Pendant quelques années à partir de 1849, ce problème disparaît aussi bien des compte-rendus du conseil municipal que de la correspondance du maire, ce qui ne veut pas dire qu'il est totalement éradiqué dans la réalité.
Léturgez décède en octobre 1853.
Fraîchement nommé, le nouveau maire et conseiller général, Gustave Deslavier, écrit au sous-préfet de Saint-Pol le 3 décembre 1853:
"Les besoins de la classe malheureuse se font pressants, il y a urgence de porter immédiatement remède et la commune ne peut le faire qu'avec les sommes provenant d'un emprunt. Il faudra ensuite déterminer les conditions en ce qui concerne les travaux à exécuter et les secours à donner aux ouvriers nécessiteux soit en farine soit en livraison de blé à prix réduit.
Quelques jours plus tard, le 29 novembre 1853, le conseil municipal, en présence des plus hauts cotisés (imposés) entend le rapport de la commission relative aux secours aux indigents.
Il y a à Auxi 168 ménages, soit 669 individus qui méritent le plus vif intérêt puisqu'ils ne gagnent ensemble que 145,60 francs soit 21 centimes 3/4 chacun (c'est à peu près le prix d'un kg de pain bis d'après des recherches effectuées sur des factures de l'époque).
 Il est incontestable qu'avec d'aussi faibles ressources, ces malheureux ne peuvent, vu la cherté du blé, se procurer le pain nécessaire à leur subsistance."
Pour aider ces infortunés "à vivre sinon entièrement, du moins en partie" (on notera l'expression), la commission propose: 
  • une fois par semaine, une distribution de farine afin que chacun puisse faire un kg de pain.
  • donner aux ouvriers les travaux d'entretien et de réparation à faire aux chemins ou dans les marais afin qu'ils puissent gagner le surplus de leur nourriture.
Cela coûtera 12 525 francs. Comme on n'a pas d'argent, on propose un emprunt de 12 000 francs au Crédit Foncier mais on n'envisage pas les moyens de le rembourser. Pour les 525 francs qui restent, on fait appel aux "âmes bienfaisantes".
On espère que le gouvernement applaudira aux mesures prises et que les pauvres seront reconnaissants de la sollicitude du conseil municipal. En effet, celui-ci adopte les propositions de la commission.
Le maire, Deslavier, propose de rembourser l'emprunt:
  • par une imposition supplémentaire pendant 6 ans, ce qui est adopté par 14 voix contre 11.
  • par la location d'un peu plus de 10 ha de terrains communaux qui jusqu'alors "ne rapportaient pas grand chose".
D'autre part, le duc de Luynes, sollicité comme à l'accoutumé, apporte son obole soit 500 francs.
La commission des subsistances fournira du blé à ceux qui cuisent eux-mêmes leur pain et du pain à ceux qui se fournissent chez les boulangers. Chaque jour, une distribution de soupes aura lieu à raison d'un demi-litre par personne pour les plus de 10 ans et d'un quart de litre par personne pour les moins de 10 ans.   
 
  • Régis Renoncourt.
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