* Avec un petit terroir de 280 ha, ce village était au XIème siècle un domaine à lui seul. En 1117, Robert Fritel, grand propriétaire terrien entre Frévent et Auxi, est capturé avec son seigneur le comte de Saint- Pol lors d'un coup de main contre Baudoin la Hache, comte de Flandre. Pour payer sa rançon, il doit vendre aux moines de Saint- Georges ses terres de Haut- Maisnil. Le Prieuré de Saint- Georges, rattaché à l'Abbaye d'Anchin, en restera propriétaire jusqu'à la Révolution de 1789.

 

** A cette date, le domaine est géré par Jean Dupuich, officier seigneurial et représentant du prieur de Saint- Georges. Les biens de l'Église furent confisqués. La propriété fut vendue par l'État, aux enchères, au tribunal de Montreuil lors d'une vente non couverte le 4 janvier 1792, et reportée au 18 janvier de la même année. Au 10ème feu elle fut adjugée à Jean- François Dupuich, négociant à Paris.

 

Environ 200 ha et trois corps de ferme. La plus grande se trouvait sur la place, derrière le cimetière et les HLM actuels, la seconde en annexe avec le beau porche en pierres et la troisième, rue de la Chapelle. Les deux premières formaient avec le cimetière, la place, l'église et la mare un ensemble qui peut être l’œuvre des moines Templiers.

 

En 1805, Jean- François Dupuich vend le tout à madame veuve Delsaut et son fils, chirurgien à Paris, lesquels rétrocèdent en 1809, à leur fermier, Alexandre Dupuich- Deboffles le ferme avec le porche et 43 ha. Vingt ans plus tard, madame Delsaut vend à monsieur Machart, de Selincourt (Somme). Les Dupuich exploitent les trois fermes.

 

En 1855, monsieur Machart revend le tout à monsieur et madame Devisme- Delahaye, cultivateurs à Sautricourt, près de Saint- Pol. En 1856, ces derniers arrivent pour exploiter eux- mêmes. Ils ont deux enfants : Louis, né en 1841, et Joséphine, née en 1843. Forts d'une fortune dont nous n'avons pu découvrir l'origine, ils font construire une nouvelle ferme, route de Fillièvres, pour exploiter plus aisément les 160 ha qu'ils viennent d'acquérir. Du fait de sa situation, de sa symétrie, de son importance, cette réalisation fut à l'époque un modèle du genre. Elle fut terminée en 1861.

 

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François Devisme décède en 1862, ne profitant pas de son œuvre. Madame dirige la ferme jusqu'au mariage, en 1866, de son fils Louis avec Marie Landrieu d'Airon- Notre- Dame. Sa fille Joséphine se marie avec monsieur Soudain de Willencourt. En 1865, elle fait construire un moulin à vent dans la plaine du Vauroy, mais il sera supprimé en 1895. Puis elle fait construire sa maison de retraite sur un terrain de l'ancienne ferme, aboutissant à la Grand' Rue (maison Portemont).

 

 

Louis et Marie ont aussi deux enfants : Louis, né en 1868, et Estelle en 1869. Mais ces jeunes gens meurent tous les deux, respectivement en 1888 et en 1891. Le beau monument en marbre blanc, dans le cimetière, renferme les trois générations de Devisme.

 

En 1876, la ferme de la Chapelle est tenue par monsieur et madame Jean- Baptiste Feroux, marchand de vaches. Ils disparaissent en 1896 et, après eux, la propriété revient aux Devisme. En 1902, ceux- ci rasent la maison trop vétuste et construisent, pour leur retraite, ce que nous connaissons aujourd'hui, tenu par la famille Hoguet.

 

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Madame Devisme décède en 1805, et son mari en 1918. Sans héritier direct sa sœur, madame Soudain- Devisme hérite de la totalité qui, ajoutée à celle de Willencourt, est partagée entre ses deux enfants : au fils Georges les propriétés de Willencourt, la ferme de la Chapelle et le bois de Haut- Maisnil ; à sa fille Édith, devenue madame Albert Paris, de Doullens, la grande ferme, dite des Templiers avec 96 ha, ainsi qu'une vingtaine d'ha loués à divers cultivateurs.

 

 

La ferme avec le porche est exploitée par ses propriétaires, les Dupuich jusqu'en 1923, puis louée à monsieur et madame Benoît, venant de Maisnil- les- Saint- Pol, et à leur fille Simone et Lucien Paris, qui transmettront à leur fils Simon et Thérèse, et dernièrement à Christine Bézu.

 

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Au décès de monsieur Louis Devisme en 1918, les Soudain louent la ferme de la Chapelle à la famille Leuillet, et en 1935, monsieur et madame Henri Hoguet, venant de Fleury, prirent la suite puis leur fils Henri et son épouse Paulette, et maintenant Christian et Thierry, leurs fils.

 

La grande ferme fut louée, en 1905, à madame Cadot et son fils, venant de Caumont. Ils devront quitter les lieux, suite à l'incendie qui ravagea la grange au fond de la cour. En 1925, monsieur Albert Merlot de Parenty et sa jeune épouse Marie Bloquel de Wailly- Beaucamp reprennent l'exploitation de la ferme, qu'ils transmettront à leur fille Marie- Thérèse et à son mari René Cannesson en 1954. Leur fils Bertrand et Véronique, son épouse, prendront la suite en 1984.

 

Ainsi, avec nos voisins Hoguet et Paris, trois générations vont se succéder pour mettre en valeur le domaine des Templiers, après en avoir acquis une partie du patrimoine.

 

En 1944, les Allemands installent des rampes de lancement de V1 à Haut- Maisnil, Quoeux, Montorgueil, etc. Les premiers avions sans pilote sont lancés vers Londres quelques jours après le débarquement en Normandie. Les deux villages de Quoeux et Haut- Maisnil sont bombardés aussitôt, causant bien des dégâts. A la ferme des Templiers, les porcheries sont démolies et la toiture de la maison très endommagée. Certains habitants allèrent se réfugier dans le talus, au fond des pâtures vers Fillièvres, où ils creusèrent un souterrain. Louise Verdin- Capendu détient des photos de ces événements. Madame Bézu, la mère de Michel, fut tuée au carrefour du calvaire, surprise par les bombes.

 

La commune de Quoeux fut reconnue sinistrée, et équipée de l'eau courante en 1948. Haut- Maisnil dut attendre 1959 pour profiter de cet avantage. En attendant le puits de l'ancienne ferme, sur la place, distribuait l'eau à ceux qui venaient la chercher.

 

Le recensement de la population indique 236 habitants en 1831, diminuant régulièrement jusqu'à 131 en 1926. Nous y avons relevé le nom des familles : Pruvost- Louchet, Dufour- Reversé, Pruvot- Hermant, Pruvot- Nivelle, Bézu, Cantrel- Fontaine, Warin- Cantrel, Berthe, Mallet, Pruvot- Botte, Doliger- Galmont, Faÿ, Dufour- Bétourné, Tirmarche, Deboffle, Cappe, Dournel, Vasseur.

 

En 1973, les deux communes fusionnèrent pour former Quoeux- Haut- Maisnil.

 

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L'église fut reconstruite en 1774. La tour et la nef sont en pierres, et le chœur en briques. La cloche, qui datait de 1681, était fêlée. Elle fut refondue à Douai en 1904, et nommée Louise, Estelle, Pauline. Elle eut pour parrain Louis Devisme, adjoint au maire, et pour marraine Pauline Dupuich, sœur de monsieur le maire, Alexandre Dupuich.

 

Sous la Révolution, l'église fut vendue. Monsieur Jacques Delcroix, d'Arras, en fit l'acquisition, afin de la rendre à l'église en des temps plus paisibles.

 

En 1988, la voûte de l'édifice s'étant écroulée fut refaite sous la vigilance de monsieur Letalle, maire. Il en profita pour faire restaurer le tableau représentant le massacre de Thomas Becket, que les années avaient fortement endommagé, par les Beaux- Arts de Lille.

 

* : D'après les notes de monsieur Marcel Bayard

 

** : D'après les recherches effectuées aux Archives départementales du Pas-de-Calais

 

Un très grand merci à monsieur René Cannesson, pour sa contribution au blog à travers ces deux articles sur la commune de Quoeux- Haut- Maisnil.

 

 

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