Dans la séance du conseil municipal d'Auxi du 26 août 1811, on discute de l'élargissement éventuel de la rue du Pont (c'est ainsi que l'on appelle alors la rue Albert Vermaelen du côté "Artois" c'est à dire en partant de la place). Elle a 10 pieds de largeur (on parle encore selon les anciennes mesures bien que le système métrique ait été établi en 1797). Le pied d'Artois valait 30 cm, le pied d'Arras 27 cm, le pied du Roi 32 cm.
 
Dans tous les cas, la largeur de cette rue du pont est donc d'environ 3 mètres. On rappelle alors l'accident récent occasionné par les chevaux qui, en revenant du marais, ont foulé aux pieds Monsieur Riquier, accident qui peut se répéter journellement "puisque quatre fois par jour, elle se trouve couverte de bestiaux et que la communication en est interrompue". Ces bestiaux viennent soit de la rue du général Leclerc -alors rue d'Amiens- qui mène au grand marais soit de la rue Vermaelen -alors rue d'Abbeville- qui mène à la rue du cheval et au marais de Lannoy.
  
La foule est bien plus dense encore, note-t-on, les jours de marché et de foire. On précise que les obstacles à l'élargissement sont de deux sortes: d'une part, le montant de la dépense, d'autre part, la crainte de froisser des intérêts particuliers car il faudrait inévitablement démolir des maisons et empiéter sur des propriétés privées.
 
On en profite pour rappeler que la plupart des rues sont des cloaques. Le conseil municipal considère que l'élargissement de la rue du Pont et la reconstruction du pont sont des priorités absolues qui doivent passer avant le pavage des ruisseaux.
On propose que la rue du Pont ait 28 pieds de large (8,40 mètres) au lieu de 10 pieds (environ 3 mètres) et que les trois maisons du côté droit en allant vers le pont soient démolies. On propose que le pont ait 7 mètres de large au lieu de 5 mètres et on demande que l'ensemble des travaux soit fait en 1812.
Le 27 décembre 1811, on nomme un arpenteur pour procéder à l'expertise des maisons à démolir et évaluer le coût de l'élargissement de la rue du pont. Le 22 septembre 1813 (presque deux ans plus tard!), l'arpenteur en est encore à réclamer sa rétribution. Les travaux, quant à eux, ne se feront pas et le pont s'écroulera en 1819. Mais c'est une autre histoire.                                                                                                              
Régis Renoncourt                                         
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