Les cimetières n'ont pas toujours été ces lieux souvent désertés, exclusivement réservés aux morts et à leurs visiteurs, lieux de recueillement et de silence.

Jusqu'à la loi de Séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905, l'église paroissiale Saint Martin d'Auxi a, comme toutes les autres, une fabrique, mot qui désigne à la fois les biens de l'église et les personnes chargées d'administrer ces biens dont le président est le marguillier.

Ces messieurs tiennent donc le 28 novembre 1734, à l'issue de la messe, une assemblée où ils décident de permettre, moyennant finances, aux tirtainiers du bourg (la tirtaine est une étoffe en laine pure ou mélangée) représentés par Jacques Machy et Pierre Rouget, de tendre et faire sécher dans le cimetière de l'église et attacher aux arbres les pièces de serge ou tirtaine qu'ils fabriquent, à la réserve des arbres qui bordent le presbytère et de ceux qui sont en face du portail de l'église. Ils ne pourront endommager les arbres et ne pourront étendre leurs marchandises sur l'herbe de cimetière et faire pâturer cette herbe par leurs chevaux. Ils pourront, par contre, planter et déplanter des pieux pour attacher leurs tirtaines.

Le bail, dont la jouissance débute à la Saint-Rémy (15 janvier), durera 9 ans. Le loyer est de 15 livres par an. On précise qu'il s'agit d'un renouvellement de bail car on usera du cimetière "comme il a été usé ci-devant". Les tirtainiers fourniront, à leurs dépens, une copie de l'acte qui sera mise aux archives de l'église.

 

Pour écrire cet  article, j'ai consulté la série 4E des archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.

  • Régis Renoncourt     
  •                                                                                 
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