Nous avons, dans deux précédents articles, présenté Antoine Courtois et analysé les recettes de ce compte de tutelle fait aux héritiers donataires de Nicolas Crestel le 13 mai 1695.

Plus encore que le chapitre "recettes", le chapitre "dépenses" fait défiler devant nous une partie de la société auxiloise.

D'abord, Antoine Courtois a prêté à Nicolas Crestel 60 livres, probablement juste avant son décès.

 Antoine Courtois a ensuite payé les "vacations et salaires" des officiers seigneuriaux, Nicolas Patte, procureur d'offices (4 livres 10 sols) et Antoine Grenier, sergent (5 livres 10 sols) soit, au total, 10 livres. On sait qu'une livre équivaut à vingt sols.

Antoine Courtois a remboursé à un teinturier d'Abbeville une somme que lui devait Nicolas Crestel soit 60 livres.

Un certain Legris étant en procès avec Nicolas Crestel, il a fallu payer un procureur de Crécy et Antoine Courtois a dû effectuer plusieurs voyages dans cette ville, ce qui fait une somme de 29 livres 10 sols.

Au cours de la vente par adjudication du blé à Hiermont (voir le chapitre "recettes"), il a fallu payer le greffier (4 livres 10 sols) et le sergent de ce village (16 sols) soit au total 5 livres 6 sols.

Nicolas Crestel avant des dettes dans différents cabarets d'Auxi: celui de François David (3 livres 10 sols), celui d'Hector Treuet (3 livres 15 sols), celui de Pierre Treuet (3 livres 15 sols), celui de Pierre Carpentier (6 sols pour bières est-il précisé). A Nicolas Lenglet, il faut payer 7 sols 6 deniers (un sol=12 deniers) pour "marchandises" sans autre précision. Pour "marchandises" encore, il faut donner 3 livres 12 sols à Jacques et Antoine Darsy.

Nicolas Crestel devait 4 livres 8 sols à Pierre Talva. Cete somme a été "avancée" à Talva par Louis Vasseur, chapelier. Antoine Courtois donne donc la somme à Vasseur. Ces dettes "à tiroirs" sont fréquentes.

Nicolas Crestel doit 3 livres 8 sols à Jean Souef pour loyer d'une maison. Il s'agit sans doute d'un arrérage car la somme est petite.

Le sieur Gigault a fourni pour 4 livres 8 sols de chandelle et luminaire.

Nicolas Crestel doit payer l'arriéré de "censives" c'est à dire d'impôt seigneurial, soit 2 livres 9 sols 8 deniers à Legrand, receveur de la berrie (seigneurie).

Hyérosme Turbet, huissier, reçoit 2 livres 10 sols pour "salaires".

Nicolas Crestel avait aussi une "affaire" contre un certain Thuiller. Il faut payer 5 sols à un avocat et 6 sols pour un pot de cidre "à l'accommodement de cette affaire".

Il faut aussi régler les frais d'obsèques: Philippe Effroy, valet d'église reçoit une livre, Antoine Picquet et Louis Vasseur, sonneurs, reçoivent 9 livres 12 sols; Nicolas Longuet, confrère de Saint Sébastien (c'est la confrérie des Archers) a fait dire une messe soit 1 livre 10 sols; Nicolas Leroy, menuisier, a fourni le cercueil soit 3 livres.

Antoinette Lefebvre, nièce de Crestel, reçoit 21 livres comme il était prévu au testament de celui-ci.

De son côté, Melchior François Duparc, débiteur de Nicolas Crestel (voir chapitre "recettes"), a payé à une créancière de Nicolas Crestel, Françoise Maisnel, femme Thuillier, une somme de 23 livres.

Les sommes suivantes, également payées par Duparc, relèvent probablement aussi des frais d'obsèques de Nicolas Crestel: Champion, prêtre, reçoit 19 livres, le Révérend Père Réginal, supérieur des Brigittins, 4 livres 16 sols; Delattre, curé, 23 livres 10 sols; Boucher, prêtre, 7 livres 15 sols; Antoine Devis, cabaretier, reçoit 2 livres 15 sols; Duparc, lui-même, boulanger, a livré 2 livres un sol de pain aux obsèques.  

Il se peut que les sommes versées à Antoinette Déplanques, veuve de Nicolas Trogneux (11 livres 16 sols), à Antoine Déplanques, mercier, (2 livres 10 sols), à la veuve d'Hector Treuet et à Pierre Treuet, son fils (17 livres 15 sols), à Pierre Hétroy, cabaretier (12 livres), correspondent aussi à des frais d'obsèques car il faut imaginer tout un petit monde qui s'affaire autour du défunt et qui fait connaître l'événement à la population.

Duparc donne encore 9 livres qui restent dûes à Antoinette Lefebvre sur les 30 livres prévues par le testament de Nicolas Crestel.

Au total, il reste 610 livres. Antoine Courtois prendra "par modération" 10 livres pour "les peines, voyages et autres vacations qu'il a faites où il a employé beaucoup de temps".

Il reste donc 600 livres que se partagent les six héritiers donataires de Nicolas Crestel, neveux et nièces de celui-ci.                                                                    

 

  •      Régis Renoncourt.
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