, achète, par l'intermédiaire de sa femme, des objets peut-être jugés plus "personnels" comme les draps de parement.

Le défunt ne possède ni cheptel, ni moissons sur pied, c'est à dire les deux types d'articles donnant lieu aux estimations les plus élevées. C'est ce qui explique le montant relativement modeste (204 livres) de la vente.

Menuisier, il a, on l'a vu, un outillage se montant à 12 livres. Les stocks de bois s'élèvent à 76 livres. Soit 88 livres sur 204 de matériel et matériaux servant à la profession. 

Pour le reste, l'ameublement, s'il n'est pas celui d'un indigent, n'est pas non plus d'un grand luxe. Ce menuisier a une table en orme et chêne, une autre en chêne, une autre petite table ronde, un coffre de chêne, un bas d'armoire en chêne et orme, une monture de garde-robe évaluée à 5 livres; ces deux derniers meubles permettent un rangement plus méthodique que le traditionnel coffre "fourre-tout". Il s'assoit sur un banc et n'a pas de chaises, chose étonnante, et, évidemment, encore moins de fauteuil. Son lit est "vieux" et vendu, avec le traversin, 4 livres 3 sols. Sa paillasse ne vaut pas grand-chose: elle est vieille et garnie de paille. Son lit a cependant deux rideaux de serge: ce n'est pas un simple grabat. L'un de ses enfants (ou peut-être son petit-fils) a couché dans un lit particulier puisqu'un lit d'enfants (chose rare dans les inventaires de cette époque) est mentionné.

La vaisselle, assez abondante, est entièrement d'étain; nulle trace de faïence: on y trouve beaucoup de plats, 6 cuillers mais pas de fourchettes ni de couteaux.

La question que l'on peut se poser est évidemment de savoir, puisqu'il s'agit d'une vente et non pas d'une "prisée" c'est à dire d'une simple évaluation des biens meubles, si certains objets n'ont pas été soustraits de la vente, d'un commun accord des enfants. Cette hypothèse est probablement la bonne: on ne trouve en effet nulle trace de linges ni d'habits. Dans ce cas, le montant de la vente, soit 204 livres, doit évidemment être revu à la hausse pour donner une idée du patrimoine mobilier de Nicolas Wimart.            

 

  •     Régis Renoncourt .
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