Le procès est chose courante sous l'Ancien Régime même s'il concerne de "petites gens".

Ainsi Antoine de Saint-Pol, laboureur à Beauvoir-Rivière, marié à Marguerite Leconte

et Michel Pierrin, aussi laboureur à Beauvoir-Rivière, marié à Marie Bué

sont en procès pour une affaire de succession.

Une première sentence a été rendue au profit des premiers comparants au siège de la plus petite juridiction, celle de Beauvoir-Rivière; cette sentence ordonne que le partage soit fait entre les parties des immeubles délaissés par François Pierrin.

Suite à l'appel à la seconde juridiction, le bailiage d'Hesdin, sur complainte et institution de domages et intérêts contre les seconds comparants, les deux parties décident de parvenir à un accord devant notaire.

Pierrin reconnaît que Saint-Pol, en qualité de père et tuteur des enfants qu'il a eus avec Marie Pierrin, sa première épouse, a le tiers de tous les immeubles provenant de la succession de François Pierrin sauf un quartier de terre labourable qu'il doit prendre d'avant-part pour "achever" le nombre de deux journaux qu'il a retraits de Jean Levesque.

Le "retrait" est la possiblité pour un membre de la famille de racheter un bien qui a été vendu.

Quant à la demi-mesure amasée de maison à Beauvoir-Rivière, il en appartient un tiers aux enfants à cause de leur mère, lequel tiers se prendra dans le sens de la longueur.

En ce qui concerne les bâtiments, Saint-Pol aura la grange, Michel Pierrin les autres bâtiments. La cour sera commune jusqu'à ce que les enfants aient atteint l'âge compétent (c'est-à-dire leur majorité).

Alors, ils pourront partager de nouveau les bâtiments, à raison d'un tiers et s'arrangeront avec Pierrin pour la cour. Si la grange vient à tomber avant leur majorité, le tiers des bâtiments sera pour eux.

Pour les autres immeubles, Saint-Pol en jouira à raison d'un tiers. Quand les enfants seront majeurs, ils se partageront ces immebles avec Michel Pierrin sauf la demi-mesure dont il a été question.

En outre, les enfants ont la moitié des terres situées à Heuzecourt, à l'encontre de Pierrin.

Les ormeaux abattus ou à abattre restent à Pierrin qui leur paiera 7 livres.

Les frais de procès, "modérés" à 69 livres, seront remboursés par Pierrin à Saint-Pol.

On en déduit que la première épouse de Saint-Pol était la soeur de Michel Pierrin.

Dans une Société de relative pénurie, chaque bien, fut-ce le plus modeste, compte et cela oblige, en famille, à des cohabitations qui ne doivent pas toujours être harmonieuses. 

Le 2 mars 1697, Saint-Pol reconnaît avoir reçu de Pierrin les deux sommes de 69 livres et 7 livres.

 

Pour écrire cet article, j'ai consulté la série 4E des archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville.

Régis Renoncourt.

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