Le XIXème siècle étant fertile en révolutions et en changements politiques, chaque événement est sujet à célébration, d'autant qu'il y a souvent des victimes, aussitôt érigées en "martyrs" tout au moins pour ceux qui sont du bon côté, c'est-à-dire celui des vainqueurs. Ainsi les journées de février 1848 entraînent le renversement de Louis-Philippe et de la Monarchie de Juillet et l'instauration de la Deuxième République. Le 11 mars 1848, le maire, Benoît Léturgez écrit au chef de bataillon commandant la Garde Nationale.
 
"M'étant concerté avec monsieur le curé-doyen, le service funèbre en mémoire des victimes de février sera célébré demain dimanche 12 heures. Il convient que par cette solennité les grands événements politiques qui viennent d'avoir lieu reçoivent une nouvelle consécration; c'est pourquoi je vous prie de convoquer toute la Garde Nationale; on verrait avec plaisir que celle-ci s'y trouvât en plus grand nombre possible".
 
Il écrit au sous-préfet de Saint-Pol-sur-Ternoise le 20 septembre 1848:
"La promulgation de la Constitution vient d'être pour les habitants de cette ville l'occasion d'une fête que l'on a rarement vu dans la localité. Les deux cérémonies ont été suivies dans l'après-midi d'un tir à la cible ayant pour objet cinq fourniments de gardes nationaux et dans la nuit d'un bal au profit des pauvres dont la société ne s'est séparée qu'à deux heures du matin; la Garde Nationale s'y est surtout fait remarquer par sa belle tenue relative et à sa précision dans la manoeuvre. Enfin, il a régné partout de l'harmonie, de l'ensemble et une grande confraternité. Dans la matinée, une distribution de bons de pains aux indigents avait eu lieu".
 
Il écrit le 1er mars 1849 au sous-préfet:
"Le 24 février étant chaque année jour de foire ici, la cérémonie de l'anniversaire consacré par une loi de l'assemblée nationale a dû être renvoyée au lendemain. Le service funèbre de commémoration a été chanté et suivi d'un TE DEUM; l'autorité municipale, les autres fonctionnaires et la Garde Nationale y ont assisté; la Garde Nationale a tiré à la cible dans l'après-midi; une distribution de pain à concurrence de la somme de 30 francs a eu ieu aux indigents; cette distribution se trouvant à deux jours de celle ordinaire et hebdomadaire qui avait été faite le vendredi, la commune n'y a rien ajouté du sien, le plus grand ordre a régné dans le cours de la cérémonie".
 
Le 14 mai 1858, le maire d'Auxi, Gustave Deslaviers, dans une lettre au sous-préfet, évoque la question des secours à accorder aux parents de ceux qui ont été tués à Paris en combattant en février 1848.
Il cite les époux Petit dont "le fils a été tué par accident en février 1848 alors qu'il traversait la rue pour aller visiter son frère qui demeurait en face de la maison où il servait en qualité de domestique, la mère étant depuis devenue veuve".                                    
Pour écrire cet article, nous avons consulté les archives communales d'Auxi; nous remercions celles et ceux qui nous ont permis et facilité l'accès à ces archives.
 
  •      Régis Renoncourt.
Retour à l'accueil