Au milieu du 19ème siècle, la dysenterie est encore un fléau redoutable.

Celle de l'automne 1846 à Auxi fait suite à deux mauvaises récoltes en 1845 et 1846, ceci expliquant sans doute en partie cela.

La lettre envoyée le 3 octobre 1846 par le maire d'Auxi, Benoît Léturgez, au sous-préfet de Saint-Pol, est relative à '"l'affection dysentérique qui sévit dans la population".

"L'invasion dans ma commune remonte à peu près à deux mois. Elle a atteint 92 individus, la plupart enfants indigents. La mortalité n'a pas été jusqu'ici excessive, 10 ou 12 ont succombé; dans le nombre, deux adultes seulement.

Le nombre de malade, à ce jour, est de 40; la convalescence est fort longue; les malheureux souffrent d'autant plus longtemps qu'ils n'ont rien ou presque rien pour se rétablir; un secours serait bien utile et même indispensable.

La cherté des denrées et le manque de travail se font déjà bien ressentir, je crains bien que ces deux fléaux ne nous amènent des choses fort tristes, si d'ailleurs et, par malheur, le pronostic d'un hiver rigioureux venait à se réaliser".

Il ajoute en post scriptum: "C'est bien hier que j'ai consulté les médecins et c'st par suite des renseignements qu'ils m'ont donnés que j'ai fait ma lettre mais je ne dois pas vous laisser ignorer que, dans la nuit et la matinée d'aujourd'hui un seul des trois médecins ou officier de santé a dû constater 7 nouveaux cas ce qui laisserait craindre que la maladie est loin d'entrer dans sa période décroissante comme volontiers ces messieurs le croyaient hier".

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives comunales d'Auxi.

Régis Renoncourt.

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