J'ai choisi ce document car la recherche "d'usines" employant de la main-d'oeuvre est un problème important qui se pose à Auxi au cours du XIXème siècle.  Régis Renoncourt.

Depuis le début du XIXème siècle, Auxi, petite ville de 3 000 habitants, ne parvient pas, comme sa voisine Frévent par exemple à "prendre le train" de l'industrialisation. Les travaux des champs, par nature saisonniers, ne peuvent occuper la main-d'oeuvre toute l'année.

Une opportunité semble se présenter en 1872 comme l'atteste une lettre du maire, Cantrel, à un fabricant de sucre de Chauny nommé Tavernier, datée du 26 décembre 1872.

"J'ai été très heureux de prendre communication de votre lettre du 19 courant. Nous désirons et nous appelons de tous nos voeux l'établissement dans notre pays d'une industrie quelconque mais surtout d'une fabrique de sucre qui vienne lui donner l'importance qu'il est appelé à prendre.

Auxi-le-Château est une petite ville de 3 000 habitants. C'est un pays tout à fait agricole, les communications sont très faciles et en bon état. Sept routes départementales ou chemins de grande communication viennent aboutir à Auxi. J'ai tout lieu de penser que la culture serait toute disposée à vous donner son adhésion et elle possède une assez grande quantité de terres pouvant produire la betterave. Les fabriques de sucre les plus rapprocées de nous sont Doullens à 20 km, Saint-Pol à 27 km, Abbeville à 26 km, Rue à 34 km.

Les autres fabriques sont trop éloignées d'Auxi-le-Château pour que je vous les signale.

Aucune autre fabrique de quelque espèce que ce soit n'existe soit à Auxi soit dans les villages qui l'entourent. Les ouvriers sont nombreux et chaque hiver les oblige à émigrer pour aller travailler dans les filatures de Frévent c'est-à-dire à 15 km.

 

Pour écrire cet article, j'ai consulté les archives communales d'Auxi; je remercie celles et ceux qui ont permis et facilité l'accès à ces archives.

Régis Renoncourt.

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